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Musique
Michel Polnareff : le retour attendu



Après trente ans loin des scènes, il a rempli le gigantesque Palais omnisports de Paris-Bercy du 2 au 14 mars 2007. Applaudi à Bruxelles, à Genève, il est en tournée dans toute la France jusqu’en juillet 2007. Retour triomphal pour Michel Polnareff.

Mai-juin 2007 - N°351



Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

« C’est une pou-pée é é/ Qui fait non non non no-on non » : c’est sur ce refrain que débute, en 1966, la carrière d’un chanteur beatnik aux longs cheveux et au regard doux, Michel Polnareff. Son immense talent pour les mélodies et le jeu de piano, sa voix exceptionnelle et les auteurs choisis (Pierre Delanoë, Jean-Loup Dabadie) en font un chanteur unique. De 1966 à 1972, il donne au public « Sous quelle étoile suis-je né ? », « Love me, please love me », « L’amour avec toi », « Le roi des fourmis », « Ta ta ta ta », « Âme câline », le remarquable « Bal des Laze », « Qui a tué Grand’Maman ? », « Tous les bateaux, tous les oiseaux » ou encore « On ira tous au paradis »…
Michel Polnareff nait le 3 juillet 1944 à Nérac, dans le sud-ouest de la France, en « zone libre ». Son père, d’origine russe, est pianiste, compositeur et chef d’orchestre : il accompagne Édith Piaf et Charles Trenet. Sa mère, d’origine bretonne, est danseuse. De retour à Paris, à cinq ans, il prend des cours de piano, sous l’influence autoritaire de son père. Il décroche à onze ans un premier prix de Conservatoire. À treize, grâce à un voyage en Angleterre, il découvre le rock’n’roll, dont l’influence ne le lâche plus. D’où des conflits avec son père et un départ de la maison familiale à vingt ans. Il rejoint la tribu des beatniks du Sacré-Cœur, à Paris.
Il part enregistrer à Londres avec Jimmy Page, guitariste et futur leader de Led Zeppelin… En 1966, il connait son premier gros succès grâce à la « Poupée qui fait non ». Suit un florilège d’autres titres, qui, grâce à leurs arrangements, à leurs violons parfois, et surtout à sa voix qui peut tout tenter, le sortiront de la masse des « chanteurs yéyé ». C’est en janvier 1970 que Polnareff gagne son premier Olympia en vedette. La même année, en juillet, alors que ses tenues excentriques le font passer aux yeux de ses détracteurs pour un homosexuel, il sort le mythique « Je suis un homme ». Tempête dans un verre d’eau aussi pour l’affiche de son Olympia d’octobre 1972 qui le voit poser les fesses à l’air…
En 1973, victime d’une forte dépression à la suite de la mort de sa mère, il se fait vider ses comptes en banque par son « homme de confiance », se retrouve poursuivi par le fisc, et fuit aux États-Unis. Tout autre serait fini. Mais il continue à produire des disques et saisit les occasions de venir en Europe. En 1978, il est mis hors de cause pour son affaire de fraude fiscale et sort Coucou, me revoilou. Il continue les allers-retours entre les États-Unis et l’Europe, et donne en 1985 un album remarquable, Incognito, très marqué par les rythmes électroniques : « Dans la rue », « Sur un seul mot de toi »… Cultivant l’art de l’apparition-disparition, il repart en Californie tout en fidélisant son public, grâce à des albums originaux, des compilations. L’intérêt du public ne se dément pas : les 140 000 places des dix concerts de Bercy se sont vendues en quelques jours. L’âge venant, Polnareff a découvert les vertus du body-building et sa silhouette a pris de l’épaisseur… Qu’importe, la magie opère toujours. Polnareff le mérite bien.

Jean-Claude Demari



Coffret de 5 CD : Les 100 plus belles chansons, Universal.



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