Second Life est l’un de ces espaces virtuels, sur internet, où chacun peut créer son double façon bande dessinée, un avatar... Et le faire évoluer dans un décor en 3D peuplé d’autres personnages. Le site annonce près de six millions de « résidents » au monde, dont une bonne part n’y a séjourné que quelques heures. Quelques centaines de milliers y seraient, en revanche, connectés en permanence. Pourtant, la promenade dans ce cyberunivers est fastidieuse pour les non initiés, et chronophage. Il faut télécharger le monde virtuel pour qu’il s’installe sur son ordinateur, puis créer son avatar en recourant à une panoplie (sexe, apparence physique, vêtements, maquillage et coiffure, accessoires) avant d’y faire ses premiers pas. Si beaucoup renoncent, c’est qu’une présence quasi quotidienne exige de la disponibilité, une bonne connexion à internet et la capacité à se déplacer dans les méandres d’un univers complexe !
Le « virtual business »
Second life est souvent présenté comme un nouvel eldorado où tout s’achète et tout se vend, ce que les spécialistes appellent dorénavant le v-business, le marché virtuel. À coups de « Linden dollars », la monnaie locale (du nom de la société Linden Lab, créatrice du projet), les avatars se logent, s’habillent, se restaurent… La confiance dans la pérennité de cet univers est donc bien réelle, car ces acquisitions restent cantonnées dans le cybermonde. IBM, Adidas, Dell, Nissan, Mazda, Fox, Budweiser y ont implanté des bureaux. Renault F1 et l’organisme de crédit Cetelem viennent d’annoncer leur arrivée. Lacoste, Jean Paul Gaultier, Dior Joaillerie y ont pignon sur rue. Selon le webzine américain Cnn Money, des avocats virtuels reçoivent leurs clients sur Second Life, et assurent des consultations (sur des questions de brevets notamment). L’un d’eux aurait commencé à gagner de l’argent – ainsi que des clients – dans la vie réelle. Enfin, cerise sur le gâteau du commerce, des objets acquis dans Second Life se revendent sur le site d’enchères ebay : virtuel pour virtuel, le dollar cesse d’être linden pour devenir réel. À titre d’exemple, un bon de 10 000 linden dollars se vendait récemment 33 euros. Et le transfert n’est guère coûteux, d’un site internet à un autre…
Un engouement médiatique
Des ministres se promènent dans les rues de Second Life, des journalistes y mènent des enquêtes. Car les médias se passionnent pour Second Life, au point d’y envoyer des reporters réguliers ou d’y tenir un bureau permanent, à l’instar de l’agence Reuters. Les médias concourent pour beaucoup au succès de ce monde virtuel et relaient avec plaisir les informations qu’ils reçoivent. Car les communiqués se multiplient. Un mémorial a été érigé en mémoire des victimes de la tuerie de Virginia Tech, aux États-Unis. La Suède a annoncé en janvier dernier qu’elle y ouvrirait sa première ambassade virtuelle, lançant sans doute une mode durable pour d’autres pays soucieux. Les Maldives ont inauguré en grandes pompes, fin mai, leurs bâtiments officiels, à Genève.
Pourtant, ces mondes virtuels sont plus nombreux que ne le laisse croire le marketing intelligent de Second Life. Entropia, There, Habbo Hotel sont installés sur ce créneau, que la chaine de télévision française Canal + avait visé très tôt, en 1997, en bâtissant le Deuxième monde, abandonné en 2001 alors qu’il affichait près de 20 000 résidents. Un succès d’estime pour l’époque, des visionnaires qui ont fait école loin de l’Hexagone !
Les brèves du multimédia
Alibi sur mesure via Internet
Les menteurs professionnels sont désormais susceptibles de se faire aider, non psychologiquement, mais professionnellement : un retard ? une envie de farniente ? Il suffit d’un abonnement et une personne (bien réelle) passe vos coups de téléphone, crée des réservations d’avion, etc., pour arranger vos affaires. Ces sites ont fleuri ces derniers mois (misteralibi.be en Belgique, alibi-gagnant.com et, plus récemment alibinetwork.com), signe qu’ils remplissent un besoin !
Pourquois.com
Près de 700 questions et autant de réponses sur Pourquois.com, un site qui répond aux petites interrogations quotidiennes. Lancé il y a trois ans, il permet à la fois de déposer son "pourquoi" et de rédiger la réponse qui convient, soit 150 environ par semaine, filtrées par le webmaster. Classées en catégories, les pourquois portent souvent sur des expressions de la vie courante (casser sa pipe, boire à tire-larigot), mais peuvent être plus complexe (pourquoi y-a-t-il si peu de bleu dans la nature ?)
Revendiquant plus de 1 500 visiteurs par jour, Pourquois.com, destiné à l’origine aux enfants, a gagné un public beaucoup plus large, et ne cesse de se développer.
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