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Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

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L’actualité de la recherche en didactique



Cette rubrique a pour ambition de vous donner des informations sur les recherches universitaires qui se développent dans le domaine de l’enseignement et de la diffusion du français mais aussi des autres langues, en France et à l’étranger : thèses récemment soutenues, travaux en cours d’équipes de recherche. Elle vise également à vous indiquer des outils qui peuvent vous servir pour vos propres recherches : documents imprimés, cédéroms et outils en ligne. L’exploration se fait peu à peu, au gré des questionnements ; les réponses arrivent au fil des découvertes.

Juillet-Août 2008 - N°358



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Thèses

Enfants, étudiants, adultes : les publics analysés ici soulèvent des questions liées à leur âge et à leur environnement éducatif. C’est ainsi que s’apprécient les réticences d’enfants de classes bilingues égyptiennes face à telle ou telle langue ; les difficultés que présentent, pour des étudiants étrangers en France, les genres académiques requis pour leurs études ; les relations qui s’instaurent entre apprenants et enseignants dans le cadre très spécial des cours particuliers ou les formes de métalangage que l’on est amené à construire avec de très jeunes enfants pour leur faciliter l’accès à la langue de l’école.

Représentations des langues française et anglaise et socialisation scolaire et familiale d’une élite égyptienne
Salwa Aggag
Directeur : Geneviève Zarate
Année : 2007
Université : INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales)
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Langues, littératures et sociétés orientales. Sciences de l’éducation.
Mots-clés : Français (langue) : enseignement, Égypte. Enseignement/apprentissage des langues : choix et représentations. Élites. Égypte : système éducatif.
Accès : Version imprimée accessible à la bibliothèque de l’INALCO, Paris, et à la bibliothèque de l’université Paris 8.
Résumé. Après une expérience de quinze ans d’enseignement dans des écoles francophones, j’ai eu en charge la tâche d’ouvrir, en 1999, un département de français 2e langue étrangère, dans une école moderne protestante anglophone mixte, au Caire. J’ai mis en place des programmes, organisé des stages de formation continue pour des jeunes enseignants et assuré le relais avec le Centre français de Culture et de Coopération (CFCC). Cette expérience m’a permis d’observer une situation problématique : parallèlement au niveau linguistique insuffisant des élèves et aux difficultés qu’ils éprouvent à apprendre cette langue, j’ai pu observer une résistance à l’apprentissage du français en tant que deuxième langue étrangère – l’anglais étant la première. Les parents d’élèves n’ont pas une attitude plus favorable envers cette langue que leurs enfants. Paradoxalement, cette attitude n’est pas similaire dans le contexte des écoles francophones, y compris vis-à-vis de l’anglais, deuxième langue étrangère. Mon hypothèse est que cette différence d’attitude vis-à-vis du français entre écoles anglophones et francophones peut être analysée à travers le concept des représentations sociales. En effet, nous constatons que, pour l’analyse de ces attitudes, l’espace classe, et même les frontières de l’établissement, sont insuffisants. Les raisons relèvent plutôt d’un fait social. Le parcours que j’ai effectué tout au long de ma carrière professionnelle m’a permis d’enseigner le français dans deux contextes différents – écoles bilingues francophones, écoles bilingues anglophones –, qui se côtoient, mais qui semblent être à la fois parallèles et paradoxaux. La perception des langues anglaise et française dans ces deux univers joue un rôle essentiel dans la socialisation des enfants de la société égyptienne actuelle. La langue comme « objet scolaire » dépend de la situation de cette langue – entendue comme « objet social » – dans la société, et de son évolution chronologique. (Source : l’auteur )

Les étudiants étrangers face aux genres académiques français : l’impact des cours magistraux et des travaux dirigés sur le taux d’échec en première année. Le cas de la faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’université Lumière-Lyon 2
Saloua Alk-Hal
Directeur : Robert Bouchard
Année : 2007
Type : Thèse de doctorat
Université : Université Lumière-Lyon 2
Discipline : Sciences de l’éducation
Mots-clés : Français (langue) : enseignement. Genres académiques : cours magistral, travaux dirigés, prise de notes, exposé oral. Complexité discursive.
Accès : Thèse en ligne sur Cyberthèses
Résumé. L’échec enregistré en première année dans les universités françaises est un constat préoccupant. Nous avons mené une étude à ce propos au sein de la faculté des Sciences économiques et de Gestion qui accueille des effectifs massifs d’étudiants et, en particulier, un nombre important de non-francophones. Nous avons essayé de déterminer les facteurs qui conduisent ces derniers à l’échec dès leur entrée à l’université. Or, les Sciences économiques et de Gestion constituent une filière qui fonde son enseignement sur deux genres académiques, les cours magistraux et les travaux dirigés. Cette transmission des savoirs disciplinaires constitue également en première année une initiation aux « langues de spécialité » correspondantes. Les résultats de notre recherche montrent l’existence d’une corrélation significative entre d’une part un double phénomène langagier, la nature complexe des genres académiques utilisés et la maitrise insuffisante de la langue française par les étudiants étrangers, et d’autre part leur échec en première année universitaire. Tout au long de notre recherche, nous avons montré que ces discours académiques, dans leurs aspects à la fois magistral et oral, engendrent des difficultés de compréhension majeures chez les étudiants étrangers. Parallèlement, à cette analyse, nous avons mené une étude « sociologique » qui nous a montré que l’importance quantitative et l’auto-orientation aléatoire des étudiants étrangers contribuent aussi à expliquer les déconvenues de fin d’année. Une éventuelle aide à l’orientation universitaire des étudiants étrangers ne peut intervenir que trop tard, une fois leur inscription faite depuis leurs pays d’origine dans les disciplines « de leur choix » en France. En conclusion de notre recherche nous faisons quelques propositions didactiques relatives au perfectionnement des compétences cognitives, techniques et langagières des étudiants en difficulté. (Sources : Robert Bouchard ; Cyberthèses)

Singularité des cours particuliers de langue étrangère : analyse cognitivo-interactionnelle et pistes didactiques
Sophie Dufour
Directeur : Jean-Charles Pochard
Année : 2007
Université : Université Lumière-Lyon 2
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Sciences du langage
Mots-clés : Cours particuliers. Français (langue) : enseignement ; apprentissage. Français langue étrangère. Interactions verbales. Communication exolingue. Milieu homoglotte.
Accès : Bibliothèque universitaire de Bron, université Lyon 2 : consultation sur place. Prochainement disponible via le prêt entre bibliothèques.
Numéro national de thèse : 2007LYO20054
Résumé. Le cours particulier de langue étrangère en contexte institutionnel constitue un cas limite de la classe de langue. Il compte, parmi ses caractéristiques, celle d’offrir un centrage assez « spontané » sur l’apprenant, son vécu, ses besoins immédiats et à moyen terme, qui va de pair avec une possibilité d’interaction maximale avec l’enseignant. Une de ses autres spécificités est que, dégagé des contraintes traditionnelles de la gestion planifiée d’un contenu et corollairement des évaluations qui y sont associées, le mode de communication dominant dans ce genre de cours est de type exolingue, avec des phases de didactisation cohabitant avec la « conversation » entre enseignant et apprenant. L’expérience et l’observation sur corpus nous montrent que ces moments n’occasionnent pas de rupture communicationnelle pour autant, car ils sont attendus et donc acceptés dans la mesure où ils entrent dans une logique didactique conjointement ratifiée. En outre, dans le contexte évoqué, le statut de client de l’apprenant lui donne, plus que dans des situations de groupes souvent institutionnalisées, la possibilité de cogérer la conduite des sessions de cours. Une démarche ethnographique a donc été engagée afin de rendre compte de l’ancrage institutionnel et des conséquences directes qu’il a sur la réalité pédagogique mais aussi relationnelle du face à face de langues. Une analyse interactionnelle sert également à dégager la spécificité des échanges précédemment décrits. Enfin, des pistes allant dans le sens d’une didactique des cours particuliers se voient ouvertes, qui soulèvent notamment l’importance de prendre acte des possibilités offertes par l’environnement homoglotte dans une perspective pédagogique, cela en lien avec des préoccupations « actionnelles » très actuelles. (Sources : le directeur de thèse ; l’auteur )

Le discours métalinguistique de la classe de lecture. Comment des enseignants de cours préparatoire, et leurs élèves qui apprennent à lire, parlent du langage
Corinne Gomila
Directeur : Sonia Branca-Rosoff
Année : 2007
Université : Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Sciences du langage
Mots‑cles : Discours métalinguistique. Métalangage. Autonymie. Interactions scolaires.
Accès : Consultable à la bibliothèque universitaire de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Centre Censier.
Résumé. Ce travail examine le discours métalinguistique et les pratiques métalangagières développés par des institutrices et leurs élèves en situation d’enseignement de la lecture de textes. Il s’appuie pour cela sur un corpus d’enregistrements réalisés dans dix classes de cours préparatoire. Dans ce cadre, les échanges sont envisagés à tous les niveaux de l’analyse linguistique, graphophonologique, lexical, morphosyntaxique et textuel. D’un point de vue linguistique, cette thèse met en évidence un usage spécialisé de la langue qui fait intervenir les places discursives contrastées d’enseignant et d’élèves, un mode d’organisation discursif en trois temps, question, réponse et validation, et un métalangage marqué par : - le caractère massif de l’autonymie concernant toutes les sortes d’unités - de la lettre à la phrase en passant par le mot et le non mot - qui permet à l’enseignant d’éviter le passage à l’abstraction dès qu’il s’agit de morphosyntaxe ; - des métatermes de transition, des lexies comme groupe de mots (pour syntagme), petit mot (pour préposition, déterminant, etc.) qui pallient l’absence d’une nomenclature scolaire ; - un vocabulaire grammatical très limité. Les premiers mots de la terminologie grammaticale sont articulés à des actions à accomplir invitant les élèves à des routines d’action. Il en va ainsi de syllabe, très souvent associé à « faire ses syllabes » ou encore de phrase associé à « remplacer l’énoncé oral par un modèle de phrase SVO ». Sur le plan didactique, la confrontation des démarches entre des classes plutôt axées sur le code et des classes plutôt centrées sur les dimensions textuelles montre que certaines pratiques renvoient à un savoir professionnel commun à tous les enseignants (ainsi l’accent de focalisation qui souligne certains autonymes) et que d’autres varient selon le type de classes. Tout au long de cette recherche, et de plus en plus, s’affirme l’écart entre le rapport oral à la langue et le rapport « second » à la langue dans lequel les élèves doivent entrer pour réussir à l’école. Il apparait que les enseignantes privilégient un rapport avant tout commode et pratique dans lequel l’usage de l’autonymie, sans présentateur par exemple, peut poser des problèmes ou encore dans lequel le discours sur les mots prend trop souvent la forme d’un discours sur les choses. Or, il est essentiel d’aider les élèves à développer une attitude métalinguistique qui soit dégagée de l’usage vécu de la langue. (Source : l’auteur )

Gisèle Kahn





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