L’accueil réservé par les autorités comme par la population libanaises à la famille francophone reflétait clairement leur enthousiasme et leur fierté d’être les hôtes de cet événement mondial, couvert par plus de 1 500 journalistes. Aucun effort n’a été épargné par les organisateurs du Sommet de Beyrouth pour garantir le confort, la sécurité et les meilleures conditions de travail possibles à l’ensemble des délégations francophones. Comme l’a fait valoir le Secrétaire général de la Francophonie Boutros Boutros-Ghali, dans son discours d’ouverture, « ce premier Sommet organisé en terre arabe est d’abord le Sommet du Liban et du peuple libanais, réconciliés avec la vie, réconciliés avec l’avenir. Mais c’est aussi le Sommet de l’espoir dans une région déchirée par les conflits ».
L’actualité régionale et internationale a été au centre des travaux des cinquante-cinq chefs d’État et de gouvernement membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, qui ont consacré la journée du 19 octobre pour débattre à huis clos des dossiers politiques les plus chauds : lutte contre le terrorisme, conflit du Moyen-Orient, crise irakienne, situation en Côte d’Ivoire. Les termes de la Déclaration de Beyrouth adoptée par les chefs d’État à l’issue de ce IXe sommet de la Francophonie traduisent leurs positions communes sur ces sujets graves, tout en confortant la volonté de concertation politique au sein de la famille francophone.
Les temps forts
La présence du président de la République algérienne Abdelaziz Bouteflika, invité personnel du président libanais Émile Lahoud, a été perçue comme un évènement politique majeur de ce sommet de Beyrouth. Certes, l’Algérie n’a pas sollicité officiellement une adhésion formelle à l’Organisation internationale de la francophonie, mais le président Bouteflika a déclaré que son pays s’acheminait « lentement mais sûrement » vers un net rapprochement avec la communauté francophone mondiale.
Autre évènement de ce Sommet, l’élection d’Abdou Diouf au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), pour succéder à Boutros Boutros-Ghali qui avait été élu à ce poste au Sommet de Hanoi en 1997. Président de la République du Sénégal de 1981 à 2000, Abdou Diouf a assuré la stabilité politique de son pays avant de s’incliner devant la volonté de son peuple qui a élu le Président Abdoulaye Wade, donnant ainsi de son pays l’image d’un modèle d’alternance tranquille. Le nouveau Secrétaire général de l’OIF prendra ses fonctions le 1er janvier 2003. Les chefs de délégation ont salué l’action de Boutros Boutros-Ghali, le premier a avoir occupé ce poste, qui a su donner à la Francophonie une envergure internationale et l’a affirmée comme un acteur des relations internationales.
Dialogue des cultures et démocratie
Soulignant le lien entre les questions politiques et les priorités francophones, la Déclaration de Beyrouth insiste notamment sur le « rôle majeur du dialogue des cultures dans la promotion de la paix ». Confirmant les résolutions prises par la Conférence ministérielle de la Francophonie sur la culture (Déclaration de Cotonou sur la diversité culturelle), les chefs d’État se sont engagés à favoriser l’adoption d’une convention internationale sur la diversité culturelle dans le cadre de l’Unesco. « Nous estimons, dans les conditions actuelles, que la préservation de la diversité culturelle implique de s’abstenir de tout engagement de libéralisation à l’Organisation mondiale du commerce en matière de biens et services culturels ». La Déclaration de Beyrouth aborde de front les questions de la démocratie et des droits de l’homme et entérine la Déclaration de Bamako qui « se donnait les moyens de réagir à toute interruption du processus démocratique et aux violations graves des droits de l’Homme dans l’espace francophone ». C’est plus globalement pour une Francophonie plus solidaire au service d’un développement économique et social durable que le Sommet s’est engagé. Afin de mettre en œuvre les objectifs définis dans la Déclaration, le Sommet a adopté un plan d’action et ont décidé de doter la Francophonie des moyens nécessaires à sa réalisation. Avec l’adhésion de la Slovaquie comme observateur, l’OIF compte désormais cinquante-six états et gouvernements membres, dont six ont le statut d’observateur.
Le Xe Sommet de la Francophonie aura lieu fin 2004 à Ouagadougou (Burkina Faso) autour du thème du développement durable.
Aïcha Koraïchi, Agence intergouvernementale de la francophonie
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