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Coubertin, un pédagogue épris de sport



Pierre de Coubertin défendit toute sa vie les multiples bienfaits du sport pour « former la jeunesse » et développer l’énergie mentale. Père des Jeux olympiques modernes, il contribua le premier à élever cette compétition au rang d’événement international.

Juillet-août 2004 - N°334


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Le français dans le monde est la revue de la fédération internationale des professeurs de français. Tous les deux mois, elle vous propose une centaine de pages d'articles, de conseils et de fiches pédagogiques sur le thème de l'enseignement du français langue étrangère. Pour recevoir Le français dans le monde chez vous, il suffit de s'abonner. Les étudiants, les personnels des alliances françaises et les membres des associations de professeurs de français bénéficient de tarifs réduits. Nous vous proposons sur ce site chaque mois une sélection d'articles de la revue.
 
  

Pierre Frédy, baron de Coubertin, est né à Paris le 1er janvier 1863 dans une famille d’aristocrates catholiques d’origine normande. Elève dans un collège jésuite de Paris, il s’intéressa tout particulièrement à la littérature gréco-latine et fut impressionné par l’importance que la Grèce antique accordait à l’éducation du corps. Après son baccalauréat, il envisagea de devenir officier et intégra l’école militaire de Saint-Cyr dont il démissionna pour entrer à l’École des sciences politiques. Mais, déçu par l’une comme par l’autre, il renonça rapidement à la carrière politique comme au métier des armes pour se consacrer aux questions d’éducation et en particulier à la réforme du système éducatif français.

Un admirateur du modèle éducatif anglo-saxon

Coubertin était un sportif très actif. Il pratiquait la boxe, l'escrime, l'équitation et l'aviron... Lecteur des Notes sur l’Angleterre de Taine et notamment de ses considérations sur l’éducation, il s’affirma très tôt comme un disciple de Thomas Arnold, le principal du collège de Rugby qui mit en œuvre un système d’enseignement dans lequel les exercices physiques et le sport occupaient une place prépondérante. Coubertin effectua de nombreux séjours dans des universités anglaises et américaines où il constata que le sport était un excellent moyen de formation de la jeunesse.
De retour en France, il proposa des réformes du système éducatif français inspirées de ce « modèle anglo-saxon ». À ses yeux, l’enseignement français était sclérosé, manquait d’imagination et ignorait la dimension corporelle. Dès 1883, il s’efforça donc de concevoir un système dont le sport constituerait une des composantes majeures. Mais il n’oublia pas pour autant les leçons de la Grèce antique et, le 25 novembre 1892, lors d’une conférence à la Sorbonne sur « les exercices physiques dans le monde moderne », il affirma : « Nous devons internationaliser le sport, nous devons à nouveau organiser des Jeux olympiques. » Deux ans plus tard, le président du Racing Club de France, premier club omnisports français, lança l’idée d’un congrès international consacré aux problèmes de l’amateurisme. Coubertin reprit ce projet à son compte et aux six articles relatifs à l’amateurisme en ajouta un septième sur le rétablissement de Jeux olympiques. Celui-ci fut annoncé officiellement le 23 juin 1894 à la Sorbonne par le Congrès international universitaire et sportif. Coubertin déclara : « Les Jeux olympiques seront des concours internationaux, véritables championnats du monde, dans lesquels tous les sports et exercices physiques pratiqués de nos jours seront représentés. Ils auront lieu à Athènes en 1896 et à Paris en 1900. »

L’olympisme : une école de noblesse et de pureté morales

En présence de nombreuses délégations étrangères, dont la Grèce, les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Italie et la Russie, un Comité international olympique (CIO) permanent fut créé, avec pour mission de faire respecter les principes de l'olympisme et d’assurer la tenue régulière des Jeux. Quinze pays composèrent ce premier CIO et s’accordèrent pour que les Jeux soient réservés aux seuls amateurs. Coubertin émit le vœu que son président soit choisi parmi les représentants du pays où se dérouleraient les prochains Jeux. Dimitrios Bikelas, un philologue grec, fut ainsi nommé, tandis que Coubertin obtint la présidence en 1896. L’année suivante, à l’occasion de l’inauguration à Olympie du monument commémorant le rétablissement des Jeux, Coubertin précisa ce qu’il entendait par « olympisme » : « Dans le monde moderne, plein de possibilités puissantes et que menacent en même temps de périlleuses déchéances, l’olympisme peut constituer une école de noblesse et de pureté morales autant que d’endurance et d’énergie physiques, à la condition que vous éleviez sans cesse votre conception de l’honneur et du désintéressement à la hauteur de votre élan musculaire. »
Satisfait d’avoir contribué au rétablissement des Jeux olympiques, il se consacra de nouveau à son œuvre de pédagogue. En 1906, il fonda l’Association pour la réforme de l’enseignement public et publia ensuite un programme d’éducation intégrale sous le titre « L’éducation des adolescents au XXe siècle ». La même année, il créa la Société des sports populaires et, en 1922, fit paraître un essai intitulé : « Entre deux batailles : de l’olympisme à l’université ouvrière ». En 1925, élu président de l’Union pédagogique universelle, il élabora une Charte de la réforme pédagogique.
Mis à l'écart pour avoir défendu les Jeux de Berlin de 1936 organisés à la gloire du IIIe Reich, presque ruiné, Pierre de Coubertin mourut à Genève le 2 septembre 1937. Il y fut incinéré, mais, selon sa volonté, son cœur fut transporté à Olympie et déposé sous une stèle élevée à sa mémoire.

Alain Kimmel

Filez sur la toile ! - http://www.olympic.org/fr/passion/museum/permanent/coubertin/index_fr.asp : biographie du fondateur sur le site officiel des J.O.
- http://www.coubertin.ch/cipc001.htm : site du comité international Pierre de Coubertin

Repères bibliographiques

- Boulongne, Yves-Pierre, Pierre de Coubertin, humanisme et pédagogie, dix leçons sur l'olympisme, Musée olympique, Lausanne, 1999.
- Callebat, Louis, Pierre de Coubertin, Fayard, Paris, 1988.
- Clastres, Patrick (coord.), « Pierre de Coubertin ou la réforme sociale par l'éducation et le sport », in Les études sociales, n° spécial 137, novembre 2003.
- Durry, Jean : Le vrai Pierre de Coubertin : la vie, l'œuvre, les textes-clés, Paris, Comité français Pierre de Coubertin, 1994.



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