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Fdlm 422 – Culture : Cinéma : « Edmond », ou l’épopée de « Cyrano de Bergerac » (2’23 »)

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 Culture : Cinéma: « Edmond », ou l’épopée de « Cyrano de Bergerac » (RFI – Reportage Culture du 6 septembre 2019 – Sébastien Jédor)

 

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Pour aller plus loin, faites l’exercice sur RFI Savoirs :

https://savoirs.rfi.fr/fr/apprendre-enseigner/culture/edmond/1

 

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[Voix d’acteurs : « Alors, votre pièce ? Comédie ? Tragédie ? Vous avez deux minutes. » ; « Tragédie ! »]

 

Sébastien Jédor : En 1897, il aurait fallu un sacré flair pour miser sur le succès de Cyrano de Bergerac et sur le long nez de son acteur principal. « C’est un pic, c’est un cap, que dis-je ? C’est une péninsule ! » La pièce, en vers, est montée à la hâte par un jeune auteur, Edmond Rostand – déjà en perte de vitesse – et elle est créée pour un comédien criblé de dettes, Coquelin. Cette histoire hante Alexis Michalik depuis des années. Le réalisateur l’a déjà racontée au théâtre dans une pièce couronnée par 5 Molières1. Alexis Michalik.

 

Alexis Michalik : Edmond Rostand à ce moment-là, il n’a fait que des bides dans sa carrière. C’est un jeune auteur mais en manque de succès. Et à ce moment-là, et bien, il va rencontrer Coquelin, le grand Coquelin, un acteur qui serait une sorte de Gérard Depardieu de l’époque. Et il va proposer à Coquelin un personnage dont il n’a que l’idée, qui est Cyrano de Bergerac. Sauf qu’il n’a pas l’histoire et donc il va falloir la trouver parce que, dans trois semaines, ils vont censés monter la pièce.

 

[Voix d’acteurs : « On ne peut pas monter Cyrano en 3 semaines ! » ; « Molière a monté Tartuffe en 8 jours ! » ; « La pièce n’est pas écrite ! »]

 

Sébastien Jédor : Pour incarner Edmond Rostand, Alexis Michalik a choisi un comédien à peu près du même âge que l’auteur à l’époque. Thomas Solivérès a 28 ans ; il revient sur la création de Cyrano et la version qu’en donne le film Edmond.

 

Thomas Solivérès : C’était quand même une époque particulière ! Mais ce qui est vrai – il y a des choses qui sont vraies… C’est vrai que les producteurs n’ont pas donné d’argent. C’est Edmond Rostand qui a beaucoup… qui a payé des décors, qui a payé des… Justement, il y a une scène dans le film où il dit « Il n’y a pas de charcuterie, tout ça. » ; il dit : « He bien, je vais aller en acheter ! ». Tout ça, c’est vrai ! Il y a des choses qui sont très vraies.

 

[Voix d’acteurs : « Ah, messieurs, je vous dois de l’argent. Je vous propose un succès ! » ; « Un succès ? »]

 

Sébastien Jédor : Entre comédie romantique et drame historique, Edmond est un film qui n’aurait pas existé si la pièce du même nom d’Alexis Michalik n’avait pas été un succès triomphal. Pour Olivier Gourmet qui joue l’acteur Coquelin, cela en dit long sur la frilosité du financement du cinéma français.

 

Olivier Gourmet : Aujourd’hui, c’est la télévision qui est partie prenante beaucoup sur les financements de films donc, du coup, on doit suivre leur volonté. On oublie les gens, certaines personnes, que ce soit les jeunes réalisateurs ou d’autres confirmés qui ont des sujets forts avec une forme, avec un vrai sens du cinéma et qui ont beaucoup de mal à financer leur film aujourd’hui parce qu’on veut des films pour 20 heures, légers, qui font rire et pendant lesquels on peut passer des écrans publicitaires.

 

[Voix d’acteurs : « Alors, tu penses comme moi. Cette pièce… » ; « …dans 100 ans, elle se jouera encore » ; « Tu crois vraiment ? »]

 

Sébastien Jédor : Edmond, une réflexion sur les affres de la création, 121 ans après la première de Cyrano.

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