Le programme d’échange des assistants de langue vivante a cent ans. Initié en 1904 par la France et la Prusse (à l’époque), il sera officiellement signé en 1905 en incluant la Grande- Bretagne. C’est en fait, avant les récents Erasmus ou Socrates, le premier programme de mobilité des étudiants. Il aura connu toutes les vicissitudes du siècle, mais sa survivance indique que ce programme a su s’adapter et évoluer. Désormais, il concerne 42 pays qui envoient en France, chaque année, près de 6 200 assistants.
Les trois pays fondateurs ont tour à tour célébré ce centenaire par diverses manifestations qui portaient toutes la marque de l’attachement à ce type d’échange. En France, au moment du dernier salon de l’Éducation, une table ronde a réuni les partenaires des trois nations. Tout un chacun a reconnu les bienfaits irremplaçables qu’apportent les assistants dans l’enseignement des langues, à un moment où, dans le contexte d’une Europe en construction, la pratique des langues vivantes devient une nécessité incontournable. Ces ambitions feront, à l’évidence, évoluer un programme qui a déjà montré son adaptabilité.
Des ambassadeurs qui deviendront témoins
En France, ces assistants de langue sont des auxiliaires à l’enseignement dispensé par les professeurs de langue vivante ; ils sont en poste essentiellement dans l’enseignement secondaire mais aussi dans l’enseignement supérieur (IUFM) et depuis trois ans dans le premier degré. Ce sont des locuteurs natifs de l’anglais (pour 60 % d’entre eux), de l’espagnol (17 %), de l’allemand (18 %), de l’italien (3 %), du portugais, du russe, de l’arabe, du néerlandais, de l’hébreu, du tamoul, etc. (12 langues au total). Ils deviennent pendant les sept mois de leur séjour des agents temporaires de l’État, ils assistent, comme leur nom l’indique, pendant 12 heures hebdomadaires les professeurs de langue dans leur enseignement et reçoivent pour cela un salaire mensuel d’environ 750 euros.
Les assistants sont recrutés parmi les étudiants étrangers qui ont entre 20 et 30 ans, qui sont titulaires d’un diplôme équivalent à deux ou trois années d études universitaires, et qui peuvent aisément communiquer oralement en français. Un des objectifs de leur séjour en France est aussi l’amélioration de leur pratique de la langue française. Ce sont essentiellement des étudiants en langue française, mais certains peuvent avoir d’autres formations. Ils font ainsi, pour la très grande majorité d’entre eux, une toute première expérience dans le monde du travail.
Le récent plan de rénovation de l’enseignement des langues vivantes a réactivé leur rôle dans le système éducatif : l’accent étant mis sur la prééminence de la communication. Après avoir été les ambassadeurs de leur pays et de leur culture auprès des jeunes Français, ils deviennent, de retour dans leur pays, les témoins des modes de vie et de pensée des Français.
Par ailleurs, quelques 2 500 étudiants français partent chaque année comme assistants de langue française (le français langue étrangère) dans 18 pays où ils sont accueillis, suivant leurs destinations, dans des établissements de l’enseignement secondaire ou supérieur.
Le Centre international d’études pédagogiques (CIEP) gère et anime le programme d’échange des assistants de langue vivante pour le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. (
www.ciep.fr)