À l’origine, une école pionnière :
l’école Garcia de Orta de Porto
(collège et lycée) qui commence à
la rentrée 2003 à expérimenter des sections
européennes de langue française dans le
cadre d’un projet d’établissement. À la
rentrée 2005, elle sera suivie par l’école
Mario Berão de Beja (collège).
Le protocole de coopération éducative
francoportugais signé le 10 avril 2006 à Paris
par les deux ministres de l’Éducation prévoit
que sept établissements sont autorisés à créer
des sections européennes de langue française
(un établissement pour chacune des Directions
régionales de l’Éducation continentales (DRE)
en plus des deux écoles pionnières), dans le
cadre d’une expérimentation officielle.
Une réunion mixte en avril 2007 élargit
le projet à sept nouveaux établissements à
la rentrée suivante. Un arrêté du 3 juillet
2007 définit le « modèle » expérimenté sur
un cycle de trois ans afin qu’il soit amélioré
et validé à partir de la rentrée 2009. Il
prévoit un accompagnement pédagogique
des DRE articulé avec celui de l’équipe de
Coopération linguistique et éducative (CLE)
de l’ambassade de France (sous forme de
suivi, matériel éducatif, formation) et une
évaluation deux fois par an à la fin du 1er
et du 3e trimestre, par les DRE, la Direction
générale de l’Innovation et du Développement
curriculaire (DGIDC) et le Service des Relations
internationales du cabinet d’Évaluation
et de Planification de l’Éducation (GEPE) du
ministère portugais de l’Éducation
1.
Implantation
et fonctionnement
Les sections européennes sont implantées
dans le 3e cycle de l’école de base
(EB3), de la 7 e à la 9 e (correspondant au
collège français de la 5 e à la 3 e) et dans
l’école secondaire (ES), de la 10e à la 12e
(correspondant au lycée français de la 2nde
à la terminale) selon le modèle suivant :
– renforcement de l’horaire de français par
un cours supplémentaire ;
– cours d’une ou deux disciplines non linguistiques
(DNL) en français qui suit le
programme portugais ;
– validation par un certificat
spécifique annexé au
diplôme de fin d’études
de base ou de fin d’études
secondaires et possibilité
de se présenter
au DELF scolaire A2, B1
ou B2.
Les DNL actuellement
enseignées dans les
écoles sont l’histoire, la
géographie, l’éducation
visuelle, l’éducation technologique,
les mathématiques,
la philosophie, la physiquechimie,
l’éducation civique
et l’éducation physique.
Quant aux écoles participant à ce programme,
elles sont réparties dans les différentes
régions du pays. Au total : quatorze
établissements, vingt-cinq sections et quatre
cent soixante élèves sont concernés.
Regards critiques
Au Portugal, les écoles secondaires où
est enseigné le français ont pu bénéficier
d’atouts importants. Dans chaque établissement,
il existe des professeurs de DNL
parfaitement francophones, ayant souvent
vécu en France une partie de leur vie. De
plus, ces sections sont, pour le moment, les
seules à fonctionner dans le système éducatif
portugais, ce qui valorise le français. Enfin,
l’autonomie grandissante des établissements
scolaires permet d’attribuer des heures pour
la concertation entre les professeurs de langue
française et ceux de DNL.
Même si au troisième cycle de l’école de
base (entre 12 et 15 ans), il arrive que l’on
commence la DNL en français en même temps
que l’apprentissage de la langue française, il
est plus favorable, d’après les enseignants,
de monter une section européenne au collège
plutôt qu’à l’école secondaire à cause des
horaires et des curricula plus souples. Le
renforcement en français se fait souvent en
salle multimédia, en utilisant Internet.
Les difficultés rencontrées dans la mise
en place de ces sections tiennent surtout
aux emplois du temps très chargés des élèves,
surtout à l’école secondaire, mais aussi
à la charge de travail des enseignants qui
entrave parfois la concertation, sachant que
tout projet de conception de matériel pour
les DNL est très « chronophage » (travailler
en français à partir du programme portugais
rend le matériel existant sur le marché
éditorial inexploitable car inadapté).
Le temps d’expérimentation (un cycle
scolaire, c’est-à-dire trois ans), nécessaire
à une évaluation sérieuse du projet et aux
ajustements du modèle avant validation,
freine le développement actuel. Certaines
écoles souhaiteraient recommencer
à mettre en place une nouvelle première
année du cycle et de nombreuses écoles
n’ayant pas pu être acceptées dans l’expérimentation
attendent avec impatience
la rentrée 2009.
Les coordinatrices des différents projets
d’établissement suggèrent déjà des
ajustements nécessaires. Elles souhaiteraient
pouvoir animer le cours de DNL
en français à deux voix. Elles suggèrent
également d’ajouter un renforcement de
la DNL en français grâce à un horaire
extracurriculaire… Mais cette demande
pose des problèmes d’organisation des
emplois du temps.
L’accompagnement
pédagogique des
sections européennes
L’équipe du service de Coopération et
d’Action culturelle (Françoise Tauzer-Sabatelli,
Valérie Bello et Frédéric Frament, Dulce
Job) a mis au point un accompagnement
soutenu.
Des visites trimestrielles dans les établissements
sont organisées en articulation
avec les Directions régionales de
l’Éducation, et des contacts réguliers sont
maintenus avec les enseignants.
Une journée annuelle de réflexion,
d’échanges et de formation est organisée
pour tous les professeurs de français et
de DNL ; elle est animée par des experts
français, comme Jean Duverger, et bénéficie
de la collaboration du Lycée français
de Lisbonne.
Des stages spécifiques en France sont
proposés aux enseignants. En 2006/2007,
dix professeurs ont été accueillis au CIEP
de Sèvres, quatre à Atalante Innovations
de Limoges, deux au CLA de Besançon, et
quatre professeurs ont participé à un stage
régional à Madrid.
Du matériel pédagogique pour les
cours de français renforcé et pour les
DNL en français, ainsi que du matériel
de diffusion du français (concours et
exposition à l’occasion de la Fête de la
francophonie…) sont fournis aux établissements.
Le perfectionnement linguistique des
professeurs de DNL est pris en charge par
l’ambassade, en liaison avec le réseau des
Alliances françaises.
Des échanges éducatifs avec des
écoles en France sont mis en place,
notamment dans le cadre des jumelages
de régions (Bordeaux/Porto par exemple)
: correspondance électronique, mais
aussi rencontres avec d’autres écoles
en Europe.
Enfin, toutes les écoles du projet
participent à l’organisation de la première
Fête des sections européennes qui se tiendra
le 9 mai 2008, et qui réunira tous les
enseignants et les élèves concernés à Tocha
pour des activités tant ludiques que sportives,
des expositions et des spectacles
préparés par toutes les sections.