Mesdames, Messieurs, Biloutes, La France n’est plus ! Vive
Ch’timi Land !
« Ch’timi Land » depuis qu’un certain Dany Boon a converti
par son film un pays entier à la cause du Nord… Ah ! La force
des images, le pouvoir des mots !
Qui aurait pensé, en février 2008, au moment de la sortie de
Bienvenue chez les Ch’tis, que cet acteur, réalisateur et comique, allait
révolutionner le paysage cinématographique français en détrônant
le record absolu hexagonal atteint par La Grande Vadrouille avec
plus de 17 millions de spectateurs depuis 1966… Et bientôt plus que
Titanic et ses 20 millions ? Qui ? Personne ! À commencer par Dany
Boon lui-même qui n’en espérait pas tant pour son histoire d’un
responsable de la Poste « sudiste », comprenez de Salon-de-Provence,
muté dans le Nord, à la frontière avec la Belgique… à Bergues !
Les voix du cinématographe sont impénétrables, ou du moins,
surprenantes. Mais, que voulez-vous, un récit simple, des acteurs au
mieux de leur forme, des dialogues ciselés, des idées reçues revues et
corrigées, une ambiance bon enfant débonnaire, et quelques ingrédients
typiques, ont eu raison d’un public au moral en berne. C’est
connu, « quand le pouvoir d’achat est bas, au cinéma tu rigoleras » !
C’est ce qui s’est passé. Le succès des Ch’tis est aussi à chercher dans
la réhabilitation des langues locales et du fait régional en France,
et dans l’utilisation de clichés récupérés, retravaillés et inversés
autour des « provinciaux » encore écrasés par Paris… C’est donc
une belle aventure plurilingue à exploiter en classe. Car Les Ch’tis
montre que la rencontre de l’autre passe par la reconnaissance de
sa langue, et qu’au-delà des clichés sur la pluie incessante, le froid,
les engelures, la sauvagerie et l’alcoolisme des Ch’tis, se révèlent
un accueil, une poésie et une générosité sans égal.
Si le premier long métrage de Dany Boon, La Maison du bonheur,
avait obtenu un joli succès d’estime, on est loin, très loin
du « carton » de ce deuxième essai, plus que transformé !
Il faut se laisser bercer par ce « chuintage » qui émaille la
prononciation de tout bon Ch’ti et que le Parisien, le Nantais,
le Marseillais, est en train de reprendre à son compte dans les
dîners en ville. Car c’est un phénomène de société… À Bergues,
la ville du tournage – plus flamande que ch’tie ! – on a même
instauré un « Ch’ti Tour » qui permet de découvrir les beautés
locales et les lieux de tournage du film.
Le DVD est attendu en octobre 2008. En attendant, le film fait
un tour du monde des salles, et les spectateurs sont cholaïlles
(morts de rire) !
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