Les lecteurs du Français dans le monde ont la double particularité d’être à la fois de fins connaisseurs de la Francophonie mais surtout ses premiers promoteurs. C’est toujours un privilège et une responsabilité particulière que de s’adresser à eux !
En ce début d’année, les défis pour notre communauté francophone sont nombreux. Et le plus sensible se trouve être au centre des préoccupations de votre revue comme de notre actualité : l’éducation. Le XIe Sommet de la Francophonie, qui se tiendra en septembre prochain à Bucarest (Roumanie), sera entièrement consacré à cette dimension essentielle de notre coopération qui est si étroitement liée à toute perspective de développement. Notre Cadre stratégique décennal a donné à l’Organisation internationale de la Francophonie le mandat dont elle a besoin pour soutenir l’action de ses États membres dans le développement et la mise en œuvre de politiques éducatives garantes du bien-être de leur population, de leur confort identitaire et linguistique et de l’avenir des générations futures. Certes, la Francophonie dispose de moyens limités et ne saurait se substituer ni aux États souverains ni aux bailleurs de fonds internationaux, mais elle revendique une vision humaniste fondée sur le partage d’une langue commune, le français, qu’il convient de mettre au service du développement. J’ai d’ores et déjà demandé aux membres du Haut Conseil de la Francophonie de réfléchir et de faire des propositions à ce sujet lors de leur 3e session plénière qui se tiendra les 16 et 17 janvier 2006 à Paris. Je compte aussi sur les propositions faites par la FIPF en sa qualité d’organisation internationale non gouvernementale accréditée auprès des instances de l’OIF.
Cette année 2006 sera marquée par une série d’évènements importants pour la Francophonie, auxquels j’invite chacune et chacun d’entre vous à participer.
C’est, tout d’abord, la très heureuse initiative prise par le Président Chirac de célébrer, de mars à octobre, le Festival francophone en France. Ces francofffonies nous donneront à tous l’occasion de goûter aux multiples richesses de nos univers partagés, dans tous les domaines où s’exprime la créativité humaine : cinéma, littérature, théâtre, danse, musique, peinture, sculpture,… rien n’échappera à notre curiosité ! Et tout nous rappellera combien la diversité culturelle est un bien précieux auquel il convient de donner les moyens d’exister. Avec l’adoption de la Convention internationale sur la diversité culturelle par la 33e conférence générale de l’Unesco, la Francophonie a vu l’aboutissement de quatre ans d’efforts, dont le point de départ avait été la Conférence des ministres de la Culture francophones, réunis à Cotonou en 2001. La dernière Conférence ministérielle de la Francophonie (novembre 2005) a adopté une résolution appelant à la ratification rapide de cet instrument juridique dont la mise en œuvre garantira, aux pays qui le souhaitent, les moyens de créer, d’échanger et d’accueillir les supports aux expressions culturelles.
2006 sera aussi, dans tout l’espace francophone, placé sous le signe de la célébration du centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor. Chacun comprendra la joie très personnelle que j’éprouve à annoncer cet évènement et l‘importance que j’accorde à sa réussite. L’homme d’État, le poète, l’humaniste, le penseur de la civilisation de l’universel et le fondateur (avec ses homologues Diori, Bourguiba et Sihanouk) de la Francophonie offrent suffisamment de facettes aux chercheurs, lecteurs et témoins de son œuvre pour rendre cette année de célébration passionnante et nous permettre de montrer à quel point sa vision indissociablement politique et poétique, doit nous inspirer encore aujourd’hui.
Pour conclure, et alors que la Conférence ministérielle d‘Antananarivo a parachevé la réforme institutionnelle de notre Organisation, je voudrais insister sur la double dimension de notre projet francophone : une force de coopération au service d’une ambition politique. La distinction artificielle parfois instituée entre les deux me parait inappropriée. J’en tire la conclusion que, dans les années à venir, la Francophonie devra de plus en plus s’appuyer sur les représentants de la société civile dont l‘engagement, comme celui des professeurs, est à la fois citoyen et professionnel.
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