Le Musée des Arts premiers, rien de moins qu’un gigantesque édifice pour rendre hommage aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Bâti selon les formes de la tortue, animal mythique occupant une place à part dans les cosmogonies animistes et polythéistes dont le musée accueille les œuvres sacrées, l’édifice est à la fois moderne et écologique. En s’émancipant des références de l’architecture européenne, l’agence Jean Nouvel, aidée par quelques grands noms tels que Issey Miyake Inc. ou Patrick Blanc, botaniste/chercheur au CNRS, a mis au point une structure aux géométries variables où se côtoient pénombre et lac de lumière, passerelles et murs de végétaux… Presque un lieu sacré, comme pour mieux exorciser le passé colonial attaché aux œuvres ou répondre à ceux qui s’étonneraient qu’on ait souhaité exposer des objets sacrés au grand public…
Un musée pour tous
C’est en 1998 que la décision fut prise de créer un musée totalement dédié à la promotion des cultures et civilisations non occidentales. Impulsé par la volonté de Jacques Chirac, le projet, et son budget colossal de 232,5 millions d’euros, ont été confiés tant aux acteurs de la Culture qu’à ceux de la Recherche… Un compromis pour mieux rassurer les scientifiques qui ne voyaient pas d’un bon œil l’ouverture d’un lieu où toutes les collections du Musée de l’Homme, outils de travail précieux qui leur étaient jusqu’ici quasiment réservés, tomberaient dans le seul domaine du « Beau ».
Le résultat laisse penser que chacun s’y retrouvera. Les visiteurs bien sûr, qui serpenteront le long d’un parcours en quatre temps (Asie/Afrique/Océanie/Amériques) parsemés de statuettes, tissus, sculptures, tableaux, instruments de musique, etc. Les scientifiques ensuite, qui pourront travailler en collaboration avec les départements du Patrimoine et de la Recherche du musée tout en bénéficiant des nombreuses ressources mises à leur disposition.
Des collections éclectiques
Des bandeaux de tête de femme quechua de Charazani, aux effigies rituelles de Papouasie-Nouvelle-Guinée, en passant par les instruments de musiques précolombiens ou certains carnets de voyageurs, le musée du quai Branly offre aux plus curieux un fonds diversifié, issu, pour une bonne partie, des collections du Musée de l’Homme et du Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie. Soutenu par une politique d’acquisition ambitieuse et une politique de mécénat culturel alléchante (une réduction d’impôts équivalente à 60 % des dons pour les sociétés mécènes), le fonds du musée s’est récemment enrichi. Reste à connaitre la provenance des œuvres… car si les routes du monde regorgent d’œuvres sacrées, une grande partie d’entre elles transitent d’abord par les mains de pilleurs…
Une cité culturelle
À côté des expositions temporaires internationales qui siègeront dans la galerie du jardin, d’expositions anthropologiques, d’expositions « dossier », de spectacles d’arts vivants, de colloques et conférences, le musée met à disposition de son public une médiathèque dotée d’un fonds de 250 000 imprimés et un portail documentaire où seront accessibles quelque 300 000 objets.
Un lieu de culture et de savoir qui, doté d’un système multimédia pour l’initiation et la compréhension des œuvres, accompagnera les non-initiés comme les plus érudits dans ses galeries incongrues. Munis de lunettes binoculaires, les connaisseurs pourront par exemple s’extasier devant une vue stéréoscopique et panoramique de deux sites archéologiques précolombiens : Palenque au Mexique et Choque K’Iraw au Pérou pendant que d’autres profiteront des informations de reportages et de documentaires rares…
Le public est gâté et ceci n’est qu’un début. Bientôt sera donné le coup d’envoi d’une saison haute en couleur qui débutera par l’exposition temporaire internationale « D’un regard l’Autre » le 18 septembre prochain. Une exposition retraçant la vision des Européens sur les mondes non occidentaux depuis le XVe siècle, comme pour souligner une dernière fois la vocation de ce musée : démontrer la relativité de nos regards sur l’Autre.
Informations pratiques
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h30, nocturne le jeudi jusqu’à 22h.
Tarif plein : 8,50 €/Tarif réduit : 6 €, possibilité d’achat de pass et d’adhésion annuelle.
Pour plus d’information, consulter le site www.quaibranly.fr
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