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Fdlm 410 – Patrimoine : l’île de Gorée, lieu de mémoire de la traite des esclaves (3’21’’)

Posté le par Pierre Alain Le Cheviller

L’île de Gorée est à la fois une île de l’Atlantique située dans la baie de Dakar au Sénégal et un lieu symbolique de la mémoire de la traite des Noirs en Afrique. C’est à ce titre que cette minuscule île, accessible après vingt minutes en bateau, a été reconnue officiellement par l’ONU en 1978 et est l’un des tout premiers lieux à avoir été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Benjamin de Haut a pris le bateau avec un guide pour découvrir ce lieu chargé de mémoire.

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TRANSCRIPTION

Benjamin de Haut – Pour se rendre sur l’île de Gorée il faut prendre le bateau pendant une vingtaine de minutes / l’île est avant tout un lieu de mémoire / un lieu chargé d’histoire tragique / le navigateur portugais Dinis Dias est le premier à la découvrir / la traite des esclaves perdure pendant près de trois siècles / Gorée est un lieu-clé dans cette traite négrière / Victor est notre guide / et à peine le pied posé sur l’île il nous explique que cet endroit n’est vraiment pas comme les autres – V. – Elle est toute petite par sa dimension mais très grande par son histoire / l’île de Gorée ne fait que 300 mètres de large sur 900 mètres de long / actuellement / vous voyez / on n’est que 1 500 habitants qui vivent en permanence / déjà 1 000 musulmans et 500 chrétiens / déjà depuis 1978 île de Gorée fait partie du Patrimoine mondial – B. de H. – Une île qui à l’époque était le centre de tout – V. – Géographiquement parlant île de Gorée à l’époque / c’était le centre de transit de toute l’Afrique de l’Ouest – B. de H. – Les premiers occupants sont des pêcheurs / l’île va ensuite connaître un développement économique très rapide grâce au commerce notamment – B. de H. – Personne ne peut quitter l’île sans être passé par la Maison des Esclaves / environ 500 esclaves étaient déportés chaque année entre le XVIIIe et le XIXe siècle / et même si le rôle réel de cette petite maison rose a été remis en cause par certains historiens / elle reste un lieu de passage incontournable / même pour les grandes visites officielles / Bill Clinton ou Yasser Arafat l’ont visitée / le pape Jean-Paul II aussi / et ce jour-là Victor / notre guide / était présent – V. – Quand on a eu même le privilège de recevoir ici en visite officielle le pape Jean-Paul II / il était là le 22 février 1992 / c’est dans la Maison des Esclaves de Gorée que le pape avait déjà demandé le pardon du Ciel / le pourquoi / mes frères / il faut qu’on sache qu’à l’époque beaucoup de nos missionnaires catholiques étaient impliqués dans la traite négrière / on a accepté de dire oui pour le pardon au pape mais non pour l’oubli aussi / parce que 400 ans déjà de souffrances et d’humiliations / c’est un peu trop aussi – B. de H. – Et c’est lorsqu’on pénètre dans cette Maison des Esclaves aux murs roses que l’on découvre des petites cellules qui donnent sur la mer – V. – Il y avait cinq cellules comme ça / déjà ce sont des cellules de deux mètres soixante sur deux mètres soixante / c’était pour quinze à vingt personnes / assis toutes le long du mur le dos contre / des chaînes au cou / aux bras et aux chevilles / et on les libérait des chaînes une fois seulement par journée pour satisfaire leurs besoins / ici les enfants innocents / torse nu / serrés comme une boîte à sardines jusqu’au fond / et ces enfants-là ne voyaient jamais leur maman / c’est pour cela le taux de mortalité dans cette petite pièce était très très élevé / 25 à 30 % – B. de H. – Partout à Gorée des monuments sont érigés pour se souvenir de la traite des esclaves – V. – Voilà / là on est devant le Mémorial de Gorée / le monument de l’Unesco / ça a été financé par Bill Clinton / les gens / ils disent que toutes fois qu’on voit bien ce monument / il a des formes d’un bateau voilier parce que ces esclaves / ils partaient avec des bateaux voiliers – B. de H. – Désormais Gorée est célèbre pour son brassage ethnique et culturel / pour sa tolérance religieuse aussi / les habitants / eux / vivent aujourd’hui essentiellement des revenus du tourisme.

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