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FDLM442 – Remédiation

Posté le par le français dans le monde

Remédiation

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« Les mots de l’actualité » du 01/07/2022

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Les mots de l’actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l’actualité.

Parmi les mots mis en avant par le site France Terme, qui travaille avec la Délégation à la langue française, on relève le mot remédiation et ce même site précise qu’il ne faut pas confondre le terme remédiation avec le mot rattrapage.
Voilà deux termes qui font partie tous les deux du vocabulaire de l’éducation, avec des sens un petit peu différents parce que le rattrapage consiste à remettre à niveau des connaissances. Un élève, des lacunes ? Bon, il y a des choses qu’il ne sait pas. Il faut combler ses manques, s’assurer qu’il intègre ce qu’il ne connaît pas, grâce à quoi il pourra continuer à apprendre. Ça, c’est donc le rattrapage qui concerne le contenu. Alors que la remédiation s’attaque aux difficultés d’apprentissage. On essaie de comprendre pourquoi un élève n’arrive pas à réaliser tel exercice, à faire cela, etc. Est-ce que c’est un manque d’attention, un manque de motivation, un déficit de compréhension abstraite ? On joue sur les capacités ou les conditions d’apprentissage. Alors le mot intéresse le site France Terme, parce qu’il est calqué sur l’anglais “remédiation” et que pendant un temps, il a pu apparaître comme un anglicisme. Mais enfin, il est tout à fait intégré au vocabulaire français. Il ne sonne pas en anglais, il n’a pas l’air anglais et se construit à partir de termes extrêmement français. Donc son emploi ne pose aucun problème. En effet, remédiation est née à partir du verbe remédier signifie simplement arranger une situation imparfaite, qui n’est pas conforme à ce qu’on souhaiterait. Alors on pallie un inconvénient.
Attention, les deux verbes ne se construisent pas de la même manière. On va remédier à un problème, on va palier une difficulté. Palier à une construction directe, pas de préposition. Et en gros, il s’agit de neutraliser une mauvaise situation en la transformant en une bonne, on porte remède. Et un remède, qu’est-ce que c’est ? C’est ce qui permet de guérir. De guérir à peu près n’importe quoi, c’est à dire ça peut être un médicament, ça peut être une substance quelconque, ou ça peut être un traitement, c’est à dire un ensemble de moyens mis en place en vue d’une guérison.
À l’origine, le mot est de la même famille que médecin : médecin, remédier. Mais enfin, cette parenté, elle est vieille, elle ne se sent plus spontanément. Mais enfin, le mot est souvent utilisé de façon figurée, abstraite. On parle d’un remède à l’ennui, quelque chose qui vous distrait, qui vous amusé ou bien un remède à l’amour. Une expression un peu sexiste et employée surtout à propos d’une femme plus que d’un homme. Une femme qu’on trouve laide et qui donc n’excite pas le désir amoureux, comme si toute femme devait répondre à une certaine exigence de beauté codifiée en général de façon masculine.
Et puis, bien sûr, on a un vieux proverbe : aux grands mots, les grands remèdes. On voit bien qu’il est archaïque dans sa construction. On le prononce quand on décide d’employer de grands moyens pour résoudre une question. Et prononcer cette phrase : aux grands mots, les grands remèdes, cela correspond à certains désirs de justification. On en rajoute sur l’importance de l’obstacle pour légitimer l’importance des moyens déployés.

Avertissement ! Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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