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Trafic aérien : le « low cost » ne connait pas la crise



La météo est contrastée pour les compagnies aériennes : zone de turbulences sur les lignes régulières, ciel dégagé sur les « low cost ». En ces temps de crise, la qualité des prestations n’est plus un critère donnant la préférence aux premières au détriment des secondes, pour lesquelles la recette tient dans le moins-disant en matière de services.

Mars-avril 2009 - N°362



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Résultat 2008 en berne pour Air France-KLM, recul du trafic annuel passagers chez British Airways, plongeon de 77 % du bénéfice d’Iberia entre janvier et septembre… Les bilans des compagnies aériennes pour l’année écoulée ont été plombés, d’abord par l’envolée des cours du pétrole, puis par la crise économique mondiale.
Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France- KLM, qualifie l’environnement de « très incertain », tandis que Giovanni Bisignani, qui dirige l’International Air Transport Association (IATA), juge « la détérioration du trafic extrêmement rapide et généralisée ».
Les unes naviguent à vue, d’autres sont sur un petit nuage. Ainsi des compagnies à bas cout, les « low cost », qui, de toute évidence, ne connaissent pas la crise. Parmi les plus connues, la compagnie britannique easyJet déclare un trafic en hausse de 16,6 % pour 2008 ; l’irlandaise Ryanair annonce une progression annuelle de 18 % de son trafic passagers et se propose de racheter sa compatriote et rivale Aer Lingus, qui s’y oppose farouchement, arguant pour sa part de sa « robustesse financière incomparable ». Tout va si bien que certains aéroports ont créé une zone dédiée aux compagnies low cost – Charleroi en Belgique, Beauvais en France, etc.

La crise, une des ailes du succès

La crise, loin de détourner les voyageurs, leur assure au contraire un succès grandissant. Les raisons de cette réussite ? La suppression du superflu. Mais attention, pas de l’essentiel. Il n’est plus question de vieux coucous de la dernière guerre recyclés dans le civil et qui tremblent au moindre coup de vent. Les compagnies low cost répondent désormais aux mêmes critères d’entretien et de sécurité que leurs homologues traditionnelles. Les plans de vol se déroulent dans des conditions identiques. Les flottes, entretenues, sont équipées d’avions modernes. Ryanair et Aer Lingus, par exemple, sont souvent citées comme référence pour la qualité de leurs appareils et la formation de leurs pilotes.
Les économies sont réalisées sur les services, au sol et en vol. Les couts de distribution sont réduits grâce à une très forte utilisation de la vente directe par call-center et surtout internet (chez easyJet, 6 % des réservations se font via le centre d’appel et 94 % via internet).
La seule certitude est d’avoir une place assise et le sourire de l’hôtesse n’est pas inclus dans le prix. Pour le reste, tout est payant. Du verre d’eau au plateau-repas (s’il y en a un), du choix de la place à la mise en soute du bagage. Le passager voyagera mieux s’il n’est pas trop fort ni trop large d’épaules. Mais après tout, l’essentiel n’est-il pas d’être amené sans problème d’un point à un autre ?
À l’inverse de leurs concurrentes conventionnelles, les low cost continuent à ouvrir des lignes et allèchent la clientèle à coups de tarifs promotionnels parfois sujets à caution. La Commission européenne a dénoncé en novembre 2008 les pratiques trompeuses de Ryanair. Le prix annoncé – « taxes et charges comprises dans les tarifs mentionnés » – n’étant souvent qu’un tarif d’appel : remboursement la plupart du temps impossible, cout supplémentaire pour la moindre modification (nom du passager, date), etc.
Selon une étude réalisée par le consultant CSC.com, la stratégie des low cost « consiste à proposer le tarif le moins cher à l’ouverture des réservations sur un vol puis à augmenter progressivement les tarifs au fur et à mesure que l’on se rapproche de la date de départ, ou que l’on a vendu le nombre de places pour un tarif donné ». Certains tarifs d’appel ne sont pas ou peu disponibles à certaines périodes de pics d’activité. Un clic suffit pour saler la note : assurance annulation, embarquement prioritaire, siège proche d’une sortie de secours… La vigilance s’impose.
Mais sûres que leurs affaires vont prendre de la hauteur, Ryanair et easyJet anticipent une demande accrue de vols à bas cout et comptent bien augmenter leurs parts de marché. « Avec la crise, la demande pour des vols moins chers va augmenter, y compris auprès des hommes d’affaires qui représentent déjà 45 % de la clientèle », se réjouit déjà le patron de Ryanair, Michael O’Leary.

Marie-Christine Simonet





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