« Parler français procure une émotion indélébile »

Posté le par Le français dans le monde
À chaque numéro, le témoignage d’une personnalité engagée pour la langue française.
Avec Destination Francophonie, de la chaîne TV5MONDE

Aujourd’hui, rencontre avec Ilir Culaj, archéologue et enseignant à l’Université de Pristina, au Kosovo. Sur les chantiers de fouilles ou dans les salles de classes, la langue française nourrit son travail au quotidien.

Je m’appelle Ilir Culaj, je suis archéologue et je suis né en mai 1995 au Kosovo. J’ai grandi à Pristina, où je vis encore aujourd’hui. Mon parcours est profondément lié à la langue française, même si rien ne laissait présager qu’elle occuperait une telle place dans ma vie. Durant mon enfance, je me souviens des films français que nous regardions parfois et de certaines chansons françaises diffusées partout. D’autres souvenirs un peu flous montent à la guerre du Kosovo, lorsque je voyais les troupes françaises, américaines, allemandes ou italiennes de la KFOR (ndlr : la Force pour le Kosovo mise en place par l’OTAN) parler ces langues inconnues. Je n’avais alors pas réellement conscience de la beauté du français, mais j’ai éprouvé par la suite une grande reconnaissance envers ces soldats qui avaient contribué à notre liberté.

Si je comprenais et parlais un peu français, mon lien avec la langue s’est renforcé durant mes études. Après un bachelor en histoire à l’Université de Pristina, j’ai eu l’opportunité de partir en France grâce à une bourse du gouvernement français. Cela a été un tournant décisif. Le français m’a permis de développer mon esprit critique et de poursuivre mes études dans des conditions idéales, en accédant à une littérature appropriée. Dans la belle ville de Lyon, où j’ai effectué mon master en Histoire de l’Antiquité, j’ai non seulement approfondi mes connaissances, mais aussi appris à vivre et à penser en français.  Et c’est ensuite à Paris, au sein de l’Université Paris Sciences et Lettres, que j’ai poursuivi mes recherches doctorales, achevées il y a deux ans. Aujourd’hui, je suis enseignant à l’Université de Pristina et je mesure chaque jour combien cette langue continue de nourrir mon travail.

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