Vie de profs - Hongrie

Le choix du FOS médical, à la croisée des passions de Dániel Mány

Posté le par Le français dans le monde
FDLM 462 - Vie de profs - un article écrit par Sarah Nuyten

Traduction, recherche, enseignement, le tout dans le milieu très particulier de la santé : à 34 ans, Dániel Mány a déjà un parcours professionnel dense. Entre Budapest et Paris, il a su écrire une histoire sur mesure, où le FOS médical s’est imposé comme une évidence.

Plus jeune, quand je rêvais à mon futur métier, deux options se dessinaient : la médecine ou l’enseignement du français. La communication et le contact humain ont toujours occupé une place particulière dans ma vie, même lorsque j’étais petit. Mais finalement, j’ai trouvé plus de plaisir dans les langues que dans la biologie et la chimie ! En Hongrie, on apprend une deuxième langue étrangère vers 14 ans : l’anglais est généralement la première langue, puis les élèves choisissent souvent le français ou l’allemand.

En Hongrie, le français a une image très romantique et élégante, associée aux Misérables, à la gastronomie, au vin et au fromage. Pour ma part, j’ai tout de suite été séduit par la beauté de cette langue, sa mélodie, la manière de prononcer les « r »… Pour approfondir ma connaissance du français, j’ai suivi une licence de langue et littérature françaises à Budapest. J’ai alors eu la chance de réaliser un rêve : partir en Erasmus à Paris. J’adore cette ville que je considère comme une deuxième maison. Là-bas, j’ai compris que je n’aimais pas seulement la langue française, mais aussi la France elle-même, sa culture, les Français… C’est aussi durant ma licence que je me suis découvert un intérêt inattendu pour la linguistique.

Traduction et tourisme médical

À la fin de mes études, je ne me voyais pas enseigner au lycée, cela ne m’attirait pas. J’ai fait un master en traduction et interprétariat, mais la seule traduction de textes me paraissait monotone, je me suis donc spécialisé en interprétariat. Avant la pandémie, Budapest accueillait beaucoup de touristes francophones venus chercher des soins médicaux plus accessibles, des Français, des Suisses, des Belges, des Antillais ou encore des Canadiens. J’ai commencé à travailler comme interprète médical free-lance dans des hôpitaux et des cliniques hongroises. Très vite, j’ai eu envie de me spécialiser dans le domaine médical, qui me permettait d’allier mon amour pour la langue à mon intérêt pour la médecine.

Cette spécialisation m’a conduit à rédiger un mémoire sur les « faux-amis médicaux » (voir encadré). En me plongeant dans mes recherches, je me suis surpris à aimer ce travail intellectuel long, exigeant et minutieux. J’ai donc postulé pour un poste au sein d’une étude doctorale en 2014 et j’ai concentré ma thèse sur les euphémismes dans la traduction médicale. Durant ces années, j’ai eu la chance d’obtenir des postes à Genève, puis en Belgique, avant de retourner à Paris. J’enseignais alors la traduction français/hongrois à des étudiants et j’y ai pris un plaisir que je n’attendais pas : celui de transmettre.

J’ai soutenu ma thèse il y a cinq ans. Puis j’ai reçu une proposition de poste au sein du département des langues sur objectif de santé de l’université Semmelweis de Budapest, spécialisée dans les études médicales. Depuis, j’y donne des cours de FOS à une centaine d’étudiants de tous niveaux et de toutes nationalités. La plupart veulent obtenir des crédits, mais beaucoup nourrissent aussi des rêves personnels : travailler en France, rejoindre un pays francophone ou poursuivre une histoire d’amour avec un Français ou une Française.

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