Articles

· FdM 366
· FdM 365
· FdM 364
· FdM 363
· FdM 362
· FdM 361
· FdM 360
· FdM 359
· FdM 358
· FdM 357
· FdM 356
· FdM 355
· FdM 354
· FdM 353
· FdM 352
· FdM 351
· FdM 350
· FdM 349
· FdM 348
· FdM 347
· FdM 346
· FdM 345
· FdM 344
· FdM 343
· FdM 342
· FdM 341
· FdM 340
· FdM 339
· FdM 338
· FdM 337
· FdM 336
· FdM 335
· FdM 334
· FdM 333
· FdM 332
· FdM 331
· FdM 330
· FdM 329
· FdM 328
· FdM 327
· FdM 326
· FdM 325
· FdM 324
· FdM 323
· FdM 322
· FdM 321
· FdM 320
· FdM 319
· FdM 318
· FdM 317
· FdM 316
· FdM 315
· FdM 314
· FdM 313
· FdM 312
· FdM 311
· FdM 310
· FdM 309

La revue
Je m'abonne
Actualités
Le FDLM et vous

CLE     FIPF
Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

Vous êtes dans la section : Accueil > Articles > FdM 357

Lavilliers, un samedi soir à Beyrouth



Après Carnet de Bord (2004), Bernard Lavilliers revient avec un dix-huitième album baptisé Samedi soir à Beyrouth. Disque aux ambiances orientales mêlées de sonorités reggae pour ce chanteur voyageur, observateur acerbe de son époque.

Mai-juin 2008 - N°357



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Bernard Lavilliers se bonifie avec le temps. Le plus voyageur de nos artistes hexagonaux pose ses valises dans les pays qu’il aime, s’en imprègne, et en rapporte ce qui l’a séduit. À soixante ans passés, il rompt aujourd’hui un silence de quatre ans en publiant un disque reggae soul enregistré dans les mythiques studios de Kingston et de Memphis. La chanson « Samedi soir à Beyrouth » (qui donne son titre à l’album) a été écrite dans la capitale libanaise en 2006. À cette époque, des émeutiers avaient incendié le consulat du Danemark suite à l’affaire des caricatures et ravagé des vitrines dans le quartier chrétien d’Achrafieh. « Les Libanais sont des gens assez particuliers. Il ne faut pas leur parler de la guerre, c’est mal élevé. J’ai essayé de retraduire ça dans les chansons. En permanence, il y a une guerre en latence chez eux : des deuils non assumés, des histoires de clan en plus des histoires de religion. Et en même temps, ils font la fête comme personne, ont un besoin intense de vivre. » Mais n’allez surtout pas croire que ce dernier album de Lavilliers soit exclusivement consacré à l’Orient. Comme d’habitude, il est musicalement une incitation au voyage : reggae authentique de la Jamaïque avec « Rafales », patois brésilien avec « Distingué », mais aussi ironie sur la valeur du travail dans « Bosse » qu’il dédie à son père. Une allusion très claire au slogan de Nicolas Sarkozy, « Travailler plus pour gagner plus ». « Dans cette chanson, je fais le tour d’un employé modèle qui croit à l’ascension sociale, à la compétence. Mais en réalité s’il ne bénéficie pas de privilèges, il déchantera très vite. » Car le Stéphanois n’a pas oublié ses origines modestes : un père ouvrier dans une manufacture d’armes locale, une mère institutrice. C’est en pratiquant le métier de tourneur de métaux entre 1962 et 1965 qu’il écrit ses premières chansons, organisant de petits concerts à Saint-Étienne et dans la région, avec peu de moyens. Quelque temps après, il fuit cet environnement gris, en partant pour le Brésil, essayant sans succès de devenir docker. Puis il fait cap au Nord : Salvador de Bahia, puis Belem, comme chauffeur de camion. Fin 1967, il vient à Paris et commence à chanter dans des cabarets. Un directeur artistique le remarque : il lui fait faire deux 45 tours et un album, très infl uencés par Léo Ferré. Le deuxième album Les Poètes parait en 1972, et lui vaut une certaine notoriété, confirmée trois ans plus tard avec Le Stéphanois. La vraie consécration intervient en 1976 avec Les Barbares. Il fait un triomphe en octobre 1977 à l’Olympia. Au fil des ans, le succès ne se démentit pas. Aujourd’hui, Samedi soir à Beyrouth oppose la férocité des mots à l’indolence du reggae, sa musique de prédilection. « Ce disque est politique, mais je n’appuie pas sur les effets. Le reggae a ceci de nonchalant qu’il permet de dire des choses sans avoir à forcer le trait. »

Edmond Sadaka





Accueil   -   La revue   -   Services   -   Articles en ligne

Brèves
   -   Archives   -   Contact


© Le français dans le monde  2002
Tous droits réservés