Articles

· FdM 366
· FdM 365
· FdM 364
· FdM 363
· FdM 362
· FdM 361
· FdM 360
· FdM 359
· FdM 358
· FdM 357
· FdM 356
· FdM 355
· FdM 354
· FdM 353
· FdM 352
· FdM 351
· FdM 350
· FdM 349
· FdM 348
· FdM 347
· FdM 346
· FdM 345
· FdM 344
· FdM 343
· FdM 342
· FdM 341
· FdM 340
· FdM 339
· FdM 338
· FdM 337
· FdM 336
· FdM 335
· FdM 334
· FdM 333
· FdM 332
· FdM 331
· FdM 330
· FdM 329
· FdM 328
· FdM 327
· FdM 326
· FdM 325
· FdM 324
· FdM 323
· FdM 322
· FdM 321
· FdM 320
· FdM 319
· FdM 318
· FdM 317
· FdM 316
· FdM 315
· FdM 314
· FdM 313
· FdM 312
· FdM 311
· FdM 310
· FdM 309

La revue
Je m'abonne
Actualités
Le FDLM et vous

CLE     FIPF
Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

Vous êtes dans la section : Accueil > Articles > FdM 363

Deux papas pour Nicolas



Le Petit Nicolas est né de la rencontre de Goscinny, le créateur d’Astérix, l’auteur français le plus lu et le plus traduit au monde et Sempé, dessinateur de presse et illustrateur du New Yorker.

Mai-juin 2009 - N°363



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

29 mars 1959. Parait dans Sud-Ouest Dimanche « L’oeuf de Pâques », l’histoire illustrée d’un petit garçon nommé Nicolas, signée Goscinny et Sempé. Cette histoire sera suivie de deux cents autres, égrénées au fil des semaines pendant six ans, créant cet univers, vu à travers les yeux d’un enfant, de culottes courtes, d’encriers, de tableaux noirs et de billes dans la cour de récré.
Les deux auteurs se sont rencontrés six ans plus tôt, en 1953, au 134 avenue des Champs-Élysées à Paris, dans une agence de presse belge, la World Press. C’est là que Jean-Jacques Sempé livre chaque semaine, pour le journal belge Le Moustique, un dessin humoristique mettant en scène un petit garçon, Nicolas. Un prénom choisi à cause d’une publicité pour les vins du même nom… René Goscinny est directeur de l’agence des Champs-Élysées.
Sempé a vingt-et-un ans, Goscinny vingtsept. Ils ont deux parcours un peu similaires. Renvoyé de son collège de Bordeaux pour indiscipline, Sempé a débuté tôt dans la vie active. D’abord homme à tout faire chez un courtier de vin, puis moniteur de colonies de vacances et garçon de bureau, il monte à Paris à dix-huit ans et réussit à vendre son premier dessin à Sud-Ouest en 1951. Goscinny, lui, commence à travailler à dix-sept ans, à la mort de son père, à Buenos Aires, en Argentine, où les Goscinny se sont installés quand il avait deux ans : aide-comptable, dessinateur dans une agence de pub, puis illustrateur dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, il part pour New York et devient directeur artistique chez Kunen Publishers avant de s’installer à Paris en 1951.

De la bande dessinée au conte illustré

Sempé et Goscinny se lient tout de suite d’amitié. Et commencent à travailler ensemble. Car les éditions Dupuis veulent faire de Nicolas une bande dessinée. Sempé demande à Goscinny d’écrire les scénarios. Il écrit déjà ceux de Lucky Luke pour Morris. « Quand j’ai entendu dire : “Le métier de scénariste ? C’est à la portée du premier imbécile venu”, j’ai compris que j’avais trouvé ma voie », racontera Goscinny avec tout l’humour et l’autodérision qui le caractérisent. Mais Sempé n’aime pas beaucoup la bande dessinée, « les petites cases », il rêve plutôt de contes à illustrer. La commande d’un conte de Pâques passée par Sud-Ouest Dimanche arrive comme du pain bénit.
Sempé et Goscinny travaillent à quatre mains. « René rédigeait des histoires, on en parlait ensemble, j’y ajoutais un peu de football, et puis je les illustrais », raconte Sempé. Les histoires s’enchainent. Goscinny tape sur le clavier QWERTY de sa Royal Key stone qu’il a ramenée des États-Unis. Réécrit cinq fois chaque texte. « Je suis un fignoleur. » Les titres – touche finale – sont écrits à la main, au stylo bille. Sempé se définit lui comme « un tâcheron », qui recommençait les dessins sans arrêt jusqu’au moment où il fallait les donner – le jeudi, jour d’envoi de la copie au journal.
Les histoires s’inspirent de leurs souvenirs d’enfance : « Je me moque sans remords des bons élèves puisque j’étais premier », avouait Goscinny. Il faut dire que le Petit René collectionnait les prix d’excellence, ce qui ne l’empêchait pas d’être « en classe un véritable guignol ». Les colonies de vacances et le foot viennent de Sempé : « René ne faisait pas la différence entre un ballon de foot et un meuble Louis XV. » Au fond, « l’univers du Petit Nicolas est un monde idéal. C’est l’enfance que [nous] aurions voulu avoir ».
Nicolas devient un des héros de cette jeunesse qui a désormais son magazine, Pilote, créé par Goscinny en octobre 1959. Nicolas fait deux fois la couverture et devient le porte-parole de tous les héros de la bande dessinée naissante : Achille Talon, Adèle Blansec, Le Concombre masqué, Astérix et Obélix, Iznogoud…
Goscinny se consacre alors tout entier au 9e art, Sempé se tourne de plus en plus vers le dessin de presse humoristique, notamment pour Paris-Match. Le Petit Nicolas est mis en sommeil après 1964. Goscinny et Sempé envisagent bien, à la fin des années 1970, de le reprendre, trouvent un nouveau ressort – l’école serait devenue mixte –, mais Goscinny meurt en novembre 1977 et l’idée ne voit jamais le jour. À défaut d’une cour de récré remplie de filles et de garçons, le Petit Nicolas a trouvé aujourd’hui, avec Le ballon et autres histoires inédites, paru au mois de mars, un nouveau trait de crayon, des habits en couleurs et un ballon rouge.

A.T.





Accueil   -   La revue   -   Services   -   Articles en ligne

Brèves
   -   Archives   -   Contact


© Le français dans le monde  2002
Tous droits réservés