Brésil
Le français, lieu de rencontres
et d’échanges
Le XVIe Congrès brésilien des professeurs de français a eu
lieu à João Pessoa, du 4 au 9 novembre 2007, avec pour thème
« La langue française : lieu de rencontres et d’échanges ». La
Fédération brésilienne des professeurs de français (FBPF) et
l’Association des professeurs de français de l’État de Paraíba
ont proposé cinq différents volets pour le développement de ce
thème, comprenant tous les champs d’action des professeurs
de français : les politiques linguistiques, la didactique, la linguistique,
la littérature et la traduction. Le congrès s’est ouvert
par une conférence de M. Dario Pagel sur l’importance de la
langue française comme vecteur de la modernité. Jean-Louis
Chiss, Francine Cicurel, François Wioland, Édith Madeleni sont
également intervenus, et c’est par une allocution très touchante
que l’écrivain Dany Laferrière a clôturé ces rencontres.
Ce congrès, qui a réuni plus de 400 participants, représentants
de presque toutes les universités brésiliennes enseignant
le français, a été pour tous l’occasion de se rapprocher de ses
dynamiques voisins français de la Guyane et aussi de discuter,
dans un forum animé par M. Patrick Chardenet (AUF), des
problèmes concernant la recherche scientifi que en et sur le
français au Brésil. L’un des résultats importants de ce forum
a été le renforcement de l’idée lancée par M. Serge Borg de la
création d’un Forum international des centres universitaires
de langues consacrés entièrement ou partiellement au français.
Ce forum sera inauguré pendant le congrès de Québec 2008.
Le Québec, d’ailleurs, était représenté par M. Robert Laliberté,
venu présenter les actions de l’AIEQ, et par Mme Geneviève
Leidelinger, qui a exposé les propositions et les préparatifs pour
le congrès mondial de la FIPF. Pour la FBPF, cette rencontre a
été l’occasion de moderniser ses statuts, apportant ainsi plus
de souplesse et de dynamisme dans son fonctionnement.
Ce congrès a permis de dresser un panorama assez fi dèle
de la présence du français au Brésil, dans les écoles publiques
des municipalités de Rio de Janeiro, Porto Alegre, São Paulo
et Macapá ; dans les écoles de langue, notamment l’Alliance
française, ou encore dans les universités qui avaient envoyé non
seulement leurs professeurs, mais aussi leurs étudiants de cours
de Lettres ; ceux-là même qui assureront demain la relève.
Costa Rica
Miser sur la formation continue
L’Association costaricienne des professeurs de français (ACOPROF)
a organisé du 3 au 7 décembre 2007 son séminaire national,
en partenariat avec le ministère de l’Éducation publique, la
Coopération éducative de l’Ambassade de France, l’Université du
Costa Rica et l’Université nationale. S’appuyant sur la politique
d’innovation éducative mise en place par le ministère, l’objectif
était de contribuer à la formation continue des professeurs costariciens
en leur fournissant des stratégies et des méthodologies
actualisées et créatrices pour rendre plus effi cace leur cours de
langue. Parmi les thématiques qui ont été proposées pendant la
rencontre, on peut mentionner, entre autres, les stratégies pour la
classe de FLE, l’évaluation de l’expression et de la compréhension
orale, l’évaluation du français selon les politiques ministérielles,
les stratégies d’innovation dans la classe de FLE, etc.
M. Jean-François Tremblay et Mlle Christine Savard de la Coopération
québécoise ont entretenu les professeurs sur la culture
et la société québécoises et, grâce au soutien de la Coopération
française au Costa Rica, M. Philippe Lane de l’Université de
Rouen a abordé la délicate question de l’évaluation du français.
Enfi n, un professeur de chaque pays d’Amérique centrale a
proposé un atelier.
L’action conjointe de tous les acteurs de l’enseignement du
français au Costa Rica a constitué un gage de réussite de ce
séminaire. Les enseignants costariciens, nombreux, ont ainsi
pu témoigner de leur attachement au français et contribuer à
l’amélioration de l’éducation costaricienne comme au maintien
des qualités de cette merveilleuse langue que nous aimons tant,
le français.
États-Unis
Grande foire des langues à San Antonio
San Antonio : ses
cow-boys, son Fort
Alamo où Davy Crockett
repoussa Mexicains et
Indiens en 1836, sa rivière
touristique où les
restaurants proposent
au choix hamburgers ou
tacos Tex-Mex… C’est
là que l’ACTFL, Conseil
pour l’enseignement des
langues, l’Expolangues
états-uniens, a tenu son
congrès annuel du 16
au 18 novembre 2007.
Toutes les langues
étaient à vendre, de
l’espagnol au japonais,
de l’allemand à
l’italien, tenant conférences et ateliers. Une vraie foire laissant
place entre les stands à des animations folkloriques : Japonais
déguisés en cow-boys et chantant de la country, Mexicains
dansant sur du rock, légionnaires italiens… Mais c’est surtout
le chinois qui s’offrait la part du lion, occupant l’espace en force.
Avec une majorité d’enseignants de français venus pour l’occasion
des quatre coins des États-Unis, le pavillon français, tel un
irréductible village résistant au déguisement, n’était pas en reste !
Regroupée autour de l’Ambassade de France aux États-Unis, de
l’Alliance française, des éditeurs, de TV5Monde, l’Association
des professeurs de français des États-Unis (AATF) organisait sa
grande tombola. À la clef, un voyage à Paris et un autre à Liège.
Car c’est en Belgique, du 16 au 19 juillet 2008, que les professeurs
états-uniens se retrouveront pour leur prochain congrès annuel.
Ainsi vogue le français par-delà l’Atlantique !
Pologne
Quand le texto se met au service
du français…
Le texto peut-il servir le français ? C’est la question à
laquelle tente de répondre Joanna Jaros, professeur à l’Université
de Zielona Gora en Pologne dans le dernier numéro de la revue
de l’Association des professeurs de français de Pologne,
Prof
Europe. Suite à l’engouement important des jeunes pour cette
forme de communication, Joanna
Jaros s’est dit qu’elle pouvait se
servir de ces messages SMS (ou
minimessages ou encore textos)
pour permettre un meilleur apprentissage
de la langue… Le
texto comme appât. Exemple :
une jeune élève lui a présenté un
texto qu’elle venait de recevoir.
Il était écrit : « slt Tpasfâché ?
jSpR ktu vabi1 kwa d’9 ? rstp ».
Décrypté en français mieux structuré,
on a : « Salut. Tu n’es pas
fâché ? J’espère que tu vas bien.
Quoi de neuf ? Réponds, s’il te
plaît. » En entrant dans la langue
par une forme plus attractive pour les jeunes, on peut par la suite
faire passer les règles essentielles. C’est ainsi que Joanna Jaros,
s’inspirant d’informations puisées sur le site Wikipedia, a présenté
à ses élèves trois procédés servant à raccourcir les phrases et les
mots et ainsi envoyer plus facilement des textos : ces procédés
sont la phonétisation, le rébus typographique et l’abréviation. Et
a continué, dans certaines situations, à proposer à ces élèves des
enseignements plus gais, humoristiques, pour mieux aborder par
la suite le français académique, dans toute sa complexité.
Prof Europe
Association des professeurs de français en Pologne
Malgorzata Piotrowska-Skrzypek, présidente
Mél :
profeurope@profeurope.pl
République tchèque
Quelle stratégie pour les langues
étrangères ?
On le sait, 2008 est l’Année internationale des langues proclamée
par l’ONU et l’Année européenne du dialogue interculturel
proclamée par la Commission européenne. En République tchèque,
l’association des professeurs de français en profi tera pour
co-organiser les 7 et 8 février 2008, à l’Université de Bohême
de l’Ouest dans la ville de Plzen, un colloque international dont
le but est de promouvoir le plurilinguisme et l’interaction entre
les différentes langues. Le Département des langues romanes
de la Faculté des Lettres de l’Université de Bohême de l’Ouest,
l’Ambassade de France, l’Association Gallica et le Cercle des
philologues modernes seront ses partenaires. Ces assises, dont
le thème est « Le français, deuxième langue étrangère/La didactique
des langues étrangères », sont d’autant plus importantes
que le français est devenu dans la pratique scolaire du pays la
deuxième langue étrangère. Les participants devront donc rechercher
des stratégies d’enseignement appropriées à leur contexte
d’enseignement et pourront aussi bénéfi cier des échanges avec
les participants des autres pays dans la perspective de mettre sur
pied une didactique intégrée des langues étrangères.
Thaïlande
Grande mobilisation locale
pour le français
À l’occasion du quatre-vingt-quatrième anniversaire de Son
Altesse Royale la Princesse Galyani, l’Association thaïlandaise
des professeurs de français (ATPF) – dont c’était le trentième
anniversaire – a organisé, avec le soutien du ministère thaïlandais
de la Culture et l’Ambassade de France en Thaïlande, le deuxième
colloque international de français de Bangkok. Le thème était « Le
français comme médiateur de la diversité culturelle et linguistique
». Ces assises ont connu une grande mobilisation locale,
notamment grâce à la présence, lors de la cérémonie inaugurale,
du Premier ministre thaïlandais qui s’est engagé à défendre le
français dans le pays. Malade et alitée, la Princesse Galyani, très
infl uente présidente d’honneur de l’ATPF, n’a pu être présente
physiquement ; toutes les pensées des congressistes étaient
portées vers son prompt rétablissement. Sur le plan scientifi que,
outre les conférences des professeurs Claude Hagège du Collège
de France, Pierre Martinez de l’Université Paris VIII et Sylviane
Cardey-Greenfi eld de l’Université de Franche-Comté, plus de
quatre-vingts communications touchant l’enseignement de la
langue (politiques linguistiques, stratégies didactiques, culture
et littérature, français sur objectifs spécifi ques, médias, etc.) ont
également eu droit de cité, en plus des trois tables rondes sur « le
rôle des associations de professeurs de français », « la situation et
l’avenir du français en Asie du Sud-Est » et « le français comme
médiateur de la diversité culturelle et linguistique ».
ATPF
Son Altesse Royale Princesse Galyanivadana,
présidente honoraire
Mél :
atpf25@yahoo.com