Thèses
Enfants, étudiants, adultes : les publics analysés ici soulèvent
des questions liées à leur âge et à leur environnement
éducatif. C’est ainsi que s’apprécient les réticences d’enfants
de classes bilingues égyptiennes face à telle ou telle langue ;
les difficultés que présentent, pour des étudiants étrangers
en France, les genres académiques requis pour leurs études ;
les relations qui s’instaurent entre apprenants et enseignants dans le cadre très spécial des cours particuliers ou les formes de
métalangage que l’on est amené à construire avec de très jeunes
enfants pour leur faciliter l’accès à la langue de l’école.
Représentations des langues française et anglaise et
socialisation scolaire et familiale d’une élite égyptienne
Salwa Aggag
Directeur : Geneviève Zarate
Année : 2007
Université : INALCO (Institut National des Langues et
Civilisations Orientales)
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Langues, littératures et sociétés orientales.
Sciences de l’éducation.
Mots-clés : Français (langue) : enseignement, Égypte.
Enseignement/apprentissage des langues : choix et représentations.
Élites. Égypte : système éducatif.
Accès : Version imprimée accessible à la bibliothèque de
l’INALCO, Paris, et à la bibliothèque de l’université Paris 8.
Résumé. Après une expérience de quinze ans d’enseignement
dans des écoles francophones, j’ai eu en charge la tâche d’ouvrir,
en 1999, un département de français 2e langue étrangère, dans une
école moderne protestante anglophone mixte, au Caire. J’ai mis en
place des programmes, organisé des stages de formation continue
pour des jeunes enseignants et assuré le relais avec le Centre
français de Culture et de Coopération (CFCC). Cette expérience m’a
permis d’observer une situation problématique : parallèlement au
niveau linguistique insuffisant des élèves et aux difficultés qu’ils
éprouvent à apprendre cette langue, j’ai pu observer une résistance
à l’apprentissage du français en tant que deuxième langue étrangère
– l’anglais étant la première. Les parents d’élèves n’ont pas
une attitude plus favorable envers cette langue que leurs enfants.
Paradoxalement, cette attitude n’est pas similaire dans le contexte
des écoles francophones, y compris vis-à-vis de l’anglais, deuxième
langue étrangère. Mon hypothèse est que cette différence d’attitude
vis-à-vis du français entre écoles anglophones et francophones peut
être analysée à travers le concept des représentations sociales. En
effet, nous constatons que, pour l’analyse de ces attitudes, l’espace
classe, et même les frontières de l’établissement, sont insuffisants. Les
raisons relèvent plutôt d’un fait social. Le parcours que j’ai effectué
tout au long de ma carrière professionnelle m’a permis d’enseigner
le français dans deux contextes différents – écoles bilingues francophones,
écoles bilingues anglophones –, qui se côtoient, mais qui
semblent être à la fois parallèles et paradoxaux. La perception des
langues anglaise et française dans ces deux univers joue un rôle
essentiel dans la socialisation des enfants de la société égyptienne
actuelle. La langue comme « objet scolaire » dépend de la situation
de cette langue – entendue comme « objet social » – dans la société,
et de son évolution chronologique. (Source : l’auteur )
Les étudiants étrangers face aux genres académiques
français : l’impact des cours magistraux et des
travaux dirigés sur le taux d’échec en première année.
Le cas de la faculté des Sciences économiques et de
Gestion de l’université Lumière-Lyon 2
Saloua Alk-Hal
Directeur : Robert Bouchard
Année : 2007
Type : Thèse de doctorat
Université : Université Lumière-Lyon 2
Discipline : Sciences de l’éducation
Mots-clés : Français (langue) : enseignement. Genres
académiques : cours magistral, travaux dirigés, prise de
notes, exposé oral. Complexité discursive.
Accès : Thèse en ligne sur Cyberthèses
Résumé. L’échec enregistré en première année dans les universités
françaises est un constat préoccupant. Nous avons mené une
étude à ce propos au sein de la faculté des Sciences économiques
et de Gestion qui accueille des effectifs massifs d’étudiants et, en
particulier, un nombre important de non-francophones. Nous avons
essayé de déterminer les facteurs qui conduisent ces derniers à
l’échec dès leur entrée à l’université. Or, les Sciences économiques
et de Gestion constituent une filière qui fonde son enseignement
sur deux genres académiques, les cours magistraux et les travaux
dirigés. Cette transmission des savoirs disciplinaires constitue
également en première année une initiation aux « langues de spécialité
» correspondantes. Les résultats de notre recherche montrent
l’existence d’une corrélation significative entre d’une part un double
phénomène langagier, la nature complexe des genres académiques
utilisés et la maitrise insuffisante de la langue française par les
étudiants étrangers, et d’autre part leur échec en première année
universitaire. Tout au long de notre recherche, nous avons montré
que ces discours académiques, dans leurs aspects à la fois magistral
et oral, engendrent des difficultés de compréhension majeures chez
les étudiants étrangers. Parallèlement, à cette analyse, nous avons
mené une étude « sociologique » qui nous a montré que l’importance
quantitative et l’auto-orientation aléatoire des étudiants étrangers
contribuent aussi à expliquer les déconvenues de fin d’année. Une
éventuelle aide à l’orientation universitaire des étudiants étrangers
ne peut intervenir que trop tard, une fois leur inscription faite depuis
leurs pays d’origine dans les disciplines « de leur choix » en France.
En conclusion de notre recherche nous faisons quelques propositions
didactiques relatives au perfectionnement des compétences
cognitives, techniques et langagières des étudiants en difficulté.
(Sources : Robert Bouchard ; Cyberthèses)
Singularité des cours particuliers de langue étrangère
: analyse cognitivo-interactionnelle et pistes
didactiques
Sophie Dufour
Directeur : Jean-Charles Pochard
Année : 2007
Université : Université Lumière-Lyon 2
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Sciences du langage
Mots-clés : Cours particuliers. Français (langue) :
enseignement ; apprentissage. Français langue étrangère.
Interactions verbales. Communication exolingue. Milieu
homoglotte.
Accès : Bibliothèque universitaire de Bron, université
Lyon 2 : consultation sur place. Prochainement disponible
via le prêt entre bibliothèques.
Numéro national de thèse : 2007LYO20054
Résumé. Le cours particulier de langue étrangère en contexte
institutionnel constitue un cas limite de la classe de langue. Il
compte, parmi ses caractéristiques, celle d’offrir un centrage assez
« spontané » sur l’apprenant, son vécu, ses besoins immédiats et
à moyen terme, qui va de pair avec une possibilité d’interaction
maximale avec l’enseignant. Une de ses autres spécificités est que,
dégagé des contraintes traditionnelles de la gestion planifiée d’un
contenu et corollairement des évaluations qui y sont associées, le
mode de communication dominant dans ce genre de cours est de
type exolingue, avec des phases de didactisation cohabitant avec
la « conversation » entre enseignant et apprenant. L’expérience et
l’observation sur corpus nous montrent que ces moments n’occasionnent
pas de rupture communicationnelle pour autant, car ils
sont attendus et donc acceptés dans la mesure où ils entrent dans
une logique didactique conjointement ratifiée. En outre, dans le
contexte évoqué, le statut de client de l’apprenant lui donne, plus
que dans des situations de groupes souvent institutionnalisées,
la possibilité de cogérer la conduite des sessions de cours. Une
démarche ethnographique a donc été engagée afin de rendre
compte de l’ancrage institutionnel et des conséquences directes
qu’il a sur la réalité pédagogique mais aussi relationnelle du face
à face de langues. Une analyse interactionnelle sert également à
dégager la spécificité des échanges précédemment décrits. Enfin,
des pistes allant dans le sens d’une didactique des cours particuliers
se voient ouvertes, qui soulèvent notamment l’importance
de prendre acte des possibilités offertes par l’environnement
homoglotte dans une perspective pédagogique, cela en lien avec
des préoccupations « actionnelles » très actuelles. (Sources : le
directeur de thèse ; l’auteur )
Le discours métalinguistique de la classe de lecture.
Comment des enseignants de cours préparatoire, et
leurs élèves qui apprennent à lire, parlent du langage
Corinne Gomila
Directeur : Sonia Branca-Rosoff
Année : 2007
Université : Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Sciences du langage
Mots‑cles : Discours métalinguistique. Métalangage.
Autonymie. Interactions scolaires.
Accès : Consultable à la bibliothèque universitaire de la
Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Centre Censier.
Résumé. Ce travail examine le discours métalinguistique et
les pratiques métalangagières développés par des institutrices et
leurs élèves en situation d’enseignement de la lecture de textes. Il
s’appuie pour cela sur un corpus d’enregistrements réalisés dans
dix classes de cours préparatoire. Dans ce cadre, les échanges sont
envisagés à tous les niveaux de l’analyse linguistique, graphophonologique,
lexical, morphosyntaxique et textuel. D’un point de
vue linguistique, cette thèse met en évidence un usage spécialisé
de la langue qui fait intervenir les places discursives contrastées
d’enseignant et d’élèves, un mode d’organisation discursif en trois
temps, question, réponse et validation, et un métalangage marqué
par : - le caractère massif de l’autonymie concernant toutes les sortes
d’unités - de la lettre à la phrase en passant par le mot et le non
mot - qui permet à l’enseignant d’éviter le passage à l’abstraction
dès qu’il s’agit de morphosyntaxe ; - des métatermes de transition,
des lexies comme groupe de mots (pour syntagme), petit mot
(pour préposition, déterminant, etc.) qui pallient l’absence d’une
nomenclature scolaire ; - un vocabulaire grammatical très limité.
Les premiers mots de la terminologie grammaticale sont articulés à
des actions à accomplir invitant les élèves à des routines d’action. Il
en va ainsi de syllabe, très souvent associé à « faire ses syllabes »
ou encore de phrase associé à « remplacer l’énoncé oral par un
modèle de phrase SVO ». Sur le plan didactique, la confrontation des
démarches entre des classes plutôt axées sur le code et des classes
plutôt centrées sur les dimensions textuelles montre que certaines
pratiques renvoient à un savoir professionnel commun à tous les
enseignants (ainsi l’accent de focalisation qui souligne certains
autonymes) et que d’autres varient selon le type de classes. Tout
au long de cette recherche, et de plus en plus, s’affirme l’écart entre
le rapport oral à la langue et le rapport « second » à la langue dans
lequel les élèves doivent entrer pour réussir à l’école. Il apparait
que les enseignantes privilégient un rapport avant tout commode
et pratique dans lequel l’usage de l’autonymie, sans présentateur
par exemple, peut poser des problèmes ou encore dans lequel le
discours sur les mots prend trop souvent la forme d’un discours
sur les choses. Or, il est essentiel d’aider les élèves à développer
une attitude métalinguistique qui soit dégagée de l’usage vécu de
la langue. (Source : l’auteur )
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