« Créer des ponts artistiques entre l’Europe et l’Afrique »

Posté le par le français dans le monde

À chaque numéro, le témoignage d’une personnalité marquante de l’émission de TV5Monde présentée par Ivan Kabacoff. Aujourd’hui, Assitan Tangara, directrice artistique du centre théâtral Anw Jigi Art au Mali. Une rubrique « Étonnants francophones » à retrouver dans le numéro 430 (septembre-octobre 2020) du Français dans le monde.

Bandeau DF


Assitan, dans son centre Anw Jigi Art, à Bamako, lors d’une représentation.

« Comédienne, conteuse et metteuse en scène malienne, j’ai joué dans des dizaines de pièces de théâtre dans plusieurs festivals et rencontres dans des pays comme le Mali, la France, la Belgique, la Côte d’ivoire, le Niger, le Burkina, le Cameroun, le Congo… Je me suis formée dans mon pays, j’ai un master en théâtre obtenu en 2013 au conservatoire des Arts et métiers multimédias Balla Fasséké Kouyaté. Après le conservatoire, j’ai suivi plusieurs autres formations en pratique théâtrale hors du Mali auprès des personnes très renommées dans le domaine des arts de la scène. Je suis également entrepreneuse culturelle Maaya, un concept humaniste de jeunes entrepreneurs maliens.

En 2014, à mon retour du Labo Élan des Récréâtrales au Burkina Faso, la tête remplie d’idées, j’ai créé « Anw Jigi Art » (Association pour la recherche théâtrale) avec quelques amis du conservatoire. Dès lors, les activités se suivent avec la création de plusieurs spectacles de contes et de théâtre, des ateliers de formations et autres projets culturels à vocation sociale. L’objectif premier : valoriser le métier d’artiste et créer des emplois pour des jeunes diplômés qui se retrouvaient au chômage et passaient les journées assis aux coins des rues à boire du thé.

« L’objectif premier d’Anw Jigi Art : valoriser le métier d’artiste et créer des emplois pour des jeunes diplômés qui se retrouvaient au chômage »

Si la langue officielle au Mali est le français, la langue la plus parlée est le bambara. La cohabitation entre ces deux langues est très intéressante. La diffusion d’un spectacle de théâtre en bambara ou en français dépend du public cible. C’est pourquoi nous avons presque tous nos spectacles en deux versions. Parfois, on mélange les deux langues dans le même spectacle. Le français est la langue dispensée à l’école, son apprentissage est obligatoire pour tous. Mais malheureusement, le taux de personnes ayant eu la chance d’aller à l’école reste faible. Notre objectif, à Anw Jigi Art, est de parler à tous et de faire tomber cette barrière linguistique.

J’avais d’abord entamé des études scientifiques et je m’intéressais moins au français, que je considérais comme matière purement littéraire. Mais en venant au théâtre, j’ai compris toute son importance. Raison pour laquelle j’encourage vivement mes jeunes frères et sœurs à l’apprendre avec sérieux. Et c’est toujours dans ce cadre que j’ai initié le projet « Appui au français au Mali, Bamako fait danser les mots » pour faire découvrir aux jeunes à partir de la lecture, la souplesse et la richesse de la langue française.

« Nous avons presque tous nos spectacles en deux versions, en bambara et en français. La cohabitation entre ces deux langues est très intéressante. Parfois, on mélange les deux langues dans le même spectacle« 

Lors du tournage de Destination Mali.

Cette année, je viens d’être retenue pour une résidence en France dans le cadre du dispositif « Visa pour la création 2020 » de l’Institut français, avec la pièce Ella de Jeanne Diama dont je m’apprête à faire la mise en scène. Je suis toujours dans une démarche de découverte du quotidien de l’autre. Travailler sur la réalité, la langue, l’esprit ou la mentalité des autres, confronter les différents univers, créer des ponts artistiques Europe-Afrique (France-Mali). »

 

Retrouvez ASSITAN sur Destination Francophonie

Site Facebook d’Anw Jigi Art

Pas de commentaire

Laisser un commentaire