THESES
Le Rapport sur les langues de France de B. Cerquiglini et l'ouvrage qui a suivi ont été plusieurs fois évoqués dans ces pages (voir notamment le FDLM n° 328, p. 75). Mais qu'en est-il ailleurs ? On trouvera quantité d'informations sur la situation des langues dans le monde, leur statut, les mesures politiques les concernant sur un site qui leur est consacré (voir les "outils pour la recherche"). Deux des thèses présentées ici abordent, à leur façon, la même question, celle de la rencontre entre langues. La première nous ramène à l'époque des premiers contacts entre Jésuites et Amérindiens du Canada. La seconde traite des migrants d'origine malienne qui vivent en France et qui pratiquent deux langues, le bambara et le français. La troisième thèse nous amène sur un autre terrain, celui de l'observation de classe (avec la part de l'observateur) et son rôle dans la formation des enseignants.
Le rapport enseignant-enseigné dans les Relations des Jésuites de la Nouvelle-France (1632-1672).
Caroline MONTEL GLÉNISSON
Directeur : Geneviève-Dominique de Salins
Université : Université de la Sorbonne nouvelle Paris 3
Année : 2001
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Didactologie des langues et des cultures
Mots-clés : Pédagogie. Histoire de la didactique. Méthodes d'enseignement. Ratio Studiorum. Jésuites. Missionnaires. Amérindiens. Canada..
Reproduction : Microfichage en cours. Consultation via le prêt entre bibliothèques.
Numéro d'identification : 2001/PA03/0140
Résumé. C'est à un étrange ballet, joué il y a trois cents ans par les meilleurs professeurs de langue latine de leur époque et par les Amérindiens du Canada, que nous convient les Relations des Jésuites de la Nouvelle-France (1632-1672). Cette thèse a pour but d'analyser une expérience pédagogique hors du commun qui trouve ses références dans la Ratio studiorum, monument didactique ignoré jusqu'à ce jour par les historiens de la didactologie des langues et des cultures. A travers le corpus des Relations, nous découvrons les techniques d'apprentissage de la langue et de la culture de "l'Autre" amérindien mises en place par les enseignants jésuites comme préalable à leur pédagogie de la communication. Cette expérience de didactique apporte un éclairage historique nouveau sur la genèse des méthodes d'enseignement des langues et sur notre perception du rôle de l'enseignant des langues et des cultures. (Source : Système universitaire de documentation
)
Langues, discours, identités. Maliens de langue bambara à Marseille.
Cécile VAN DEN AVENNE
Directeur : Robert Chaudenson
Université : Aix-Marseille 1
Année : 1999
Type : Thèse de doctorat
Discipline : Linguistique
Mots-clés : Bambara (langue). Marseille. Minorités linguistiques. Immigrés. Sociolinguistique. Discours. Méthode biographique.
Reproduction : Microfichage en cours. Consultation via le prêt entre bibliothèques. Version remaniée à paraître fin 2003 sous le titre Changer de vies, changer de langues. Paroles de migrants entre Bamako et Marseille, L'Harmattan, collection "Espaces discursifs".
Numéro d'identification : 1999/AIX1/0075
Résumé. La recherche présentée s'inscrit dans le cadre plus vaste de la recherche en sciences sociales sur la migration (émigration/immigration), selon un perspective qui se veut de "sociolinguistique discursive". Le choix méthodologique de recueil de données a été la conduite d'entretiens biographiques, manière de donner la parole aux migrants. Il s'agissait ensuite de rendre compte de ces paroles, non à travers une grille de lecture pré-établie mais en tâchant de comprendre, à travers ce qui est dit, les logiques propres aux individus. Cette recherche porte sur dix-huit locuteurs (dix familles rencontrées), migrants d'origine malienne, vivant en France depuis vingt à trente ans, et pratiquant en France deux langues : le bambara et le français. Pour certains de ces locuteurs, le bambara (langue véhiculaire au Mali) n'est pas langue première, c'est la langue cependant qu'ils pratiquent en France avec leurs compatriotes, et qu'ils ont transmise à leurs enfants. Avec chacun de ces locuteurs ont été menés des entretiens biographiques portant sur leur parcours migratoire et leur "biographie linguistique". Le propos a été d'appréhender à travers les entretiens les représentations que les locuteurs construisent de leur vie et du lien fait entre leur parcours migration et leur "parcours linguistique" (recomposition de leur plurilinguisme, acquisition de nouvelles langues, prédominance ou non du français, transmission ou non de la langue d'origine aux enfants, etc.). Le cadre théorique global dans lequel ont été menées les analyses est celui développé par l'analyse de discours telle qu'elle s'est construite en France. Cependant, alors que l'analyse de discours en France s'est spécialisée dans l'étude des discours politiques (et ensuite dans l'étude des discours médiatiques), l'objet ici consiste en "paroles ordinaires". La praxématique et les théories de l'énonciation font également partie des référents théoriques de l'analyse. (Source : l'auteur
cvandenavenne@ens-lsh.fr)
L'observation de classe dans la formation des enseignants de langues étrangères.
Françoise DARGIROLLE
Directeur : Christian Puren
Type : Thèse de doctorat
Université : Université de la Sorbonne nouvelle Paris 3
Année : 2002
Discipline : Didactologie des langues et des cultures
Mots-clés : Observation de classe. Langue étrangère. Formation des enseignants. Outils d'observation.
Reproduction : Microfichage en cours. Consultation via le prêt entre bibliothèques.
N° d'identification : 2002/PA03/0051
Résumé. L'objet de cette recherche est de montrer l'intérêt et l'importance de placer l'observation de classe au centre des programmes de formations initiale et continue pour permettre aux enseignants–stagiaires de langues étrangères de construire, avec l'aide des formateurs, par l'analyse, la réflexion et le questionnement une véritable compétence professionnelle qui relie théorie et pratique. Le modèle de formation que nous préconisons s'inscrit dans le cadre théorique du constructivisme afin que le stagiaire (tout comme l'apprenant de langue étrangère) soit engagé dans sa formation et soit responsable de celle-ci. Ce type de formation remet donc en cause les rôles assignés traditionnellement aux formateurs et aux stagiaires. C'est en coopération et en co-construction permanente que ces formations se développent. Une redéfinition des rôles de chacun est indispensable. Ce concept formatif nous semble donc particulièrement adapté à des publics d'enseignants puisqu'il permet de partir de leurs besoins et de leurs connaissances. L'objectif général est de leur permettre d'évoluer et de modifier progressivement leurs représentations et leurs comportements professionnels dans les différents contextes scolaires ou extra-scolaires où ils sont ou seront appelés à exercer. L'observation est donc définie ici comme un outil de réflexion et d'adaptation et non comme un outil de reproduction de tel ou tel modèle imposé. Nous avons également montré dans ce travail les difficultés rencontrées par les sciences humaines pour se positionner et s'écarter des critères scientifiques d'observation des sciences dites exactes. Celles-ci n'ont pas pu appliquer les critères d'objectivité prônés autrefois par l'observation scientifique. Elles ont au contraire posé que toute situation observée était de nature complexe et que l'observateur, par ses objectifs et le choix de ses outils d'observation, était impliqué dans l'acte d'observation. L'observateur en sciences humaines et l'enseignant de langues étrangères est avant tout un "observacteur". Il faut donc adapter les programmes de formation à ce concept pour établir une cohérence. C'est la raison pour laquelle dans la dernière partie de notre travail, nous proposons des outils d'observation heuristiques, souples et divers, utilisables selon les besoins des acteurs de la formation et tenant compte des contraintes contextuelles inhérentes à toute formation. (Source : l'auteur)
OUTILS POUR LA RECHERCHE
L'aménagement linguistique dans le monde
On trouve sous ce titre un site réalisé par l'université Laval à Québec. Les très nombreuses pages qui le composent présentent les situations et politiques linguistiques particulières de plus de 250 États ou territoires autonomes répartis dans plus de 150 pays (le nombre des pays traités s'accroît régulièrement). Pour chacun de ces pays, États, territoires ou régions sont développées quantité d'informations, générales et relatives aux spécificités linguistiques : caractéristiques géographiques (avec cartes), données historiques et, surtout, démolinguistiques et ethnolinguistiques, à savoir ethnies, langues parlées, nombre de locuteurs de chacune, répartition géographique, langue(s) officielle(s), migrations, conflits éventuels... On dispose pour chaque pays (ou territoire) d'éléments de politique linguistique : les textes constitutionnels, les dispositions administratives et juridiques, la ou les langues de scolarisation, le statut des langues dans les médias ou l'affichage, etc., ainsi que de données bibliographiques complémentaires, parfois en ligne. La base se consulte, soit par pays (ou par territoire), soit selon des regroupements thématiques, par exemple, par langue officielle (avec liste des pays concernés et liens) ou encore par type de politique linguistique. Pour ce dernier point sont distinguées - et définies - les politiques d'assimilation, de non-intervention, de valorisation de la langue officielle, les politiques sectorielles, celles de statut juridique différencié, de bilinguisme ou de trilinguisme, de multilinguisme stratégique, d'internationalisation linguistique, les politiques mixtes, avec, pour chaque catégorie, regroupement des pays qui pratiquent l'une ou l'autre. Un autre classement permet d'aborder les informations par peuple : il s'agit en l'occurrence d'une présentation (non exhaustive) de quelque 200 communautés qui sont réparties entre plusieurs États, ou qui ne disposent pas d'un État en propre, ou peu connues et que le site s'efforce de faire connaître. On dispose aussi d'exposés relativement fournis sur les langues du monde (dénombrement, vitalité et disparition, cohabitation, statut, interventionnisme linguistique, etc.), les familles de langues, l'histoire de la langue française, la francophonie... et, pour ceux qui souhaitent en savoir plus, il y a une abondante liste de liens vers des sites apparentés.
Adresse :
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/