« Pourtant, j’aime deux choses/ La paix et la rose/ La rose pour un jour/ Et la paix pour toujours. » Ainsi se termine le poème qui, en mars 2004 à Homs, en Syrie, a remporté le concours de poésie, point d’orgue des festivités liées à la Semaine de la Francophonie dans cette ville. Virgile Mangiavillano, initiateur des opérations avec la lectrice de l’Université Al Baath de Homs, était à l’époque au Centre Culturel Arabe (CCA) de cette ville : « Il s’agissait d’un concours de poésie ouvert aux étudiants du CCA et du Département de français de l’Université sur le thème, donné le jour même, ‘un monde meilleur’ ».
La poésie au poste de commande
Au Québec, à l’école secondaire du Rocher Grand-Mère, Roxanne Harvey, enseignante de français, cultive une idée originale : « Pour la fête de la Francophonie, je compte faire installer en permanence des cadres de bois confectionnés par les élèves dans lesquels nous glisserons des poèmes, des textes ou des citations d’élèves ou du personnel de l’école. C’est la ville de Trois-Rivières qui m’a inspirée parce que plusieurs poètes peuvent être lus dans les rues du centre-ville »… Une initiative à rapprocher de celle de Mohamed Jarouih, du collège Sâada de Marrakech, au Maroc : « Avec des élèves de 2e année, nous projetons de planter un arbre dans la cour du collège. Il sera appelé « L’Arbre de la Francophonie » et sera le support, plus tard, de poèmes et d’écrits des élèves. En attendant, nous organiserons des journées culturelles dans le collège, avec une soirée artistique, comportant chansons et théâtre. »
Retour au Québec : Anne-Marie Boucher, de Montréal, a choisi, en mars 2004, de rendre doublement hommage à la langue française. D’abord par « un spectacle intitulé ‘La chanson et la poésie rendent hommage à la langue’ ». Ensuite par le lancement d’un CD, Langue Atout, accompagné d’un document d’exploitation pédagogique. Originalité : les onze chansons de ce CD sont des originaux, portant sur des thèmes liés à la langue. Autre opération, partie du sud-est de la Bulgarie et arrivée à Marseille : celle de « La Passerelle », mise en place par Fernanda Ferreira Allemand. Ce dispositif éducatif a pris son essor comme réseau scolaire et culturel européen : www.cipe-lapasserelle.net. « Passerelle francophone des cultures, l’association CIPE-éducation-La Passerelle développe sur son site internet un espace Échanges dans lequel des forums thématiques de discussion offrent, à de jeunes Européens, des situations fonctionnelles de communication en langue française (FLM ou FLE) », explique Fernanda Allemand. En 2006, le projet de « La Passerelle » pour la Journée internationale de la Francophonie s’intitulera « Vers la rencontre des arts et des langues ».
Tous arts confondus
En Espagne, une équipe de professeurs de français de l’École de Langues de Saint-Jacques-de-Compostelle a « réalisé avec grand succès l’année dernière dans le cadre de la Fête de la Francophonie différentes activités culturelles, dont un Grand jeu de la francophonie. Ce dernier consistait à deviner, à partir de documents iconographiques exposés, le nom et la nationalité de personnages francophones, puis des auteurs de chansons et d’œuvres littéraires, enfin différents monuments. »
La Pologne n’est pas en reste : une équipe d’enseignants de trois établissements de Silésie, aidés entre autres par l’Association des Professeurs de Français de Pologne (APFP), a organisé « pour la cinquième fois déjà un Festival de la Francophonie autour de la ville de Jastrzebie Zdroj et de deux autres villes de la région. » Ce Festival a commencé par une exposition sur les Touaregs et une autre sur les écrivains d’Outre-mer. Le cinéma, le théâtre et la musique n’étaient pas en reste, accompagnés d’ateliers de langue et de civilisation… Comme le souligne Renata Klimek-Kowalska, vice-présidente de l’APFP, deux autres points forts sont à remarquer. D’abord les « Dix mots de la Francophonie », qui ont permis de former « la petite planète des initiés, de ceux qui « savent déjà » et qui attendent les mots connus et ceux plus rares choisis par les auteurs lointains pour nous, amis de la langue française en Pologne ». Ensuite, une initiative originale, un atelier de cuisine belge : « Nous avons accueilli Madame Maryvonne Streuve. La classe, en tabliers blancs, était préparée pour suivre un cours de cuisine gastronomique, en français, ‘à la belge’ ». Au menu : des chicons (des endives) au gratin et de la mousse au chocolat… Comme le conclut Barbara Ko_odziejczyk, professeure de français, « encore bien longtemps après la Fête de la Francophonie, les bruits couraient comme quoi les cours avec les francophones pourraient se faire plus souvent »…
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