Ils étaient tous là ! Dix-neuf pays (dont
onze du monde arabe) réunis sous la
coupole de l’université du Caire, qui fêtaient
son centenaire. Près de 400 participants !
Alors qu’il avait été reporté de Beyrouth
au Caire pour des raisons de sécurité, ce
premier congrès de la Commission du monde
arabe (CMA) de la FIPF a été unanimement
applaudi. À la tribune, Boutros Boutros
Ghali, ancien secrétaire général de la Francophonie,
a mis en garde contre une mondialisation
génératrice de tensions identitaires,
de repli sur soi, de fanatismes pour
rappeler l’urgence de continuer le dialogue
entre les deux langues, les deux cultures
dans un souci d’égalité et de réciprocité. « Les
professeurs permettent des échanges réels
à encourager dans la perspective de l’Union
méditerranéenne », a souligné Jean-Paul
Rebaud, sous-directeur du français au
ministère français des Affaires étrangères.
Xavier North, du ministère français de la
Culture, a rappelé comment l’arabe et le
français, langues d’influence internationale
comparable, se sont rapprochés pour se
constituer un patrimoine commun par la
traduction, l’enseignement et le métissage.
Il ne peut y avoir de politique linguistique
sans prendre en compte la relation qu’entretiennent
les langues entre elles. Enfin,
Dario Pagel a appelé tous les pays arabes
à rejoindre la FIPF pour relever le défi de
la massification du français.
Tintin au pays des mille et une nuits
Quatre jours durant, les congressistes
n’ont pas chômé. De haute tenue universitaire,
l’arabofrancophonie a été abordé
sous l’angle littéraire (quinze interventions,
avec des thèmes récurrents comme
l’amour ou les femmes), didactique en proposant
des outils, de nouvelles approches,
telles que « Tintin en Arabie, les représentations
de l’arabe chez Hergé », par Issam
Marzouki. En fil conducteur, la complémentarité
entre les langues, l’éducation interculturelle
dont les professeurs de français
sont les premiers relais.
En clôture, Sophie Salloum, présidente
de l’Association libanaise, a insisté sur les
difficultés à enseigner le français, l’inadéquation
des manuels et des programmes,
l’insuffisance de la formation des enseignants.
Tandis que Jean-Pierre Cuq louait
le professionnalisme passionné des enseignants.
Dans les recommandations, la création
d’un « Erasmus » francophone pour
favoriser la mobilité étudiante et enseignante
vient en priorité, suivi par le développement
des jumelages entre établissements et la
mutualisation des savoirs. Premier résultat :
le ministère égyptien de l’Éducation s’est
engagé à enseigner le français dès le collège
dans les écoles gouvernementales.
L’évènement a connu une couverture
médiatique remarquable avec El Watan
venu d’Alger, et Al Ahram sur place. Quant
aux congressistes, ils repartaient tous en
feuilletant le supplément du Français dans
le monde, offert pour l’occasion par la Francophonie
et la maison d’édition Dar El
Nashr : Francophonies arabes (déc. 2007).
Ce rassemblement n’a pas non plus oublié
les festivités : le premier soir au pied des
pyramides, le second dans les jardins de la
citadelle du Caire, le troisième sur le Nil et
le dernier au consulat de France puis à la
Bibliothèque d’Alexandrie, où des danseuses
charmaient les enseignants. Un grand
congrès panarabe et francophone !
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