Francophonies
du Sud

· FdS 14
· FdS 14
· FdS 13
· FdS 12
· FdS 11
· FdS 10
· FdS 9
· FdS 8
· FdS 7
· FdS 5
· FdS 4
· FdS 3
· FdS 2
· FdS 1


La revue
Je m'abonne
Actualités
Le FDLM et vous

CLE     FIPF
Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

Vous êtes dans la section : Accueil > Francophonies du Sud > >FdS 15

États des lieux
Le français dans les pays arabes



Situations contrastées, mais progrès dans l’ensemble. Si les principaux pays arabes connaissent presque tous une augmentation des locuteurs francophones, il n’en demeure pas moins que l’enseignement et la diffusion de la langue rencontrent, selon les pays, un certain nombre de diffi cultés. L’analyse de la situation dans cinq grands pays francophones du monde arabe.

Décembre 2007 - N°15



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Algérie
« Pénurie » d’enseignants de français


Selon des sources fi ables relayées par le quotidien national d’information El-Watan, près de 10 200 élèves issus d’établissements scolaires de 25 wilayas (sur un total de 48 régions) du pays ont été « dispensés » cette année de l’épreuve de français lors de l’examen de fi n de cycle primaire (ex 6e) dont la première session s’est déroulée le 27 mai 2007. Ces élèves ont été privés durant leur cursus de l’enseignement de cette langue et, afi n de ne pas les pénaliser, il a été décidé de les « exempter » de français. Ils ont donc composé uniquement avec deux matières : l’arabe et les mathématiques et ont vu le total de leurs notes divisé par 4. Par contre ceux qui ont eu la chance de concourir avec le français en plus ont vu leur cumul divisé par cinq pour avoir la moyenne générale. À signaler que l’épreuve de français a pour coeffi cient 1, seulement, et s’est déroulée après celle d’arabe et de mathématiques. Offi ciellement cela est expliqué par l’indisponibilité d’enseignants de langue française dans les zones et wilayas les plus reculées du pays (Sud et extrême Est particulièrement). En effet le problème de l’enseignement du français se pose avec acuité dans quatre wilayas du pays : Djelfa, Tamanrasset, Souk-Ahras et Tébessa. Au fi n fond de la wilaya de Djelfa et dans certaines villes du Sud, il n’y a aucun enseignant de langue française. En cause, les salaires. Ils sont très faibles pour accepter d’aller travailler loin d’Alger, la capitale. Conscient du problème, le ministère a mis en place une série de mesures. Ainsi, il sera octroyé un logement à tout enseignant du Nord intéressé par un travail dans le Sud. Il est également prévu l’ouverture de départements de langues étrangères dans toutes les universités du pays, offrant ainsi l’opportunité aux futurs bacheliers de s’inscrire dans leur région de résidence. Autre solution trouvée : le recrutement de retraités en tant que contractuels. Enfi n, dans le cadre de la réforme du système éducatif, il est prévu d’ici l’horizon 2015 la formation de 136 000 enseignants.

Ali Benmesbah, vice-président de l’Association nationale des enseignants de français (ANEF). Contact ANEF : faef2002@yahoo.fr ou kady_abb@yahoo.fr



Liban
La concurrence de l’anglais


Aujourd’hui au Liban, le français est fortement concurrencé par l’anglais. Il y a quelques décennies, le français était la première langue étrangère enseignée dans les établissements libres nationaux et étrangers. De nos jours, il partage avec l’anglais cette première place dans les établissements privés dont les élèves, au cycle universitaire, se spécialisent généralement en anglais, vu l’importance de cette langue dans les divers secteurs de l’activité économique et du travail. 20, 5 % de la population est trilingue et, en général, les familles libanaises préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles francophones où ils apprennent l’anglais comme deuxième langue – le français étant langue seconde – et arrivent de la sorte à maitriser l’anglais et le français à la fois… car si l’anglais a gagné du terrain, le français se maintient honorablement. Au Liban, donner un cours de français conduit à enseigner le savoir-vivre et le savoir-être, la politesse et les valeurs, le respect des droits et l’éducation à la citoyenneté. Pour que le français garde sa place, trois actions sont prioritaires : il faut inventer des méthodes innovantes, modernes, attractives pour maintenir l’intérêt de l’apprenant à l’égard d’une langue qu’il étudie depuis la maternelle ; recycler les professeurs du primaire et du secondaire et instaurer des centres de lecture et de documentation francophones à Beyrouth et dans les régions.

Ilham Slim-Hoteit, chef du Département de Langue et Littérature françaises, UL. Secrétaire générale de l’Association libanaise des enseignants de français (ALEF) et de la Commission du monde arabe de la FIFP. Sophie Salloum, présidente de l’ALEF. Contact ALEF : ssalloum@lynx.net.lb



Égypte
Le français a une bonne réputation


L’enseignement élémentaire et secondaire en français est très recherché pour l’ouverture et l’exigence intellectuelles qui lui sont associées ; il est perçu comme contribuant de manière très effi cace à la formation des futurs citoyens, à la fois conscients de leurs valeurs, mais aussi ouverts sur le monde, sa diversité et ses défi s. Le français est très minoritaire en tant que langue vivante 1 (essentiellement enseignée dans le réseau des écoles bilingues et des écoles d’investissement, soit un peu plus de 45 000 élèves). Il est surtout la deuxième langue vivante choisie par la très grande majorité des jeunes Égyptiens. Les diverses écoles intégrant des programmes en français constituent des laboratoires observés très attentivement par les autorités ministérielles égyptiennes dans une optique de réforme du système éducatif. Quelles perspectives donc ? Le renforcement de la présence du français passe par l’actualisation des instructions offi cielles dans l’enseignement, avec préconisation d’une approche centrée sur l’apprenant, qui acquiert de plus en plus d’autonomie. L’introduction de documents authentiques est indispensable, pour permettre aux apprenants de situer leur apprentissage en lien étroit avec la réalité tant de la civilisation étudiée que de leur propre environnement. Le culturel ne doit jamais être séparé du linguistique ; l’insertion du citoyen dans son contexte culturel, social et économique est primordiale. Les Tice sont également un vecteur à privilégier tant pour l’auto-apprentissage que pour le recours à des banques de données d’activités d’apprentissage ou pour la formation continue des enseignants. La qualité objective de l’apprentissage doit enfi n être mesurée et l’adéquation entre l’enseignement et les attentes des apprenants (et de l’institution) doit être la plus grande possible.

Jean-Pierre Vidal, attaché de Coopération éducative au CFCC du Caire et Sawsan Korra, Association égyptienne des enseignants de français (AEPF), conseillère du ministre égyptien de l’Éducation. Contact AEPF : aepf_egy@hotmail.com



Maroc
Le français en partenariat avec l’arabe


Il est vrai que nous entendons souvent dire que le français est en déclin dans le monde arabe. Cette affi rmation résulte de la comparaison de deux périodes tout à fait différentes. La première (1950-1980) correspond au début des indépendances, période où l’effet colonial était encore fort présent, notamment sur le plan linguistique. À partir des années 1980, commence un processus d’arabisation qui a touché l’école et les administrations. Il se passe alors un retour à la norme un demi-siècle après l’indépendance : la langue française reprend sa place de langue étrangère, même si elle garde une place de choix. Elle est nommée dans les textes offi ciels marocains « langue étrangère privilégiée ». Elle est donc présente dès les premières années de scolarisation des enfants qui ont souvent quelques notions de cette langue avant d’intégrer l’école. Certains milieux, notamment les milieux aisés, sont très francisés. C’est donc une langue enseignée obligatoirement à tous. Mais c’est aussi une langue d’enseignement puisque la plupart des matières scientifi ques sont enseignées en français, surtout dans le supérieur, en classes préparatoires et dans les grandes écoles… Voici quelques propositions pour relancer cette langue au Maroc : assurer la formation continue des enseignants ; mettre en place des activités parallèles où les élèves retrouveront un bain linguistique en dehors de la classe : concours, rencontres avec des écrivains, débats en français… ; veiller à ce qu’il y ait des passerelles entre les deux langues ; et enfi n, il est nécessaire de mettre l’accent sur la diversité de la langue française : ce n’est pas seulement la langue de la métropole, mais celle d’un espace beaucoup plus large.

Abdallah Baida, Association marocaine des enseignants de français (AMEF). Contact AMEF : amef@menara.ma



Tunisie
En croissance, malgré la qualité


Il n’y a jamais eu autant de jeunes Tunisiens apprenant le français en Tunisie ; sachant qu’il n’y en a jamais eu autant à être scolarisés : depuis 2002, la fréquentation d’une institution scolaire est obligatoire de 6 à 16 ans et l’étude du français est obligatoire de la 3e année de l’école primaire jusqu’au baccalauréat (au total, le jeune Tunisien qui poursuit ses études jusqu’au baccalauréat étudie le français durant près de 2000 heures étalées sur 11 années). En outre, le français est langue d’enseignement des disciplines scientifi ques et techniques au lycée et à l’université. Si l’on aborde la question sous un angle qualitatif, la réponse est plus nuancée. Le niveau des acquis des élèves n’est pas, en général, à la hauteur de l’investissement horaire et pédagogique consenti par l’État tunisien. En dehors de l’école, l’usage du français se maintient dans les secteurs éducatifs, de la recherche, des affaires, du tourisme et de manière partielle dans les secteurs de la culture et de l’information. Une bonne pratique du français reste un atout majeur pour l’accès à un emploi dans les secteurs cités. Quelles actions à mener donc pour relancer le français ? Pour réintroduire de la cohérence dans l’enseilangnement du français, il parait urgent d’articuler nos programmes d’enseignement au Cadre européen commun de référence à tous les niveaux de l’enseignement et de trouver le juste équilibre entre l’acquisition d’une compétence à communiquer en français et l’acquisition d’une culture littéraire. Sur cette base, il faudra repenser la formation initiale et la formation continue des enseignants de français en vue de l’habiliter à enseigner le français selon des approches adaptées aux nouvelles orientations.

Mustafa Ennaifar, président de l’Association tunisienne pour la pédagogie du français (ATPF). Contact ATPF : mustapha.enneifar@minedu.edunet.tn





Accueil   -   La revue   -   Services   -   Articles en ligne

Brèves
   -   Archives   -   Contact


© Le français dans le monde  2002
Tous droits réservés