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Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

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Le cinéma africain à l’honneur



Youyous » et cris de joie pour ouvrir cette chronique en l’honneur du septième art africain…

Mai-juin 2009 - N°363



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Le FESPACO, Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Burkina- Faso), soutenu par le ministère des Affaires étrangères et européennes, a soufflé ses quarante bougies et célébré sa vingt et unième édition fi n février début mars, tout à la fois dans une belle énergie communicative et un grand bazar indigne d’un tel anniversaire. Malgré cela, on y a vu des oeuvres de grande qualité, assisté au renouveau du cinéma du Maghreb, Algérie en tête, applaudi la technicité des fi lms sud-africains, regretté l’absence de fi ctions de grands metteurs en scène, comme le Malien Souleymane Cissé et acclamé Hailé Gérima. En effet, l’Éthiopien est reparti avec l’Étalon de Yennenga, la plus haute distinction ouagalaise, après avoir reçu, en septembre dernier, le Prix Spécial du Jury (et celui du meilleur scénario) à la 65e Mostra de Venise. Réalisateur de l’exigence, il a bouleversé le public avec sa fresque, Teza, qui évoque l’histoire contemporaine de son pays à travers le parcours exalté puis amorphe d’Amberber, futur médecin parti faire ses études en Allemagne et revenu pour l’édifi cation de l’Éthiopie, à la chute du Négus Hailé Sélassié. Autant dire que, passé les premières heures euphorisantes de la Révolution, la dictature de Mengistu marquera la fi n des rêves du jeune idéaliste.
Un bonheur n’arrivant jamais seul, cette 21e édition a également permis de découvrir, en avant-première, le nouveau coffret DVD qu’Arte Éditions consacre aux cinémas d’Afrique. Après un premier volume portant sur les pionniers, tels Sembène Ousmane ou encore Oumarou Ganda, cette deuxième moisson s’attarde, plus particulièrement, sur le travail du Burkinabé Gaston Kaboré (président du jury au dernier FESPACO) et celui de l’Ivoirien Fadika Kramo-Lanciné, avec, à chaque, fois, deux fi lms emblématiques de leur carrière, Wend Kuuni (César du meilleur fi lm francophone en 1985) et Buud Yam pour l’un, Djéli, conte d’aujourd’hui et Wariko, le gros lot, pour l’autre. On peut voir ou revoir le fi lm très sensible du Gabonais Philippe Mory, Les tams-tams se sont tus. Une oeuvre qui date de 1971 mais dont le propos n’a rien perdu de son actualité. Il y est, en effet, question d’une jeune paysanne qui part totalement à la dérive au contact de la grande ville. En voulant « s’occidentaliser », elle va se perdre sous les yeux désabusés, attristés, mais d’une certaine façon résignés d’un jeune sculpteur de masques africains.
Ces très beaux films sont complétés par un livret fort instructif et par des entretiens avec les cinéastes qui donnent à réfl échir sur leurs conditions de travail, le chemin de leur création, leurs doutes, leurs attentes. Mais Arte Éditions ne compte pas s’arrêter là et on attend, avec une impatience non dissimulée, les futures propositions et rencontres avec d’autres cinéastes – peut-être de la nouvelle génération ? –, qui ne manqueront pas de survenir. En attendant on se repait de ce coffret et on surveille la sortie, prochaine, espérons-le, de Teza

Bérénice Balta





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