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« Mondialisation, langues et politiques linguistiques »
Le versant linguistique de la mondialisation



Utiliser une langue grégaire en famille, une langue d’État dans la vie publique et une troisième langue dans la communication internationale, telle est la réalité du plurilinguisme pour des millions d’individus. Cette tripartition invite à repenser les politiques linguistiques loin du discours politiquement correct.

Septembre-octobre 2002 - N°323


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La mondialisation a un versant linguistique, symbolisé par la domination mondiale de l'anglais, qui est à la fois une réalité mesurable et l'objet de discours critiques ou laudateurs. Dans un premier temps on présentera ce versant linguistique de la mondialisation dans les termes du modèle gravitationnel puis on analysera les réactions à cette mondialisation linguistique pour enfin présenter les embryons d'une stratégie qui semble se dessiner aujourd'hui dans la Francophonie pour tenter de lutter contre la mondialisation linguistique.

Le modèle gravitationnel

Le cadre de l'approche écolinguistique développée dans un ouvrage récent (Calvet 1999) permet de faire un rappel sur la situation mondiale des langues.
Précisons que le mot écologie n'est pas à prendre ici en son sens figuré, politique (« défense de l'environnement, et pour ce qui nous concerne défense des langues ») mais en son sens propre, « science de l'habitat ».
Pour ce qui concerne le rappel, voici un bref résumé dont les différents niveaux de la vie sont présentés en écologie, comme une série d'enchâssements : l'organisme le plus simple, la cellule, puis les organismes pluricellulaires qui se constituent en colonies ou en sociétés, puis en populations (regroupement des individus d'une même espèce) regroupées en communautés biologiques ou biocénoses. On distingue ensuite le milieu dans lequel est installée une biocénose, le biotope, puis l'écosystème ou ensemble de biotopes et enfin l'écosphère, ensemble des écosystèmes de la planète. L'écologie étudie les niveaux supérieurs de cet enchâssement, qui vont des populations à l'écosphère. La métaphore écolinguistique suppose, de la même façon, différents niveaux d'analyse. Le niveau supérieur est celui de l'organisation mondiale des rapports entre les langues. Pour le décrire, on utilise un modèle fondé sur le fait que les langues sont reliées entre elles par des bilingues et que le système des bilinguismes, leur étagement, nous permet de présenter leurs relations en termes gravitationnels. Autour d'une langue hypercentrale (l'anglais) gravitent ainsi une dizaine de langues super-centrales (le français, l'espagnol, l'arabe, le chinois, le hindi, le malais, etc.) autour desquelles gravitent cent à deux cents langues centrales qui sont à leur tour le pivot de la gravitation de quatre à cinq mille langues périphériques.
À chacun des niveaux de ce système peuvent se manifester deux tendances, l'une vers un bilinguisme « horizontal » (acquisition d’une langue de même niveau que la sienne) et l'autre vers un bilinguisme "vertical" (acquisition d’une langue de niveau supérieur), ces deux tendances étant, nous l'avons dit, le ciment du modèle.
Cette organisation en quelque sorte statistique des langues du monde se vérifie pratiquement chaque jour. Un bilingue arabe/kabyle en Algérie est dans 99 % des cas de première langue kabyle, un bilingue bambara/français au Mali est toujours de première langue bambara… Le ciment de cette organisation gravitationnelle témoigne de rapports de force. Dans les cas que nous venons de citer, nous avons ainsi le témoignage des traces de la colonisation du Maghreb par les Arabes et des traces de la colonisation du Soudan par les Français.
L'organisation mondiale des rapports entre les langues dont veut rendre compte le modèle gravitationnel est en quelque sorte une photographie d'un processus mouvant de rapports de force. L'anglais en est aujourd'hui le pivot, la langue hypercentrale, mais il va de soi que cette situation peut évoluer et qu'une autre langue peut, dans l'avenir, prendre cette place.

Une tripartition fonctionnelle

Les bi (ou les pluri)lingues qui sont le ciment du modèle gravitationnel n'utilisent pas leurs langues dans les mêmes situations ni avec les mêmes fonctions, et l'analyse de leurs pratiques est nécessaire à l'élaboration de toute politique linguistique. La mondialisation, dans son aspect linguistique, implique en effet différents types de communication, du cercle familial à l'espace mondial, chaque individu se trouvant au centre de différents réseaux que nous pouvons représenter par une série de cercles concentriques correspondant diachroniquement à l'acquisition de différents registres, variétés ou langues, et synchroniquement à l'usage de ces variétés en fonction du contexte. Le premier cercle est celui de la communication la plus intime, la plus grégaire, la communication de type familial. Puis l'on passe à la communication de voisinage, de quartier. Un troisième cercle pourrait représenter la communication régionale, un quatrième la communication publique à l'échelle nationale, etc. Si ces cercles permettent de visualiser l'enchâssement de ces différents niveaux, du plus grégaire au plus véhiculaire, le passage de l'un à l'autre n'est pas nécessairement digital mais plutôt progressif, continu, et peut, sur le plan linguistique, correspondre soit à une adaptation de registre, soit à un changement de langue. Cette vision en termes de cercles concentriques traversés par un mouvement continu/discontinu d'adaptation linguistique a l'avantage de nous montrer que les besoins linguistiques des individus et des groupes varient selon les situations. Cette variabilité des besoins et des fonctions linguistiques implique l'impossibilité d'une loi générale. Certaines langues, dont la fonction est indiscutable dans certaines situations, ne relèvent cependant que du privé tandis que d'autres sont du ressort de l'État, qui les gère en fonction de sa politique intérieure ou extérieure. Il serait pourtant possible de suggérer un modèle moyen (au sens où l'on parle de moyenne en arithmétique), tendanciellement
trifonctionnel, dans lequel chaque citoyen aurait besoin de et droit à trois types de langues :
1) Une langue internationale pour ses rapports extérieurs. L'anglais, qui remplit le plus souvent cette fonction, pourrait être défini non pas comme une langue internationale parmi d'autres mais comme la langue « globale » du moment, résultat de la mondialisation.
2) La langue de l'État (normée, standardisée), qui est souvent super-centrale ou centrale et qui lui permet de s'insérer dans la vie publique de son pays.
3) Sa langue grégaire enfin qui peut être une forme locale de la langue de l'État (par exemple espagnol d'Argentine, arabe marocain, etc.) ou une langue différente (quechua en Equateur ou au Pérou, alsacien ou corse en France, etc.), langue qui peut être écrite ou non écrite, jouir ou non d'un statut ou d'une reconnaissance régionale, etc.
Cette traduction individuelle de notre modèle gravitationnel, dans laquelle les différentes fonctions peuvent être remplies par différentes langues ou par différents registres d'une même langue, constituera sans doute l'équipement linguistique de base du citoyen de demain.

Fragilité des langues intermédiaires

Dans ce schéma à trois niveaux (langue internationale, langue de l'état, langue grégaire), la logique de la mondialisation suppose peut-être la disparition de la seconde de ces trois langues, la langue de l'État. Ainsi, aux USA, des organisations comme US English, US first ou Save Our Schools militent pour que l'anglais soit reconnu comme la langue officielle du pays, la seule langue officielle, s'opposant au bilinguisme que laissent présager les migrations importantes d'hispanophones. Il peut sembler paradoxal que certains locuteurs de l'anglais se sentent menacés par l'espagnol, mais ces représentations font partie des situations et doivent être intégrées dans leur description. Elles nous montrent que la mondialisation suppose la diffusion d'une culture de masse (cinéma, télévision, restauration de type McDonald's, etc.) qui s'accommode de micro-cultures (et leur consacre des expositions, des musées) mais supporte mal l'exception culturelle, la résistance (le cinéma français, japonais, italien...), et que de la même façon elle accepte volontiers l'éclatement en micro communautés linguistiques mais supporte mal les langues intermédiaires, super centrales qui sont, localement, autant de points de résistance. L'Europe, si elle se pliait à cette loi, pourrait ainsi aller vers la domination de l'anglais coexistant avec une pluralité de « petites » langues comme le galicien, le catalan, le basque, le corse, l'alsacien, tandis que le français et l'espagnol seraient lentement ramenés à un statut de langues centrales, de langues régionales, et non plus super centrales. De ce point de vue, la défense des langues « menacées » augmenterait la domination de la langue hyper centrale, de la même façon que, dans les situations post-coloniales, c'est la division linguistique qui conforte les langues officielles comme l'anglais, le français ou le portugais. Ce scénario européen n'est pour l'instant qu'une hypothèse, mais il jette une nouvelle lumière sur le débat.

La répartition des fonctions

Il faut donc ici se demander si l'application de certaines des propositions du discours Politico-linguistiquement correct (« toutes les langues doivent être écrites », « les locuteurs ont droit à un enseignement dans leur langue première ») ne constituerait pas plus un mal qu'un bien pour les locuteurs. Ainsi, des opérations de planification linguistique consistant à donner un alphabet à une langue non écrite ou à l'introduire à l'école, qui sont généralement considérées comme un progrès ou comme une victoire, peuvent aussi être considérées comme une intervention sur une situation d'oralité dont nous ne contrôlons pas les effets secondaires.
Il ne va pas nécessairement de soi qu'un locuteur du galicien vivant dans un pays dont la langue officielle est l'espagnol et utilisant par ailleurs pour la communication internationale l'anglais utilise ces trois langues de la même façon, au même niveau, et qu'il faille par exemple systématiquement traduire en galicien des ouvrages français ou chinois qui le sont déjà en espagnol, sauf si les moyens de l'État permettent de prendre en charge la fonction identitaire ou symbolique du galicien. Il ne va pas non plus de soi que la réduction de l'espagnol au castillan, c'est-à-dire sa régionalisation, profiterait réellement aux locuteurs du catalan ou du basque. Mais la volonté de mettre systématiquement au même niveau ces différentes langues, de défendre toutes les langues au nom d'un principe général, condamne à l'inefficacité ou au blocage : à trop vouloir défendre, on se paralyse...
Ces interrogations nous mènent donc à ce qu'en termes triviaux on pourra appeler l'inégalité des langues, mais que nous préférons considérer comme une répartition différente des fonctions réelles ou virtuelles. Toutes les langues ne remplissent pas, dans les faits, les mêmes fonctions, et toutes ne sont pas équipées pour remplir les mêmes fonctions. Cette « inégalité » de fait des langues, on peut la regretter, pleurer, s'en plaindre, lutter contre, mais on peut aussi l'assumer, l'intégrer dans la réflexion sur la politique linguistique et dans l'action... D'où cette question qui peut paraître gênante : comment assumer l'inégalité des langues, ou leur répartition fonctionnelle différente ? Il semble qu'en voulant systématiquement protéger ou promouvoir les « petites » langues on joue avec le feu, surtout si cette protection se fait au détriment des langues intermédiaires, des langues des États. Le droit à un équipement linguistique minimum que j'ai évoqué, c'est-à-dire à sa langue grégaire, à la langue de l'État et à une langue internationale, implique par définition que l'on ne doit ni ne peut ménager à toutes ces langues les mêmes usages, les mêmes fonctions. Il y a de par le monde des centaines de millions de personnes qui utilisent quotidiennement en famille une forme linguistique, en utilisent une autre dans la vie publique et une troisième lorsqu'elles voyagent ou communiquent avec l'étranger. Cette tripartition fonctionnelle est une donnée des faits. Est-elle menacée par la mondialisation linguistique ? Il est sans doute vrai que le XXIe siècle verra la disparition de centaines de langues, ce qui signifie que des milliers de locuteurs abandonneront leurs langues au profit d'autres langues, ne la transmettront pas à leurs enfants. Cela n'implique pas nécessairement que cette tripartition fonctionnelle disparaisse, mais plutôt qu'elle soit redistribuée, comme on redistribue des cartes. Le maillon faible dans cette tripartition fonctionnelle n’est peut-être pas là où on le croit généralement. Face à l'anglais dominant, ce sont plutôt les langues de niveau immédiatement inférieur, les langues super centrales comme le français, l'espagnol, le hindi, l'arabe, qui pourraient être « menacées », sinon dans leur existence, du moins dans leur statut. C'est ainsi qu'à l'Onu, dans la communauté européenne et dans divers autres organismes internationaux, malgré les règlements linguistiques, se manifeste une tendance à utiliser uniquement l'anglais...

Une politique linguistique entre « Xphonies »

Sur le modèle du mot francophonie, nous pouvons imaginer pour désigner ces grands ensembles linguistiques la notion de Xphonies. Certaines de ces Xphonies sont organisées, politiquement ou culturellement. C'est le cas des pays inéro-américains avec l'OEI, de la lusophonie avec la CPLP, de l'arabophonie avec la ligue arabe, et bien sûr de la francophonie. Or cette dernière s'est lancée depuis un peu plus d’un an dans une recherche d’alliances pour sa politique de défense de la diversité, face à ce qu'elle considère comme un danger d'uniformisation par l'anglais. Une politique linguistique est constituée par une série de choix dont on attend des résultats. Ceux-ci peuvent concerner la forme des langues (leur corpus) ou les rapports entre les langues (leur statut). Dans ce dernier cas, toute décision concernant une langue a des répercutions sur les autres langues avec lesquelles elle coexiste. Nous sommes ici typiquement dans cette situation : si nous considérons que les langues en jeu (espagnol, français, portugais) sont en quelque sorte solidaires dans le versant linguistique de la mondialisation que nous avons présenté, alors une politique linguistique commune à deux ou plus de deux Xphonies doit prendre en compte non seulement les langues définissant ces Xphonies (langues supercentrales) mais aussi celles qui gravitent autour d’elles (langues centrales ou périphériques). Or ces différents ensembles n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts : la francophonie tente de rallier autour d’elle, sur le mot d’ordre de la diversité, d’autres Xphonies, mais si l’on voit bien ce qu’elle attend de cette mobilisation, il n’est pas certain que ses éventuels associés en retirent le moindre bénéfice. Une réflexion sur les intérêts des différents participants est donc nécessaire, car les politiques linguistiques ne peuvent pas être des jeux à somme nulle et la francophonie est confrontée à un défi : imaginer une politique linguistique qui constitue un jeu à somme positive.
Le portugais par exemple, est une langue plus parlée que le français, officielle dans plus de pays que le chinois ou le russe, et qui, contrairement à ces trois langues, n’a aucune reconnaissance dans des organismes internationaux comme l’Onu ou l’Unesco. Dès lors, pour mobiliser la lusophonie sur la diversité, il faudrait qu’elle y trouve elle-même un bénéfice concret, comme la revendication pour le portugais d’une statut de langue officielle, ou un statut approchant, dans certaines organisations internationales.
Mais il n’y a pas que le portugais dont le statut international est sous-évalué. Le hindi, le malais et le bengali sont des langues plus parlées que le français.

Cette vision des choses implique donc, parallèlement à une analyse concrète de la situation des langues, un inventaire des attentes, des revendications, des espérances des différentes Xphonies. La francophonie ne sera par exemple crédible que si elle se penche sur le statut de l'allemand et de l'espagnol dans les institutions de la Communauté Européenne, sur celui du portugais à l'Onu ou à l'Unesco. C'est à cette condition que pourrait se mettre en place une politique linguistique mondiale des Xphonies, dans laquelle les autres groupes linguistiques, de langues centrales ou périphériques, devront à leur tour trouver leur place, leurs stratégies et leurs moyens. La diversité dont se réclament ces organisations devrait donc être entendue en deux sens différents : une diversité horizontale, celle qu'elles recherchent, mais aussi une diversité verticale, dans les rapports en leur sein avec les autres langues de leur espace. En d'autres termes, la Francophonie ne sera crédible dans sa défense de la diversité que si elle se préoccupe certes de l'espagnol et du portugais mais aussi du bambara, des créoles, du lingala ou du corse...
Et ceci est également vrai pour ce qui concerne le web. Pourquoi ne pas chercher des solutions véhiculaires romanes ? Il ne s’agit pas seulement de demander aux Catalans, aux Galiciens, aux Corses ou aux Sardes d’utiliser en plus de leur langue l’espagnol, le français ou l’italien, mais de leur donner aussi les moyens d’accéder à une intercompréhension inter-latine. Il est surprenant d’entendre des diplomates français et portugais par exemple communiquer en anglais alors qu’avec un certain entraînement ils se comprendraient parfaitement en parlant chacun sa langue. Pourquoi ne pas donner des clefs aux internautes de langues romanes pour qu’ils puissent rapidement apprendre à lire les autres langues ? Il y a là un domaine de recherche intéressant et porteur.

Jean-Louis Calvet




Le discours Politico-linguistiquement correct


Aux antipodes de l'approche pragmatique précédemment décrite, on trouve face à la mondialisation linguistique des discours épilinguistiques et des réactions fondés sur l'ensemble d'affirmations que l’on peut appeler le discours Politico-linguistiquement correct ou discours PLC. Celui-ci se présente comme une suite de principes à prétention universelle sur lesquels se fonde une sorte d'éthique de la profession du linguiste. En voici un petit florilège :
• Toutes les langues sont égales.
• Toutes les langues (au prix pour certaines d'un travail néologique) peuvent exprimer de la même façon tout le savoir humain.
• Toutes les langues doivent être écrites.
• Les langues minoritaires ont droit à une reconnaissance officielle.
• Les langues, éléments du patrimoine ou espèces menacées, doivent être protégées, au même titre que les baleines ou les bébés phoques.
• Les locuteurs ont droit à un enseignement dans leurs langues premières.
• Perdre sa langue c'est perdre ses racines, sa culture.

Ces affirmations, qui ne sont pas nécessairement fausses, ou toutes fausses, rappellent cependant ce que Roland Barthes appelait le « ce-qui-va-de-soi », la doxa. Elles constituent peut-être de « fausses évidences », du culturel transformé en naturel et il nous faudrait les interroger d'un point de vue affichant clairement son critère de pertinence. Pour ce qui concerne par exemple les pays africains, des propositions du type « toutes les langues doivent être écrites » ou « les locuteurs ont droit à un enseignement dans leurs langues premières » devraient être analysées du point de vue du rôle des langues dans le développement : est-ce que la transcription de toutes les langues africaines, leur introduction dans le système scolaire, leur reconnaissance officielle, etc., peut améliorer la situation de leurs locuteurs, participer à l'effort pour un développement endogène, jouer un rôle dans la lutte contre la malnutrition, la mortalité infantile, le Sida, etc. ?
Sans analyser ici l'ensemble de ce discours Politico-linguistiquement correct, on tentera de souligner le poids dont il pèse dans la formulation de certains problèmes de politique linguistique. Dans les affirmations ci-dessus, celle qui pose que toutes les langues sont égales me paraît constituer la clef de voûte de l'ensemble, dans la mesure où la plupart des autres propositions en découlent. C'est parce que toutes les langues sont égales que toutes méritent d'être écrites, que toutes peuvent exprimer de la même façon tout le savoir humain, que celles qui sont menacées doivent être protégées, etc. Contrairement à ce discours convenu, on estime que les langues sont fondamentalement inégales, même si cet adjectif reste à préciser.




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