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Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

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Défi pour la Terre : aux actes, citoyens !



Aventurier des temps modernes, journaliste, homme de télévision, familier des scientifiques et président de la très active Fondation Nicolas Hulot, ce baroudeur médiatique est l’un des plus influents défenseurs de l’environnement aujourd’hui. Grâce à ses livres et à ses émissions de télévision, il sensibilise le grand public à l’ampleur de la dégradation de notre environnement.

Mai-juin 2006 - N°345


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Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Il en est des changements climatiques comme de l’ensemble des risques écologiques : les inquiétudes d’hier sont devenues les faits scientifiques d’aujourd’hui. Le doute et le scepticisme n’ont malheureusement d’autre choix que de s’effacer pour laisser place aux certitudes. Demain sera radicalement différent d’aujourd’hui, il le sera de gré ou de force ; à nous de choisir.

Une empreinte écologique démesurée

Le dernier rapport de l’ONU confirmant et amplifiant la pile d’expertises qui l’ont précédé est sans équivoque. 60 % des écosystèmes sont déjà dégradés ou surexploités. Et il ajoute que c’est dorénavant l’avenir de l’Homme qui est menacé. Nous sommes face à une crise écologique d’une intensité sans précédent, qui s’accompagnera d’une crise économique et sociale de même ampleur. Le message est-il suffisamment clair ? Nous pouvons le craindre.
Nous vivons en surrégime et, depuis les années 1980, nous demandons plus à la planète qu’elle ne peut nous donner. Notre empreinte écologique est démesurée et les choses, logiquement, ne vont faire que s’aggraver avec l’émergence de nouveaux venus dans la civilisation du gâchis. Nous avons épuisé en quelques siècles les ressources naturelles accumulées au cours de millions d’années ! Nous vivons au-dessus de nos moyens. C’est un fait central que l’on tarde à prendre en compte. Depuis Aristote, l’on feint d’ignorer que nous habitons dans un monde fini, donc limité et vulnérable. Aujourd’hui, nous sommes sommés de changer de cap pour ne pas disparaître.

Changer de logique de consommation

Chez nous, pour cesser d’agir sur l’effet de serre, il faudrait diviser par quatre nos émissions de gaz concernés. Le protocole de Kyoto, tout juste ratifié et loin d’être réalisé, n’est qu’une faible partie de l’effort à satisfaire. On voit bien qu’il faudra progressivement changer radicalement de logique de consommation et de production. Apprendre à produire mieux au lieu de plus, à consommer mieux et non toujours plus. « Faire mieux avec moins », dit Sainte-Beuve. Vaste programme qui ne s'accommodera pas d’être abordé à la marge et encore moins d’être sous-traité.

Pour une société d’abondance frugale

La recherche, pilier fondamental du développement durable, devra faire émerger des alternatives, des produits et des services à moindre impact énergétique et écologique. Elle devra permettre à l’écologie industrielle de s’épanouir et d’ouvrir la voie à un cycle fermé d’utilisation des matériaux. Sortir de l’usage unique et éphémère des produits. La réglementation devra rationaliser les emballages et les déchets. Plus encore, les politiques devront édicter des règles de modération là où les ressources se tarissent, et des outils incitatifs et dissuasifs en fonction de l’impact écologique. Bref, chacun, là où il est, doit jouer son rôle et prendre sa part de responsabilité dans ce défi majeur. Personne n’étant immunisé contre les effets des changements climatiques, personne ne peut se sentir dédouané. L’écologie n’est pas une préoccupation de riche, c’est un devoir de riche. Les premiers exposés aux désordres écologiques et climatiques, les plus vulnérables, ce sont toujours les mêmes : les pays du Sud. À nous de faire émerger cette société « d’abondance frugale » si l’on veut espérer la diffuser ailleurs et notamment en Chine ou en Inde. À nous ensuite de partager nos compétences et nos connaissances. C’est la seule légitimité que nous aurons pour leur demander de faire autrement. Se l’appliquer d’abord à nous-mêmes.
Nous sentons profondément que notre société est prête à ces changements, non pas pour un monde de privation, mais de modération. Nous sentons ces frémissements que la conscience écologique enfin partagée a provoqués. Cultivons d’urgence cet accès de lucidité ! Encourageons cette volonté d’agir et de participer d’un grand nombre d’hommes et de femmes, discrets mais non résignés ! Donnons écho et des moyens à leurs aspirations écologiques ! Les décideurs et les citoyens s’observent et chacun attend que l’autre se mette le premier en cohérence. Le Défi pour la Terre se veut l’étincelle qui permette à cette énergie et à cette aspiration de prendre corps ; le signal enfin de la mobilisation collective. En attendant cette société cohérente et anticipatrice, donnons l’exemple et les autres suivront. Créons un élan citoyen qui devienne irrésistible.

Le Défi pour la Terre

C’est dans cet esprit qu’aujourd’hui l’ADEME et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme lancent ce Défi pour la Terre. Relever ce défi, c’est partager un constat, se rassembler autour d’un Pacte pour la Terre et surtout s’engager à adopter, individuellement ou collectivement, des gestes écocitoyens dans sa vie de tous les jours. Multipliées à l’échelle d’un pays, ces bonnes pratiques contribueront à réduire l’impact des activités humaines. L’engagement est possible, notamment par Internet sur www.defipourlaterre.org. Un compteur permettra de suivre le nombre de personnes engagées afin de mesurer l’ampleur de la mobilisation, ainsi que le gain virtuel sur l’effet de serre. Parce qu’elle doit venir de l’ensemble de la société, de nombreuses collectivités, entreprises et personnalités relèvent dès aujourd’hui le Défi pour la Terre. Chacun est invité à rejoindre ce mouvement et à y faire adhérer le plus grand nombre. S’il est un succès, le Défi pour la Terre aura la vertu de montrer que l’addition des gestes individuels peut permettre des réductions d’émissions très importantes. Le Défi pour la Terre est une occasion unique de peser et de quantifier cette volonté diffuse, d’essayer d’impulser la mobilisation du plus grand nombre afin d’éviter que le fatalisme d’aujourd’hui ne devienne la fatalité de demain. Ensemble, conjurons le sort et que demain soit non ce qui va arriver, mais ce que nous décidons de faire.
Alors rejoignez-nous et relevez le Défi pour la Terre !

Nicolas Hulot, président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme



Dix gestes pour la terre

Pour relever son Défi pour la terre, chacun peut accomplir dans la durée l’un (ou plusieurs !) des dix gestes énumérés ci-après. Il n’y a pas de « petit geste » ni de « petit effort » : même en s’engageant sur un seul geste, on participe au défi ! Ces gestes sont bénéfiques pour la planète car ils permettent d’économiser de l’énergie, donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Faisons vite, chaque geste compte !
- Je trie mes déchets et j’évite les emballages inutiles ;
- Je préfère les produits respectueux de l’environnement et j’évite les produits jetables ;
- J’éteins les appareils électriques au lieu de les laisser en veille ;
- Je choisis des appareils économes en énergie (lampes basse consommation…) ;
- Je préfère une douche rapide au bain ;
- Je ne surchauffe pas mon logement et je l’isole le mieux possible ;
- J’installe un chauffe-eau solaire ou du chauffage au bois chez moi ;
- J’utilise moins la voiture pour aller travailler, je fais les petits déplacements à pied ;
- Je conduis souplement et moins vite ;
- Pour mes voyages, je préfère prendre le train.

D’autres gestes pour la terre
- Dans la cuisine : j’économise l’eau. Faire la vaisselle à la main ne doit pas être synonyme de gaspillage : aller du moins sale vers le plus sale, fermer le robinet pendant le lavage et utiliser juste ce qu’il faut de nettoyant écolabellisé, telle est la bonne méthode. Faire sa vaisselle à la machine peut être plus économique en eau et en électricité si le lave-vaisselle est peu gourmand en énergie et utilisé de façon optimale.
- Dans la salle de bain : je contrôle le débit des robinets. Économiser l’eau chaude, c’est économiser à la fois l’eau et l’énergie nécessaire à son chauffage.
- Dans les chambres : je modère la température (pour dormir mieux, une température de 16 ou 17 °C est la meilleure), je baisse le chauffage en cas d’absence, j’aère chaque jour et j’enlève la poussière.
- Dans le jardin : en été, je préserve l’eau en profitant du soir pour arroser, car plates-bandes et potagers auront toute la nuit pour se désaltérer. Je récupère l’eau de pluie dans des bacs ou des citernes, pour arroser plus tard… Je refuse aussi les traitements chimiques (désherbants, pesticides, engrais…) et favorise les engrais naturels.
- Dans les transports : je privilégie la marche à pied ou le vélo. C’est aussi bon pour la santé que pour l’environnement.
(Extraits du Petit Livre Vert pour la Terre de la Fondation Nicolas Hulot)



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