FDLM443 – Expression : Inclusif

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Expression : Inclusif

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« Les mots de l’actualité » du 07/09/2022 – Yvan Amar

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Le mot de l’actualité avec la Délégation à langue française du ministère de la Culture

La rentrée scolaire en France a été épiée par tous les observateurs politiques. Et en effet elle n’est pas facile, d’abord pour un nouveau ministre qui affronte pour la première fois cette échéance, qui est rendue plus difficile par une pénurie d’enseignants, c’est à dire un manque d’enseignants, et par ailleurs avec des formations éclairs pour certains de ces nouveaux enseignants.
Mais on prône souvent l’inclusion scolaire. Voilà une expression qu’on entend. Alors qu’est-ce que ça veut dire? Le mot inclusion, il est à la mode, on le verra dans un instant. Mais dans ce cas-là, dans l’inclusion scolaire, il s‘agit essentiellement de mélanger tous les élèves dans les mêmes classes. Pas de classes d’adaptation donc, pas de classes réservées aux élèves en difficulté, en difficulté scolaire ou psychologique, ou bien ceux qui sont fraîchement arrivés dans le pays et n’en parle pas encore la langue. Non, tout le monde est ensemble. Ce qui ne peut marcher bien sûr que dans des unités à faible effectif, pour que le professeur puisse essayer, disons une pédagogie différenciée, et faire fonctionner la classe à différentes vitesses. Les plus forts, les moyens, ceux qui sont moins forts etc. Mais on comprend bien la formule : inclusion scolaire veut dire qu’on n’exclut personne.
Et cette expression bien sûr a été inventée par ceux qui sont en faveur de cette méthode. Ceux qui prônent les classes de niveaux en fonction des profils différents des élèves ne vont sûrement pas parler d’exclusion, qui est le contraire d’inclusion mais qui est souvent un mot péjoratif.
Alors, on l’a compris inclure et exclure sont des verbes, inclusif et exclusif, ce sont des adjectifs, inclusion et exclusion, ce sont des noms communs, sont des termes symétriques dont le sens est inverse. Inclusif ce n’est pas un adjectif très courant. Il s’emploie plutôt au départ dans le langage de la logique formelle, dans le langage des mathématiciens. Toutefois le mot commence à être en vogue dans ce sens particulier : qui n’exclut pas, qui n’exclut personne. On parle d’un marché du travail inclusif quand par exemple il s’ouvre à tous ceux qui sont susceptibles de travailler, quand il concerne aussi bien les étrangers qui vivent dans un pays qui n’est pas le leur, ou les handicapés qui bien souvent sont discriminés. Donc on est inclusif quand on se positionne, qu’on s’affirme opposé à l’exclusion.
Et on parle de dialogue inclusif dans des circonstances de crise politique: quand on arrive à réunir autour de la même table des adversaires qui ordinairement se haïssent, et bien sûr ne se parlent pas.
Quant à ce qu’on appelle l’écriture inclusive, c’est autre chose. C’est une graphie particulière qui refuse l’usage du masculin comme neutre, qui regrouperait les deux genres. Ainsi parle-t-on des ami.e.s. Mais un nouveau problème survient à propos par exemple des organisat.rice.eurs. Le mot tel qu’il est écrit est imprononçable. Donc cette écriture dite inclusive, elle est réservée à une certaine graphie, mais elle ne peut pas s’oraliser. Donc ça pose évidemment un problème.

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