Une cérémonie placée sous le haut patronage du Ministre de l’Éducation nationale, M. Xavier Darcos, en présence du Chancelier de l’Institut de France Gabriel De Broglie, et du Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Mme Hélène Carrère D’Encausse : tel aura été le quarantième anniversaire de la FIPF fêté le 25 juin à Paris, à l’Institut de France. Symboliquement, un quarantième anniversaire est un évènement à part, car il revêt une double signification.
Pour une action solidaire
Tout d’abord, selon plusieurs traditions dont celle judéo-chrétienne ou musulmane, le nombre quarante représente l’accession à la maturité, la fin de l’épreuve. Ensuite, pour rester plus proche du contexte associatif international, qui est celui du partage linguistique et du métissage culturel qui en découle, cet anniversaire rappelle les noces d’émeraude que les couples français célèbrent après quarante années de mariage.
L’idée de maturité résulte de l’édifiant parcours réalisé depuis la création de cette OING (Organisation internationale non gouvernementale) qu’est la FIPF.
Au mois de juillet 1969, vingt-cinq associations de professeurs de français se sont regroupées pour donner naissance à la Fédération. Ce congrès constitutif, organisé par les deux associations françaises avec l’appui des ministères des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, réunit 250 professeurs, dont les délégués de 26 associations nationales qui, en assemblée générale, votèrent les statuts de la nouvelle fédération, définirent son premier programme de travail, élurent son premier bureau, présidé par Louis Philippart. Des deux vice-présidents, le francophone, Jean Auba, apportait à la FIPF sa compétence en matière internationale de directeur du Centre international d’études pédagogiques (CIEP) et le précieux appui logistique et humain de cette grande maison, où s’installait dès lors le secrétariat général, dirigé par Colette Stourdzé. La FIPF se donnait pour tâche de regrouper toutes les associations de professeurs de français et d’encourager leur création là où il n’en existait pas encore. Aucun cloisonnement n’était établi entre les enseignants de langue maternelle, langue seconde, langue étrangère. Au contraire, l’objectif était de créer entre toutes ces associations les voies d’une coopération que l’on espérait féconde malgré la spécificité des problèmes rencontrés par chaque enseignant ou formateur dans la perspective d’une action solidaire.
En 2009, la FIPF compte 180 associations réparties dans 130 pays et réunit près de 80 000 professeurs de français, issus des cinq continents. Une immense toile culturelle, professionnelle et humaine s’est tissée entre des enseignants de français langue maternelle, de français langue seconde et de français langue étrangère, qui ont adhéré au projet fédérateur de croiser dynamismes et créativités, préoccupations et propositions, élans, discours, poésies et accents.
Par son action de développement de l’enseignement et de l’apprentissage du français dans le monde, de diffusion des cultures francophones et de promotion du partenariat entre les langues, la FIPF a désormais acquis une place privilégiée sur l’échiquier francophone et international. Fière de son passé, la Fédération internationale des professeurs de français est désormais forte de la confiance que lui témoignent son réseau d’associations et ses prestigieux partenaires institutionnels.
Elle prépare l’avenir en mettant en oeuvre des projets innovants et ambitieux au service des professeurs et de leurs apprenants. C’est ici que le symbole de l’émeraude évoqué au début refait surface pour exposer son vert transparent et lumineux, porteur de tous les espoirs. Et ils sont nombreux : langue de culture, instrument politique, le français se veut aussi langue des technologies modernes et des usages du monde. En outre, la diversité des publics, contextes et situations rend délicat tout engagement politique, alors que précisément certains adhérents en attendent plus d’implication. À la fin, puisque l’émeraude est aussi la pierre de la connaissance qui, de plus, aurait le pouvoir de soigner la cécité, il semble tout à fait convenable de placer le 40e anniversaire de notre Fédération sous son signe. ■
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