Les jeunes internautes ont besoin de protection, expliquent les gouvernements de nombre de pays développés. Comme souvent dans les évolutions législatives et réglementaires, la question se pose d’ajouter la couche technologique aux lois existantes ou d’en créer de nouvelles, adaptées à ce mode particulier de production et de diffusion. Quels que soient les choix opérés, il est établi que le réseau n’est pas porteur de nouveaux dangers, mais représente plutôt une amplification des sombres recoins de la psyché humaine. Le danger du recrutement par les réseaux pédophiles, dits prédateurs, mais aussi diffuseurs d’images odieuses et violentes, est connu. Ces derniers ont apprivoisé le réseau et sont habitués à des déplacements virtuels fréquents. Certes, leurs traces sont aussi plus visibles et les forces policières parviennent à des résultats, mais le coupable demeure difficile à appréhender.
Le monde s’ouvre
L’ouverture au monde que représente Internet n’est pas passée inaperçue des plus jeunes. Ils évoluent virtuellement dans un univers sans limites géographiques, tout en étant plus resserré sur les amis proches. Mais certaines technologies leur permettent de s’inscrire au sein de communautés d’intérêt et d’échanger avec des personnes qu’ils ne rencontreront peut-être jamais. Ils conçoivent le réseau comme un espace de liberté et de créativité où ils ont envie de publier, de créer des sites personnels. Sans oublier que le multimédia a rendu le goût de l’écrit – que certains pensaient en voie de disparition dans la jeunesse. Le mode textuel est très en vogue, au point de produire de nouveaux modes d’écriture. Simplifiée dans un but de rapidité d’échange, la langue n’en demeure pas moins vivante. Les gardiens du temple peuvent se sentir dépassés, mais il leur reste à accepter que plusieurs langues cohabitent sans antagonisme, en bonne intelligence !
Tribale, la jeunesse d’aujourd’hui l’est, et les réseaux accentuent le phénomène. Internet étant un média de niche, les adeptes du lapin nain vivent aux côtés des fans d’un groupe de rock confidentiel, ou des passionnés d’une couche logicielle particulière. Mais le monde du marketing a vite saisi l’opportunité des tribus et a investi les forums, salons de conversation, univers du web, pour faire passer des messages publicitaires plus discrets. Au point de poser des concepts sur ces méthodes : « buz marketing », « marketing viral », etc. Surtout, la conscience de la caisse de résonance que représente le réseau devant toute nouveauté est bien installée dans les esprits. Cet attrait provoque l’intérêt du monde de la communication, soucieux de capter en permanence les innovations provenant de la jeunesse.
Réguler, mais comment ?
Pour ces raisons de rapidité d’évolution, l’avenir est incertain. Les industriels travaillent à la création de plates-formes entre les divers objets et réseaux communicants, tandis que les jeunes semblent devenir de plus en plus dépendants des moyens de connexion. Du coup, les besoins de régulation se font sentir de manière plus aiguë que jamais. Réguler les systèmes de protection des consommateurs, prévenir et combattre les risques pour les jeunes publics, responsabiliser les diverses composantes du réseau, et notamment le secteur privé. Autant d’enjeux sur le long terme, dont les jalons doivent être posés rapidement.
|