Menue, brune, Pauline Croze paraît fragile. Les paroles de ses chansons dévoilent sa mélancolie : « Je ne me sens jamais bien dans ma peau et je regrette quelqu’un que je pourrais être. J’ai des idéaux, mais, dans la réalité, ils ne tiennent pas longtemps. Je voudrais quelque chose de pur et d’absolu : l’amour, la confiance, la vérité… Je suis mélancolique de choses que je croyais possibles dans mon enfance. » Pour dire cela, elle développe une énergie rare : sa voix voilée y est pour beaucoup… Pauline Croze naît le 4 mai 1979 à Noisy-le-Sec, en banlieue parisienne. Père enseignant. Mère psychanalyste. Dès ses quatorze ans, elle commence à chanter en s’accompagnant à la guitare. À vingt ans, elle dispose de ses premiers titres, écrits, composés et maquettés avec un ami, Quito, du groupe Señor Holmes (« Quelqu’un de très important pour moi. Et c’est lui qui m’a fait rencontrer la productrice de mon album »). Il reste de cette époque, sur Mise à nu, son premier album, deux titres, dont un des plus impressionnants, Femme fossile…
En avril 2003, Pauline rencontre Édith Fambuena (ex-Valentins), qui a travaillé avec Étienne Daho, Alain Bashung et Tété. Autre coup de chance en 2003 : elle doit remplacer au pied levé un artiste au festival des Transmusicales de Rennes, les 5 et 6 décembre : Pauline est alors considérée par une partie des professionnels comme l’une des révélations du festival… En janvier 2004, son titre Larmes est sélectionné sur la compilation des Inrockuptibles, CQFD (Ceux qu’il faut découvrir) . En avril 2004, elle remporte le prix SACEM du Tremplin du Chorus des Hauts-de-Seine. En juin 2004 débute l’enregistrement de son premier album, réalisé par Édith Fambuena. À l’automne, elle continue à décrocher toutes les médailles d’une jeune carrière : elle fait partie du Chantier des Francofolies, avant de donner des concerts guitare/voix, dont des premières parties de Miossec (« son côté spontané me plaît ») et de M (« il est assez phénoménal ») ; elle fait partie de la sélection du FAIR 2005 ; elle décroche, en janvier 2005, une résidence avec l’équipe des Transmusicales. Comment résister à ces accélérations ? « J’essaie de faire les choses sereinement et mon entourage aussi… »
Le 14 février 2005, c’est pour la Saint-Valentin, fête des amoureux, que sort Mise à nu : « Je suis très sensible aux dates. La Saint-Valentin a ce côté fleur bleue que je n’ai pas vraiment : c’est un pied de nez par rapport à ce que je dis dans mes chansons… Et ça m’amuse. » Nous aussi.
CD : Mise à nu (Wagram music).
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