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Fdlm 422 – Expression : « Être copain comme cochon » (4’43 »)

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Expression : « Être copain comme cochon » avec Jean Pruvost et des élèves de CE2 (RFI – La puce à l’oreille du 21 janvier 2019 – Lucie Bouteloup)

 

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[Musique]

La puce à l’oreille

 

Lucie :

Bonjour Pascal !

 

Pascal :

Bonjour Lucie

 

Lucie :

Alors aujourd’hui La puce vient en toute amitié vous parler de l’expression « être copain comme cochon ». Mais pourquoi donc les cochons ont-ils cette réputation d’être de si bons amis ? Et bien c’est ce que va nous expliquer Jean Pruvost, un ami de longue date de La puce. Mais avant, j’ai tendu mon micro à la classe de CE2 de Muriel Hémy, à l’école Forest à Paris dans le XVIIIe arrondissement. On les écoute tout de suite.

 

[Musique]

Diverses voix d’enfants :

– Être en très bons copains parce que tous les cochons sont roses, alors ils se ressemblent. Et y’a une autre expression qui veut dire « qui se ressemble s’assemble », alors à mon avis ça devrait aller avec ça.

– Même si t’es un cochon tu peux quand même être copain avec lui.

– T’es pas du tout copain avec lui parce que un cochon des fois ça peut être méchant.

– Peut-être les cochons ce sont des super amis parce que ils sont de la même race.

– Un cochon, on le comprend pas, mais même si on le comprend pas, on peut être copain avec lui. C’est à dire qu’on le comprend sans le langage.

– Y’a des cochons, ils sont pas tous de la même couleur, et ils peuvent se bagarrer. Mais y’en a ils sont de la même couleur et il peut être ami.

– Les cochons, ils sont toujours en groupe, c’est comme si c’était des amis inséparables.

– Comme un cochon c’est très gros, ça veut dire qu’on est très très très très amis…

 

[Musique]

La puce à l’oreille

Lucie :

Alors Jean, qu’est-ce que vous pensez des propositions ? Pas mal, hein, y’a de l’idée

Jean :

Ah ben moi je suis très impressionné, parce que effectivement c’était vraiment trouver de manière fine, parce que évoquer le groupe, évoquer la couleur, le gros copain aussi parce qu’il est gros le cochon. Non, non, c’était merveilleux. Ça ne vient pas de cochon en fait « être copain comme cochon »

Lucie :

On va voir ça, oui, on va voir ça plus tard. D’abord peut-être que on revient au mot « copain », tout simplement. D’où il vient ce mot ?

Jean :

Alors, « copain », c’est celui qui on partage le pain. C’était dans les armées romaines, il y avait le cumpanus, effectivement c’est celui avec qui on casse la croûte en quelque sorte, c’est très sympathique. Ça a donné « compagnon » aussi, c’était le même mot. Donc « copain comme cochon » ça passe très bien comme formule. En plus il y a le fait que « COpain », « COchon ». Mais ils ne partagent pas le « chon », le « chon » n’existait pas.

Lucie :

Alors pourquoi donc est-ce qu’on est copain comme un cochon ?

Jean :

Alors, en vérité, autrefois, c’était le « soçon », on voit bien que c’est difficile à prononcer quand même. Ça s’écrivait « S O C cédille O N ».

Lucie :

Qui a donné « chochon ».

Jean :

Voilà, qui a donné « chochon » et puis « cochon ». Et ça venait du latin « socius » ou « sossius », qui était à l’origine donc eh bien celui qui était sociable, qui était avec vous. D’où l’expression d’ailleurs « Mon cochon ! », « Ah mon cochon ! », on le dit parfois. Ça veut dire mon ami, toi qui es comme moi, camarade, associé. D’ailleurs dans « associé » on a encore « soce » au milieu.

Lucie :

Associé donc de travail.

Jean :

Oui, alors il y a une autre interprétation qui est aussi que, dans le nord de la France, le « cosson » a désigné les marchands et courtiers, et ça du XIIIe au XVIIIe siècle. Alors là aussi « être copain comme cosson », c’est à dire ensemble courtiers et marchands, ça fonctionnait bien. Moi je crois que c’est, finalement, l’alliance de tout ça qui a donné le mot « cochon », mais « cochon » après on a complètement oublié, on a retenu que l’animal. Le cochon était tellement présent dans le quotidien que, forcément, il devait apparaître dans des expressions.

Lucie :

Donc, être copains comme cochons ça veut dire être amis inséparables. Et au contraire, on dit « On a pas gardé les cochons ensemble ».

Jean :

Oui, c’est ça.

Lucie :

Qu’est-ce qu’on peut trouver comme synonyme à cette expression ?

Jean :

« S’entendre comme larrons en foire », par exemple.

Lucie :

« S’entendre comme larrons en foire », « être cul et chemise ».

Jean :

Oui, « être cul et chemise », voilà.

Lucie :

Ou « Être comme les deux doigts de la main ».

Jean :

Oui, ça c’est plus joli. Oui oui, c’est quand même plus sympathique.

Lucie :

Alors, est-ce que vous savez que au Maroc on dit « Être l’âme dans l’âme », ça c’est très beau.

Jean :

Ah c’est encore plus beau, évidemment. On peut pas dire « cochon » dans un pays où l’Islam évidemment repousse cet animal.

Lucie :

Et en Tunisie, on dit « Deux têtes dans un chapeau ».

Jean :

Ah ça c’est très bien

Lucie :

Eh bien écoutez merci beaucoup Jean Pruvost pour vos éclairages. Et comme vous êtes un bon copain de La puce, j’aurai le plaisir de vous accueillir la semaine prochaine encore pour une nouvelle expression. D’ici-là je ne peux qu’encourager tous les auditeurs à courir se procurer votre dernier ouvrage Les secrets des mots, paru aux éditions Vuibert. Et pour ceux qui veulent réécouter cette Puce ou toutes les précédentes, courrez sur le site de RFI Savoirs, Savoirs avec un « S », merci Jean et à la semaine prochaine.

Jean :

Merci beaucoup Lucie.

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