Trois questions à… Viviane Youx de l’AFEF
« Retrouver des raisons d’espérer »

Trois questions à…
Créée en 1967, l’Association française pour l’enseignement du français coordonne le prochain Congrès mondial de la FIPF à Besançon. Entretien avec sa présidente, Viviane Youx.
Comment l’AFEF est-elle devenue coordinatrice du XVIe Congrès à Besançon et en quoi consiste ce rôle, concrètement ?
L’AFEF, Association française pour l’enseignement du français (à l’origine de la fondation de la FIPF en 1969), se réjouit de faire un pont entre le dernier congrès mondial de la FIPF qu’elle a organisé en France, Paris 2000, et Besançon 2025, qu’elle organise donc 25 ans plus tard, 9 ans après le dernier congrès en présentiel ! La proposition déposée par l’AFEF au CA de la FIPF a bénéficié d’un partenariat solide avec le CLA de l’Université de Franche-Comté (désormais Université Marie et Louis Pasteur), et d’un soutien considérable des collectivités locales, ville, agglomération, université, département. À partir de 2021, une équipe mixte s’est constituée, responsables AFEF, délégués locaux du CLA, représentants des collectivités, se répartissant en comités scientifique, logistique, communication, culture, finances… Sous l’égide de la FIPF, le rôle de l’AFEF est central avec ses appuis locaux pour l’opérationnalité de l’organisation. Au bout de quatre ans de travail, nous en sommes à la phase exécutive pour un très beau congrès au cœur de la ville de Besançon.
À travers le thème choisi pour ce Congrès, l’utopie, quelles sont les grands axes que vous avez voulu aborder ?
Nous avons choisi le thème des utopies, car Besançon est la ville des utopistes des XVIIIe-XIXe siècles, architectes, philosophes, écrivains, mais aussi pour tenter de réenchanter un monde tendu, où l’individualisme et le conservatisme ont pris le pas sur les avancées sociales. Retrouver des raisons d’espérer, de croire en un monde meilleur, c’est ce que nous avons voulu essayer, avec quatre axes qui nous permettent d’interroger les utopies francophones en tous genres à travers les diversités langagières et linguistiques, les pratiques d’écriture, les littératures, et le français langue économique, de travail et de communication. La francophonie est-elle une utopie ? Quelles sont les utopies que nous pouvons dessiner aujourd’hui ? L’égalité filles-garçons, femmes-hommes, de genres, est-elle un horizon réalisable ?
Quelles sont les retombées attendues par votre association d’un tel évènement ? Et les objectifs à venir ?
Notre association, en s’engageant dans une aventure aussi impliquante, continue à tisser un lien, fondement de notre association, entre les différents contextes d’enseignement du français, comme langue première, seconde, étrangère, dans les pays où le français est langue officielle ou non. Les didactiques diffèrent, mais elles portent en commun le respect des diversités langagières, des pratiques d’écriture, et des littératures francophones puissantes. Faire se rencontrer des collègues de tant de pays contribue indéniablement à cultiver nos valeurs d’égalité, d’équité et d’éthique. Notre objectif essentiel est que l’AFEF puisse continuer à faire vivre ce lien entre les associations pour une francophonie vibrante. Et notre rêve : que Besançon 2025 reste dans les mémoires comme un congrès scientifique et culturel épanouissant, convivial, joyeux.
Pour en savoir plus : www.afef.org

