FDLM numéro 450

Fdlm#450 – Mot de l’actualité : Oxymore

Posté le par le français dans le monde

Mot de l’actualité : Meta

« Les mots de l’actualité » du 13/07/2023 – Yvan Amar

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Le mot de l’actualité avec la Délégation à langue française du ministère de la Culture
Le mot de l’actualité avec la délégation à la langue française du ministère de la Culture. Yvan Amar. Milan Kundera est salué un peu partout comme l’un des grands romanciers du XXe siècle et même du 21e, avec cette oeuvre importante, des romans nombreux et, par conséquent, des titres nombreux aussi. Des titres différents, bien sûr, mais souvent avec un point commun. Alors, Kundera serait-il l’écrivain de l’oxymore ? La formule est un peu prétentieuse, certainement, de toute façon un peu hâtive. Et néanmoins, il faut bien reconnaître que plusieurs de ses ouvrages portent cette marque. Un oxymore, on sait ce que c’est, c’est une figure de style, une manière de s’exprimer particulière. C’est un peu cuistre de parler d’oxymore, alors qu’on pourrait aussi bien parler d’alliance de mots, ça veut dire à peu près la même chose. Il s’agit de lier, d’associer deux mots de sens contraires, opposés, ou en tout cas très différents, pour faire un effet, pour susciter l’attention, pour étonner. Donc, la phrase devient paradoxale. Eh bien ! Reprenons quelques titres de Kundera. « L’insoutenable légèreté de l’être », c’est peut-être le plus célèbre de ses romans. La formule tout de suite nous arrête : si c’est léger, ça devrait se soutenir facilement, donc ne pas être insoutenable. Et « La fête de l’insignifiance », c’est différent. Est-ce que c’est vraiment un oxymore ? On n’en est pas loin parce que l’insignifiance, c’est ce qui ne se fait pas remarquer, ce qui ne mérite pas d’être relevé. Alors si on en fait une fête, si on la célèbre, cela provoque notre surprise. C’est peut-être moins flagrant pour « Risibles amours », mais malgré tout, on y réfléchit. Est-ce qu’il faut rapprocher tout cela de sa date de naissance, un 1?? avril ? Lui-même évoquait justement ce moment symbolique comme un hasard important dans son oeuvre. Mais, on peut se souvenir que le premier grand roman qui a assuré sa popularité en dehors de la Tchécoslovaquie s’appelait « La Plaisanterie ». Une plaisanterie innocente, une blague pour rire d’un étudiant, mais qui est prise au pied de la lettre par les autorités néo-staliniennes de l’époque. Et voilà la carrière de l’étudiant brisée. Donc, de façon sousentendue, on a presque un oxymore avec cette plaisanterie qui n’en est pas une en fait. Alors, on peut se demander comment ce terme oxymore est composé. C’est lui-même un oxymore. Ça vient du grec et ça veut dire plus ou moins intelligent et idiot, malin et niais. C’est un peu ce qui est suggéré par les mots grecs oxu et moros qui ont servi à le composer. Et il y en a de très connus des oxymores : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles », nous dit Corneille, c’est dans Le « Cid », et Rodrigue nous parle de cette nuit, quand il raconte son combat victorieux. Et une obscure clarté, voilà, c’est presque le paroxysme de ce que peut être un oxymore. Et en tout cas, on est dans le domaine du clair-obscur. Alors, on peut se demander comment ce terme oxymore est composé. C’est lui-même un oxymore. Ça vient du grec et ça veut dire plus ou moins intelligent et idiot, malin et niais. C’est un peu ce qui est suggéré par les mots grecs oxu et moros qui ont servi à le composer. Et il y en a de très connus des oxymores : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles », nous dit Corneille, c’est dans Le « Cid », et Rodrigue nous parle de cette nuit, quand il raconte son combat victorieux. Et une obscure clarté, voilà, c’est presque le paroxysme de ce que peut être un oxymore. Et en tout cas, on est dans le domaine du clair-obscur.

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