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Les énergies renouvelables



Alors que le monde découvre que le pétrole sera d’ici peu une denrée rare et chère, les énergies renouvelables s’imposent chaque jour un peu plus comme une solution viable, tant écologiquement que financièrement.

Mai-juin 2006 - N°345


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Le problème de l’épuisement progressif des ressources naturelles se pose tout particulièrement avec le pétrole. Il représente en effet 40 % de la consommation mondiale d’énergie (95 % dans les transports). En France, sa consommation qui était de 111, 8 millions de tonnes en 1973 a connu une baisse sensible après les deux « chocs pétroliers ». Elle a légèrement repris après 1985, mais désormais remplacée par l’énergie nucléaire pour la production d’électricité, elle se situe actuellement autour de 85 millions de tonnes.

Un scénario catastrophe : la fin du pétrole

La question qui fait actuellement débat est celle des réserves dont dispose encore le monde et du rythme auquel elles seront consommées. Selon les estimations les plus optimistes, il resterait quarante et une années de réserve, mais les besoins devraient augmenter de 60 % d’ici 2020, et doubler d’ici 2040. Avec une croissance mondiale de 1, 6 % par an, la consommation devrait atteindre 120 millions de barils par jour en 2030.
Les derniers grands champs pétrolifères ont été découverts dans les années 1970. Ceux d’Arabie saoudite, dont l’exploitation a commencé en 1945, devraient commencer à s’épuiser dans les prochaines années. Certains spécialistes pensent que de nouveaux gisements pourraient être découverts au Canada ou en Russie, mais ils sont minoritaires. En revanche, une chose est sûre : quelle que soit la quantité de pétrole encore disponible (l’écart entre les prévisions les plus optimistes et les plus pessimistes n’est que de trente ans), les réserves ne sont pas infinies.
Le déclin du pétrole étant ainsi annoncé, ses couts d’extraction et d’exploitation ne devraient pas cesser d’augmenter, ce qui risque de réduire son utilisation aux secteurs à plus forte valeur ajoutée des transports et de la chimie, au détriment de l’industrie aéronautique et de l’agriculture. D’où, notamment, un affaiblissement du commerce international et du système financier mondial. Avant même l’épuisement définitif des réserves de pétrole, la hausse de son prix (en 2005, le prix du baril est passé d’environ 50 à 70 dollars) peut menacer gravement son exploitation.

Les énergies renouvelables : l’alternative

Pour pallier le manque prochain de pétrole, mais également les incidences écologiques graves des sources d’énergie traditionnelles comme le nucléaire, les énergies renouvelables apparaissent comme la solution adéquate. De l’énergie éolienne à la géothermie, les énergies renouvelables constituent une alternative de plus en plus admise et mise en pratique face aux énergies plus ou moins dangereuses ou polluantes, majoritairement utilisées jusqu’à ces dernières années. Rétrospective de ce que nous offre la nature :

L’énergie éolienne

Certainement la plus connue, grâce à ses éoliennes, avec leurs hauts mats et leurs hélices qui tournent dans le vent, elle est désormais bien installée dans le paysage énergétique. Ses applications sont nombreuses mais la plus importante consiste à fournir de l’électricité sur un territoire donné. Elle participe à la protection globale de l’environnement et répond parfaitement au principe de développement durable.
En France, afin de répondre aux attentes de nombreuses collectivités locales, le Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER) et l’association AMORCE (Collectivités locales et professionnels concernés par la gestion des déchets et de l’énergie) ont créé le réseau français des Collectivités locales concernées par l’éolien (CLEO). Il a pour objectif d’aider les collectivités en mutualisant les informations et expériences, et en représentant leurs intérêts auprès des pouvoirs publics et des professionnels de l’éolien. À l’automne 2007, à Salles-Curan, dans l’Aveyron, vingt-neuf éoliennes alimenteront en électricité l’équivalent d’une ville de 134 000 habitants, pour un investissement de 100 millions d’euros, financés notamment par la filiale « Énergies renouvelables » d’EDF.
Avec ses installations d’éoliennes (environ 1 000 aujourd’hui), la France s’efforce de se rapprocher de l’objectif européen de produire en 2010 21 % de son électricité à partir d’énergies renouvelables, contre 15 % aujourd’hui. Le ministère de l’Industrie a annoncé en décembre dernier qu’il avait retenu sept nouveaux projets en Bourgogne, dans le Centre, en Haute-Normandie, en Languedoc-Roussillon et en Picardie. Il y a seulement cinq ans, cette source d’énergie était pratiquement inexistante en France.

L’hydroelectricité

L’énergie hydraulique utilise l’énergie des cours ou des chutes d’eau pour transformer la force de l’eau en électricité. Aujourd’hui, l’hydroélectricité est la première source mondiale de production d’électricité ; elle en produit 15 % en France. Son développement est essentiellement basé sur les petites centrales hydrauliques qui ont chacune une puissance inférieure à 10 mégawatts et produisent en moyenne 5 milliards de kilowatt-heures chaque année, soit la consommation annuelle de près de 1, 5 million de foyers (hors chauffage). Elles permettent d’économiser plus d’un million de tonnes équivalent pétrole et fournissent un courant électrique moins cher. Elles se trouvent principalement en milieu rural de montagne et peuvent représenter une source de revenus pour les communes de ces territoires.

La biomasse

C’est l’ensemble des sources énergétiques provenant de la matière organique. Elles représentent 14 % du bilan énergétique mondial et environ 3 % de celui de l’Union européenne. Ce secteur se compose de en trois filières distinctes : le bois-énergie : le chauffage au bois est une des solutions les plus économiques, loin devant l’électricité ou le fioul. À puissance égale, il crée trois fois plus d’emplois que les énergies concurrentes. En outre, il ne participe pas au renforcement de l’effet de serre et permet de compenser le cout de l’entretien des forêts ;
Le biogaz : composé surtout de méthane et de gaz carbonique, c’est un gaz combustible qui constitue une source d’énergie en progression annuelle de 15 à 20 % ces dernières années. les biocarburants : polyesters, huiles végétale et « bioéthanol », un alcool en voie de popularisation issu de la fermentation des sucres contenus dans la betterave, le blé ou le maïs. À la différence des énergies fossiles, il est renouvelable à l’infini, largement disponible et n’augmente pas les émissions de gaz à effet de serre. Le 28 février 2006, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé la création de dix nouvelles usines de fabrication de bioéthanol et de biodiesel, en vue d’augmenter la production d’ici 2008. Ce plan de développement devrait permettre d’incorporer dans les réservoirs 5, 75 % de carburants d’origine végétale en 2008, 7 % en 2010 et 10 % en 2015. Deux millions d’hectares seront mobilisés pour ces cultures non-alimentaires, 25 000 emplois devraient être créés ou préservés et une économie de 4 à 7 millions de tonnes équivalent CO2 réalisée.

Le solaire photovoltaïque et thermique

L’énergie issue du soleil repose sur deux principes distincts de production, le solaire photovoltaïque tout d’abord est une forme de production d’électricité renouvelable reposant sur la transformation directe du rayonnement solaire. Des « toits photovoltaïques » permettent de réduire la production à distance d’électricité à partir de sources polluantes, fossile ou nucléaire… Il peut aussi remplacer des matériaux conventionnels de couverture (tuiles, ardoises, verrières). Ainsi, à l’initiative du CLER, l’office HLM de Montreuil (93) a installé 220 m2 de panneaux solaires photovoltaïques qui fournissent l’équivalent par an de la consommation électrique annuelle de plus de six familles (hors chauffage et eau chaude).
Le solaire thermique utilise, lui, l’effet de serre qui capte au travers d’une vitre la chaleur du rayonnement solaire, il permet la production de chauffage ou d’eau chaude sanitaire, la climatisation, le séchage... Il est très utile pour le chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire des logements collectifs et pour la « solarisation » des piscines couvertes ou découvertes.

La géothermie

Elle consiste à extraire l’énergie (haute, moyenne, basse et très basse) contenue dans le sol pour l’utiliser sous forme de chauffage ou d’électricité. La géothermie de haute énergie (supérieure à 180°) et de moyenne énergie (entre 100° et 180°) valorise les ressources géothermales sous forme d’électricité. La géothermie de basse énergie (entre 30° et 100°) est utilisée dans le chauffage urbain, de serre, le thermalisme… La géothermie de très basse énergie est utilisée dans des pompes à chaleur pour l’habitat individuel (la chaleur du sol alimente un plancher chauffant). Cette source d’énergie ne dépend pas des conditions atmosphériques, elle est fiable et stable dans le temps. En France (Bassin Parisien et Aquitaine), elle chauffe des logements collectifs par réseaux de chaleur.
Toutes ces sources naturelles d’énergie – inépuisables et non polluantes – n’ont pas bénéficié jusqu’ici d’une attention bienveillante de la part des particuliers, de la grande industrie ou des pouvoirs publics. Les entrepreneurs militants qui ont tenté de mettre en pratique ces alternatives ont été victimes de tracasseries administratives et d’un évident manque de soutien. Mais en raison de la constatation du prochain épuisement des énergies fossiles, les mentalités sont en train de changer. « ça bouge dans le bon sens » constatait en janvier 2006 Michèle Pappalardo, présidente de l’Agence gouvernementale de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME). Il semble qu’une prise de conscience est en train de se produire… tant mieux, car dans l’action à mener pour sauver la planète, chacun à son rôle à jouer !

Alain Kimmel



Pour en savoir plus sur les énergies renouvelables
- Les énergies renouvelables, Jacques Vernier, PUF, « Que sais-je ? », 2005
- Comité de liaison énergies renouvelables (CLER)
- Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME)

Pour en savoir plus sur la fin du pétrole
- Pétrole apocalypse, Yves Cochet, Fayard, 2005
- www.oleocene.org



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