Sinsemilia (d'après le nom d’une variété de cannabis), collectif de dix musiciens grenoblois, existe depuis 1991. La bande de copains qui lui a donné naissance se connaît depuis l’école primaire... « Nous venons tous du même quartier de la banlieue sud de Grenoble et des communes environnantes » rappelle Mike, l'un des porte-parole du groupe. Avant Sinsemilia, il y a donc eu des gamins de douze ans qui découvrent les disques de Bob Marley de leurs grands frères et sœurs à une époque (le début des années 1980) où ces vinyles commencent à se couvrir de poussière... Bientôt, les ex-gamins ne peuvent plus vivre ailleurs que dans la communion avec la musique des rastas. Les uns deviennent chaudronnier, imprimeur, boucher... Les autres s'accrochent aux études : Mike jusqu'à un DEUG scientifique. Et à partir de 1991, Sinsemilia forge sa réputation de groupe de concert, écumant tout ce que la région compte de scènes.
Le premier tournant de la vie de Sinsemilia, c'est, en novembre 1995, la sortie du premier album, autoproduit et autogéré, Première récolte. Plus de 90 000 sont vendus à ce jour. Très vite, en mars 1996, second tournant : un premier concert dans la plus grande salle de Grenoble, devant 4000 personnes. « On a alors commencé à voir arriver des businessmen parisiens, sourit Mike. Et tout le reste en est la continuité, marche par marche : des concerts un peu plus loin, pour un public un peu plus nombreux, puis la signature chez un label indépendant… » Notons que le second album, Résistances, sorti en juin 1998, a aujourd'hui largement dépassé les 200 000 exemplaires... Parmi treize titres dont le tempo rapide se réfère autant au ska qu'au reggae, le grand public remarque, fort bien rythmée au piano, une reprise de « La mauvaise réputation », de Brassens. Bel hommage…
Dans le troisième album de Sinsemilia, tous les textes ou presque sont marqués par des messages forts : contre l’aliénation par la vitesse, contre l’abrutissement télévisuel, contre machisme et sexisme, etc. Avec, en plus, l’humour et l’émotion. Après un premier album en public sort, en octobre 2004, le quatrième album de Sinsemilia, Debout, les yeux ouverts, dont est extrait « Tout le bonheur du monde ». Un disque qui s’ouvre à d’autres idées artistiques et à d’autres horizons. Comme en témoigne avec éclat « Tout le bonheur du monde ».
CD : Debout, les yeux ouverts (EPIC/ Sony).
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