$bordureForm = "black"; $fondForm = "#FFCC66"; ?> otre avis sur cet article !"; } ?> Le français dans le monde
 
Articles

· FdM 357
· FdM 356
· FdM 355
· FdM 354
· FdM 353
· FdM 352
· FdM 351
· FdM 350
· FdM 349
· FdM 348
· FdM 347
· FdM 346
· FdM 345
· FdM 344
· FdM 343
· FdM 342
· FdM 341
· FdM 340
· FdM 339
· FdM 338
· FdM 337
· FdM 336
· FdM 335
· FdM 334
· FdM 333
· FdM 332
· FdM 331
· FdM 330
· FdM 329
· FdM 328
· FdM 327
· FdM 326
· FdM 325
· FdM 324
· FdM 323
· FdM 322
· FdM 321
· FdM 320
· FdM 319
· FdM 318
· FdM 317
· FdM 316
· FdM 315
· FdM 314
· FdM 313
· FdM 312
· FdM 311
· FdM 310
· FdM 309

La revue
Je m'abonne
Actualités
Le FDLM et vous

CLE     FIPF
Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

Vous êtes dans la section : Accueil > Articles > FdM 324

I Muvrini : de la Corse au monde



« I Muvrini », en langue corse, signifie « les mouflons ». Une façon, pour le groupe le plus populaire de l’île, de rendre hommage à ces habitants indomptés, paisibles et séculaires des montagnes corses… Aujourd’hui, forts de nombreux succès, I Muvrini sortent un quinzième album, très marqué par l’ouverture au monde.

Novembre-décembre 2002 - N°324


Warning: mysql_result(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in lib.inc.php3 on line 41
[]Commentaires Donnez votre avis sur cet article !

 
  

La voix de Jean-François Bernardini, fondateur des Muvrini avec son frère Alain, est ce que l’on retient en premier quand on entend son groupe : chaude, vibrante, puissante… Elle chante aujourd’hui « La liberté est femme à Jalalabad ». Derrière, tourne un rythme marqué de trip-hop, éclairé par la présence de MC Solaar et des chanteuses afghanes Zarina et Manila Fazel.
Avec Umani (Humains), leur quinzième album, les Muvrini persistent et signent dans la voie qu’ils se sont donnée depuis 1990 : la Corse est dans le monde, elle lui parle, il répond. Ce dialogue se moque bien des vieilles rancœurs hexagonales : il est ouverture, voyage, il dit l’humanisme et la fraternité. Ce dialogue entre la Corse et le monde, Umani le dit de multiples façons : d’abord par sa pochette, dessinée par le Catalan Antoni Tàpies, ensuite par ses musiques (kora, chœurs africains, cornemuse…), enfin par ses multiples collaborations (dont Luz Casal, la chanteuse de tant de B.O. d’Almodovar). Le titre « Erein eta joan » (« Je sème et je m’en vais ») sonne comme un hymne à la diversité linguistique avec son refrain en français, corse, occitan, breton et basque… Quant à l’événement du disque, « Un sognu pè campà » (« Un rêve pour vivre »), c’est un duo avec le Suisse Stephan Eicher, idéal de force et de fragilité. En 1998 déjà, le duo « Terre d’Oru », avec Sting (reprise corso-anglophone du « Fields of gold » de l’ancien leader de Police), marqua un coup d’accélérateur décisif à une notoriété déjà largement établie.
Salles combles de 7000 personnes, dizaines de milliers d’albums vendus, rien ne semble aujourd’hui résister aux Mouflons. Toute leur histoire part de Tagliu-Isulaccia, village de montagne à trente kilomètres au sud de Bastia. À partir de 1973, le poète Jules Bernardini et ses deux jeunes fils, Jean-François et Alain, commencent à ressusciter une tradition orale occultée : la chanson en langue corse. La première fois où leurs trois voix se trouvent gravées, c'est en 1974, sur le premier album du groupe Canta U Populu Corsu, qui va relancer de façon décisive la chanson en langue corse et les polyphonies.
En 1977, le père, Jules Bernardini, meurt. Jean-François, Alain et trois copains lui rendent hommage : Ti ringrazianu (Nous te remercions) est le premier album d'I Muvrini. Un de leurs morceaux devient hymne pour une jeunesse corse qui se découvre un destin : « Libertà/ Andera/ Libertà-a-a-a » (« la liberté s’avance »). Ensuite, et pour longtemps, Jean-François Bernardini devient instituteur : dans le cadre de ses cours, il collecte des chansons anciennes auprès des vieux Corses et les réapprend aux enfants…
À partir de 1986, la situation change : une jeunesse curieuse de sons nouveaux (la « world music ») vient métamorphoser une carrière jusqu’alors essentiellement soutenue par la fidélité sans faille de la diaspora corse. Les Muvrini débordent du marché insulaire. En 1991, leur onzième album sort chez Island, le prestigieux label de Peter Gabriel. En 1993, ils remplissent deux Zénith, à Paris, et leur album suivant, Noi, sort chez une multinationale du disque.
Mais Jean-François Bernardini reste fidèle à sa terre : « D’après de nombreux avis autorisés, ironise-t-il, la Corse connaîtrait une maladie endémique, une allergie à la citoyenneté. Moi, je pense que le mal est mécanique : si l'on procède de la même façon où que ce soit, on obtiendra le même résultat. Quand on méprise la langue, l'identité et l'idée d'appartenance d'une communauté humaine, on n'obtient ni la paix ni la sérénité ni le bonheur... ». Il y a bien des années, Léopold Senghor inventa le concept du dialogue des cultures. En déplaçant ce concept de l’Afrique au monde en passant par la Corse, I Muvrini retrouvent sa portée originelle. La gloire est de surcroît.

Jean-Claude Demari


CD : Umani, EMI-Capitol




Accueil   -   La revue   -   Services   -   Articles en ligne

Brèves
   -   Archives   -   Contact


© Le français dans le monde  2002
Tous droits réservés