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Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

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En direct des associations



Juillet-Août 2008 - N°358



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Les chantiers du futur
L’éditorial de Dario Pagel

Cet éditorial est le dernier que je signe en ma qualité de président de la Fédération internationale des professeurs de français. Comme vous le savez, au terme du Congrès mondial des professeurs de français de Québec, qui se déroule du 21 au 25 juillet 2008, un collègue prendra ma place pour conduire les destinées de notre grande Fédération. Je resterai certes, comme le prévoient les statuts, Président d’honneur et membre du Conseil d’administration. Mais je resterai surtout ce que je n’ai jamais cessé d’être : un enseignant de français, amoureux de cette langue et soucieux de son développement dans le monde. Pendant ces huit dernières années à la tête de la FIPF, j’ai beaucoup parlé des urgences et des démarches concrètes à entreprendre. Mon obsession, du moins en termes de visibilité, était beaucoup plus pratique qu’intellectuelle, car il fallait donner une forme à notre action quotidienne. Je me posais sans cesse des questions simples : comment ces « ouvriers », « ces ambassadeurs » du français, ces « bougies qui, même dans les coins les plus reculés du monde, éclairent la francophonie », que sont les professeurs de français, pouvaient-ils être à ce point marginalisés dans la bataille stratégique de valorisation de l’enseignement du français ? Comment arriver à leur donner les moyens d’exister dans leur pays, de rendre leur voix plus audible ? Quels outils étaient nécessaires à une meilleure appropriation de leur métier et à une meilleure transmission de leur immense savoir tant linguistique que culturel aux jeunes apprenants en demande ? C’est à partir de ces questions simples que j’ai bâti une stratégie avec des idées directrices : faire des professeurs de français du monde entier des maillons essentiels de toute politique de la langue, tant au niveau des pays, du bilatéral que du multilatéral ; restructurer les associations afin qu’elles puissent jouer efficacement leur rôle ; aider à la mise à niveau permanente des enseignants dans un environnement sans cesse en évolution. Et, avec le soutien de mes collègues membres du bureau de la FIPF, j’ai essayé d’agir. Le résultat reste forcément perfectible. Mais aujourd’hui, tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la langue française, à sa diffusion et à son rayonnement dans le monde savent qu’ils doivent compter avec la FIPF. Mais l’action n’a jamais arrêté la réflexion. Et du poste d’observation privilégié où je me trouvais, j’ai pu ouvrir quelques grands chantiers intellectuels que je considère comme structurants pour l’avenir du français dans le monde.
Le premier de ces chantiers, qui demeure celui qui me tient le plus à coeur, est celui de la massification de l’enseignement et de la présence du français dans le monde. J’ai pu ainsi observer qu’en Afrique, l’apprentissage du français progresse, même si se pose le problème de la qualité. En Europe, la tendance est plutôt à la baisse. Dans les pays émergents, l’apprentissage du français a tendance à progresser, suivant en cela la croissance démographique. Quand on fait l’addition de toutes ces situations, on peut conclure que, de manière générale, le français progresse. Mais mon souhait est que nous soyons un peu plus ambitieux : ce n’est pas parce qu’on gagne un ou deux apprenants de plus en français au Brésil ou en Indonésie qu’on doit s’en satisfaire. Je considère que si on tient compte du potentiel d’apprenants qu’offrent ces pays, on est très loin du compte !
Le deuxième grand chantier du français, dont le premier chantier cité plus haut n’en est que l’une des conséquences, est celui de l’image du français. Le français reste présenté comme une langue de l’élite, une langue de salon. Autrement dit, une langue qui est importante mais pas nécessaire. Une langue qu’on peut étudier quand on dispose d’un peu de temps. Quand la présenterons-nous comme une langue de travail ? Le français est quand même avec l’anglais la seule langue parlée sur tous les continents. Elle est langue de travail dans diverses organisations internationales, parmi les plus importantes. Les entreprises françaises font partie des plus exportatrices du monde. Bref, il y a un réel intérêt à apprendre le français aujourd’hui.
Autre chantier, touchant plus directement le monde enseignant : celui du lobbying en faveur du français dans les systèmes éducatifs. Il est vrai qu’en prenant les faits de manière brute, hormis quelques exceptions, le français est présent dans la plupart des systèmes éducatifs du monde. Mais on sait que cette présence est de plus en plus menacée par l’émergence d’autres langues : que faisons-nous par exemple pour que, lorsque les élèves ont le choix entre plusieurs langues, ils optent spontanément pour le français ? Que faisons-nous pour amener les parents de ces élèves à orienter leur enfant vers le français ?
Ces trois chantiers sont à mon avis, parmi d’autres que je ne peux citer ici faute d’espace, structurants de l’avenir du français dans le monde. À force d’en discuter avec différents interlocuteurs parisiens, tant dans les milieux institutionnels qu’universitaires, j’ai senti progressivement comme une prise de conscience par rapport à ces différents « obstacles » à l’installation du français comme véritable « langue populaire mondiale ». À l’heure de la « francophonie offensive », il serait important pour nous tous, militants de la langue française, de servir cette grande cause. Je suis prêt, en ce qui me concerne, à en prendre ma part.




Un cinquantenaire haut en couleurs

L’Association ghanéenne des professeurs de français (GAFT) a fêté ses cinquante ans avec un faste particulier du 13 au 16mai 2008. Au cours de ces cérémonies, le Président du pays, John Kufuor, représenté par le professeur Yaw Safo Boafo, Président du Conseil d’administration du Ghana Education Trust Fund (GETFund), a déclaré que la langue française était un outil de communication précieux pour le Ghana dans le cadre de ses relations avec les pays étrangers. Il a aussi assuré que le gouvernement soutiendrait les actions de promotion de l’enseignement du français. Les associations et le gouvernement ont tenu à remercier l’Ambassadeur de France au Ghana, M. Pierre Jacquemot, pour le rôle décisif de la France dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement du français au Ghana. Plus de 200 enseignants ghanéens de français ont pris part à ces cérémonies, ainsi que de nombreux collègues venus de la sous-région et de France. La GAFT est l’une des toutes premières associations de professeurs de français fondées en Afrique et son dynamisme actuel va de pair avec une réelle volonté politique des dirigeants de développer l’enseignement du français au Ghana.
GAFT
Evans Kokroko, président
Mél. : ekokroko@yahoo.com




Argentine - Un congrès, plusieurs enjeux

Le Xe Congrès national des Professeurs de français d’Argentine se déroulera du 24 au 26 septembre 2008 à Salta. Il aura pour thème : « Pour une culture de la diversité ». Depuis 1990, les professeurs de français des différentes provinces argentines organisent un congrès national tous les deux ans afin de renforcer la politique linguistique visant à maintenir l’enseignement du français dans les institutions. Les enjeux de ce congrès sont de plusieurs ordres. D’un, la focalisation de la culture sur elle-même et l’imposition d’une seule langue étrangère, dite à valeur internationale, sont des aspects qui risquent, selon les professeurs de français argentins, de conduire à un réductionnisme culturel. De deux, l’enseignement du français, dont le rôle essentiel est d’ouvrir les portes de la culture française et du monde de la francophonie, contribue ainsi à la diversité culturelle. Enfin, les possibilités d’accès à d’autres langues et à d’autres cultures sont le privilège d’une élite, et une grande partie de la population reste exclue de ces apprentissages. Conclusion : l’offre éducative doit être plurielle et ouverte aux savoirs universels. L’interculturel aide à une meilleure connaissance de soi et renforce l’identité des peuples, en donnant un sens à leur place dans le monde actuel. Ce Xe Congrès national des professeurs de français traitera de ces problématiques. Y seront conviés un grand nombre d’enseignants, chercheurs, traducteurs et étudiants de la langue française d’Argentine et des pays voisins pour en faire une occasion de réunion et de partage. Tous les éléments sont disponibles sur le site
www.congresoflesalta08.com.ar
SAPFESU
E lda Dagnino, présidente
Mél. : dagnino2fcpolet.unr.edu.ar




Japon - Les défis de l’apprentissage autonome

L’université de Kyoto a organisé les 26 et 27 janvier 2008 le colloque international intitulé « Le défi de l’enseignement des langues étrangères à l’université : plurilinguisme et apprentissage autonome ». Cette rencontre a regroupé plus de deux cents participants japonais et de différentes nationalités. On a noté aussi la présence de deux Français (Henri Holec, université de Nancy 2 et Claude Truchot, université de Strasbourg 2), d’une Québécoise (Denise Lussier, université McGil), et d’une Taiwanaise (Chang Kuo-Lei, université Tamkang).
La première journée a été consacrée à l’enseignement plurilingue. Suzuki Takao (université Keio), sociolinguiste japonais, a soutenu le changement du paradigme de l’enseignement des langues étrangères en termes de réception et d’émission envers le monde extérieur. Quant au sociolinguiste français Claude Truchot, il a dégagé la problématique de l’enseignement plurilingue dans l’internationalisation de l’université, qui accepte de plus en plus l’anglais comme lingua franca pour accélérer la mobilité des étudiants. La première table ronde a évoqué les valeurs de l’enseignement des langues étrangères, énoncées par les professeurs d’anglais, d’arabe et de coréen.
Au cours de la deuxième journée, l’apprentissage autonome a beaucoup été débattu. Selon les participants, il peut permettre de valoriser davantage l’apprentissage des langues étrangères. La contribution de Denise Lussier a consisté à éclaicir la compétence interculturelle qui doit être valorisée dans le portfolio des langues, atout indispensable pour mener à bien un apprentissage en autonomie. Si, grâce aux traductions simultanées en français et japonais, des expériences pédagogiques en différentes langues (anglais, français, allemand, coréen, chinois et arabe) ont enrichi le débat, le français a quant à lui confirmé sa valeur de médiateur entre les différentes cultures éducatives, et cela avec un grand succès.
Jean Noriyuki Nishiyama (université de Kyoto, Japon)
SJDF
Hidéhiro Tachibana, président
Site : www.soc.nii.ac.jp/sjdf



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