Deux cent trente participants sont venus de vingt-cinq pays au Congrès régional, dont vingt d’Asie-Pacifique, pour partager avec les invités d’honneur et les intervenants leur vision de la présence francophone en Asie-Pacifique. Les interventions, au nombre de quatre-vingt-huit, ont développé plusieurs thèmes : les grands axes de la politique francophone du gouvernement français dans le monde et dans la région ; les actions de l’OIF et de l’AUF en Asie-Pacifique ; la diffusion de la langue française en Asie-Pacifique ; l’importance des dimensions culturelles dans les enseignements de langue ; la variété des situations éducatives ; le besoin d’une préparation des apprenants au choc culturel expérimenté lors de leur poursuite des études en Europe ; la valorisation difficile du français sur le marché de l’emploi. Ces interventions s’organisaient autour de cinq conférences plénières, cinq tables rondes et vingt-sept ateliers.
Conquérir de nouveaux publics
De la politique en matière de francophonie du MAE français, nous retiendrons trois grands axes : la conquête de nouveaux publics, le développement des stratégies régionales ainsi que la création de dispositifs innovants (enseignement à distance, mutualisations régionales). En Asie, plusieurs actions sont envisagées : plan de formation pluriannuel en Chine, plan VALOFRASE de relance du français en Asie du Sud-Est. Les missions et les actions de l’OIF et de l’AUF ont pour objectif de renforcer l’expertise régionale en ingénierie de la formation, la coordination et les synergies dans différents pays, et de suivre les politiques régionales en matière de francophonie.
À partir des communications portant sur l’état des lieux et les problématiques de l’enseignement du français en Asie-Pacifique, nous pouvons constater des situations très contrastées, la part grandissante de l’enseignement privé et des Alliances Françaises dans la diffusion de la langue française. Parmi les propositions, nous retiendrons celle d’élargir l’enseignement de la culture française aux cultures francophones ou celle de faire du français la langue des échanges intellectuels.
Entre les partenaires institutionnels et les enseignants de français, les dix-neuf associations de la Commission Asie-Pacifique s’imposent de plus en plus comme des interlocuteurs privilégiés. Plusieurs d’entre elles ont fait des efforts pour générer leurs propres ressources, qu’elles réinvestissent ensuite dans les actions de soutien professionnel, de promotion de la langue française.
Des problématiques exposées, nous retiendrons des réflexions sur les représentations socioculturelles de la francophonie en Asie-Pacifique et les problèmes interculturels que rencontre l’enseignement du français dans cette zone géographique. La prise en compte des dimensions culturelles éducatives dans les enseignements du français semble être une préoccupation très forte des enseignants. Des adaptations méthodologiques et didactiques efficaces au service et dans le respect de l’autre s’avèrent par conséquent indispensables. Des interrogations transversales émergent aussi des communications : quelles peuvent être les finalités de l’enseignement du français comme deuxième langue étrangère ? Que privilégier, des dimensions utilitaires ou affectives ? L’atout maître de la langue française en Asie est-il dans la qualité plutôt que la quantité ? Notons également l’implantation des certifications internationales (DELF, DALF, TCF) et l’exploitation du Cadre européen commun de référence, qui ont pour but de créer une culture commune d’enseignement-apprentissage en vue d’une qualification accrue.
Instituer des synergies régionales
Les participants du Congrès de Taipei se souviendront toujours des échanges qui ont permis aux enseignants de français de la région de sentir qu’ils étaient unis par le partage d’une langue et d’une culture communes et qu’ils pourraient représenter une force certaine si des synergies régionales étaient instituées. Ils n’oublieront pas non plus la chaleur de l’accueil qu’ils ont reçu de l’Association des Professeurs de français de Taiwan et des étudiants venus des trois départements de français du pays (Universités Centrale, de Fujen et de la Culture chinoise). Leurs sourires, leur disponibilité les ont accompagnés tout au long du Congrès et faisaient l’effet d’un soleil2.
Nguyen Xuan Tu Huyen, Secrétaire générale de la Commission Asie-Pacifique
Notes
1. Voir site http://www.cap-fipf.com/archive.htm.
2. Remerciements à MM. Jean-Pierre Cuq, Liu Kuang-Neng et Jean-François Rochard pour leur contribution à cette synthèse.
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