Le vote de la convention sur la diversité
culturelle à l’UNESCO a introduit
un ferment nouveau dans la mondialisation
triomphante dont on n’a pas encore
mesuré les effets. Les identités sont multiples.
Il était à craindre qu’elles soient nivelées
par une uniformisation venue de la
culture dominante. Les mouvements identitaires,
partout à l’oeuvre dans le monde,
prouvent que, loin d’altérer les différences,
la mondialisation a pour effet de faire surgir
la revendication d’identités de manière
forte et souvent violente. Cet attachement
à ses racines est totalement justifié. Et tout
individu a le droit et le devoir de cultiver
l’attachement à ses origines et d’en être
fier. C’est le socle solide à partir duquel chacun
peut s’ouvrir aux autres cultures. Dans
cet approfondissement de ses fondements,
la langue joue un rôle de premier plan. Bien
connaitre sa langue et sa culture fournit
l’assise nécessaire pour s’ouvrir aux autres
langues et aux autres cultures.
Identités diverses et
valeurs communes
La question du rôle de la langue dans
l’intégration et la participation citoyenne
sera traitée par Rachida Azdouz, vicedoyenne
de la faculté de l’Éducation permanente
de l’université de Montréal. Le
linguiste, Bernard Cerquiglini1, dont les
professeurs connaissent bien les chroniques
régulières « Merci professeur » qu’il
assure sur « Apprendre et enseigner avec
TV5 » et qui est actuellement recteur de
l’Agence universitaire de la Francophonie,
lui fera écho en traitant des enjeux sociopolitiques
attachés aux identités francophones.
En effet, si les identités sont par
définition diverses, elles peuvent se regrouper
autour de valeurs communes ; c’est
dans cette alliance de mots que l’adjectif
franco phone prend tout son sens.
L’ouverture aux autres, la tolérance et
le respect de l’autre font partie des valeurs
essentielles de la francophonie.
Apprendre la langue du voisin, et celle du voisin
de son voisin rapproche les peuples
et apparait comme un élément de paix.
Aussi le rôle des professeurs de langue
est-il essentiel pour faire vivre ces identités
francophones.
Les enseignants
à l’honneur
De nombreuses personnalités aborderont
donc la question sous l’angle des
enjeux pédagogiques et didactiques.
Claude Germain et Joan Netten, spécialistes
de la didactique des langues secondes
et de l’éducation en français
au Canada, exposeront l’implantation
en milieu scolaire canadien d’un nouveau
type de régime pédagogique en
français langue seconde : le français
intensif. Quant à François Mangenot2,
professeur spécialiste du multimédia
à l’université Stendhal de Grenoble, il
exposera les possibilités nouvelles offertes
aux enseignants par les nouvelles
technologies. Pour faire contrepoint à ce
discours sur fond de logiciel, la venue
d’Alain Mabanckou emmènera l’auditoire
du côté des enjeux culturels et littéraires.
Alain Mabanckou a reçu le grand
prix littéraire d’Afrique noire (1998), le
prix des Cinq continents (2005) pour ses
romans3. Il est aussi professeur, puisqu’il
enseigne au département d’études francophones
et de littérature comparée à
l’université de Californie, Los Angeles.
Enfin, c’est Conrad Ouellon, président
du Conseil supérieur de la langue française
du Québec, qui prononcera la conférence
de clôture. Linguiste de formation,
Conrad Ouellon possède une vaste expérience
dans l’enseignement, la recherche
et l’administration universitaires.
Voilà que le
rideau commence
à se lever sur
les surprises qui
vous attendent au
Congrès de Québec.
Il ne s’agit là que
des conférences
plénières actuellement
programmées. Bientôt les organisateurs
vous en diront plus sur les grands
axes du congrès et les contenus qui vous
y seront proposés.
Notes
1.Pour retrouver l’ensemble des chroniques de
B. Cerquiglini, reportez-vous sur le site :
TV5.org/lf/langue_francaise.php
2. François Mangenot a coordonné avec Charlotte
Dejean-Thircuir le n°40 du Français dans le
monde Recherches et Applications (Juil. 2006) :
« Les échanges en ligne dans l’apprentissage et
la formation ».
3. Né au Congo Brazzaville, A. Mabanckou a publié
Bleu, Blanc, Rouge (Présence africaine, 1998),
Verre cassé (Seuil, 2006) et Mémoires de porc-épic
(Seuil, 2006).
|