THESES
Une fois n'est pas coutume dans ces colonnes : la présentation de la première des deux thèses retenues est faite par celui qui l'a dirigée là où, habituellement, c'est la voix de l'auteur qui est entendue. Merci donc au directeur de thèse de nous avoir signalé ce travail. En écho, nous proposons le résumé d'une thèse qui traite de l'enseignement de la rédaction en Guinée. Place de l'écrit, lecture et rédaction, des questions qui restent centrales dans l'enseignement d'une langue, qu'elle soit maternelle, seconde ou étrangère.
Enseigner la littérature négro-africaine dans l'enseignement secondaire au Mali de 1960 à 1995 : enjeux et perspectives.
Sékou DIABATÉ
Directeur : Jean Verrier
Discipline : Littérature française
Année : 2001
Université : Université Paris 8
Présentation. Une des originalités de ce travail tient à ce qu'il est conduit par quelqu'un qui occupe ou qui a occupé différences positions dans le système, du simple praticien à l'"inspecteur", en passant par l'animation d'un Comité pédagogique d'établissement, et la formation des professeurs de lycée à l'Ecole normale supérieure de Bamako. Cela lui a permis d'avoir accès à des rapports d'inspection ou de divers Comités pédagogiques, à multiplier les entretiens avec des enseignants ou des décideurs, des élèves, etc. L'inspiration principale, on la trouve peut-être dans cette phrase : "Je m'intéresse à l'enseignement de cette littérature qui vit au Mali, qu'on continue à produire, mais qui ne s'enseigne pas." L'environnement socio-culturel dont fait partie cette littérature ignorée est évoqué dans les premiers chapitres : les contes, le théâtre, la presse, la télévision... Mais aussi les difficultés des maisons d'édition, et surtout les obstacles à l'enseignement d'une littérature écrite alors que le livre est quasi inexistant pour la majorité des élèves et que la lecture elle-même est mal vue, cette activité qui conduit à se "retrancher dans un monde secret dont sont exclus les parents" (Diatkine). Plus profondément peut-être, les difficultés d'une initiation à la pluralité des lectures quand certains sages pensent encore que le savoir ne peut être l'objet d'aucune vulgarisation. Alors, à côté de la prise en compte des pratiques culturelles familières aux élèves maliens, il faut chercher les points d'ancrage pour l'enseignement des littératures écrites : par exemple, le fait que pour un Malien "tout est signe", ce qui peut faciliter une approche du texte littéraire comme "tissu de signes", une lecture particulière des "Correspondances" baudelairiennes et des "Illuminations" rimbaldiennes, tandis que l'engagement politique du poète Victor Hugo rencontre l'idée que se font les élèves de la mission des intellectuels. S'esquisse ainsi une étude de la réception étrangère de la littérature française bien qu'on continue à l'enseigner "à la française" (explication de texte, commentaire composé, dissertation). S. Diabaté souhaite qu'on ne s'enferme pas dans le canon des œuvres africaines de la période coloniale et de la première décennie des indépendances (1921-1971) tel qu'il ressort de l'étude des programmes, ce qui aboutit à une sorte de "politiquement correct" et ne prépare pas les élèves à la compréhension interculturelle. Il propose que le corpus s'ouvre, partiellement bien sûr, aux journaux locaux, aux contes de transmission orale, au théâtre à partir de ce que certains élèves en connaissent déjà : celui des Semaines de la Jeunesse et des Biennales, celui du Kotéba (et auquel ils font parfois allusion dans leurs copies de bac au grand désarroi des examinateurs). Les conséquences du point de vue méthodologique sont, par exemple, pour la presse, "d'entretenir une habitude de lecture qui pourrait s'exercer sur d'autres objets (après tout lire des journaux n'est pas en soi condamnable)" ; pour le conte, d'entretenir la vitalité d'une pratique que les transcriptions écrites sauvent et figent tout à la fois ; pour le théâtre, de rendre aux textes et à ceux qui les pratiquent l'engagement du corps dans l'espace et dans le temps dont le livre les prive. (Jean Verrier)
Enseignement de la production écrite en 11e année du secondaire à Conakry et propositions d'aménagement de programme.
Aissatou SOW-BARRY
Directeur : Marie-Christine Paret
Type : PhD
Sujet : Education : programmes et instructions. Education : langue et littérature.
Année : 2000
Université : Université de Montréal
Reproduction : Possibilité de commander la thèse via Proquest Digital Dissertations.
N° de publication : AAT NQ51976
Résumé. Cette thèse traite de l'enseignement de la production écrite dans les établissements secondaires en Guinée et de propositions d'aménagement de programme. La production écrite est un des objectifs les plus importants de tout enseignement, car elle permet une communication écrite rationnelle et sert d'indicateur de jugement de la personne formée. Cependant, plusieurs études ont montré ces dernières années une faiblesse manifeste des élèves en production écrite dans les écoles de la plupart des pays où elles ont été faites. Chaque pays vit la situation différemment parce que sans doute les réalités ne sont pas les mêmes. Les conditions de travail, les programmes, les langues d'apprentissage, les méthodes d'enseignement, etc., diffèrent d'un Etat à un autre, d'une région à une autre, voire d'une organisation politico-spatiale à une autre. Quelle est la situation de la didactique de la production écrite dans les écoles secondaires guinéennes ? L'étude ne cherche pas à explorer de façon globale cette question, mais elle veut en comprendre mieux un aspect spécifique relatif aux pratiques des enseignants dans leur classe à propos de l'écriture. La manière dont se présente ce volet de la didactique ne peut pas à notre avis expliquer à elle seule la faiblesse de la compétence écrite. La démarche amène toutefois à se questionner sur le programme de français lui-même. Ce programme tel que conçu favorise-t-il l'apprentissage de l'écriture des textes ? Sans proposer une réponse abrupte à cette interrogation, la recherche décrit de façon fouillée les pratiques de l'enseignement de la production écrite et trouve nécessaire d'envisager un aménagement en profondeur du programme de français dans les écoles secondaires de la Guinée en vue d'une amélioration de la maîtrise de l'écrit par les élèves. La recherche s'appuie sur les connaissances théoriques du processus d'écriture en langue "maternelle" et en langue seconde. Cette thèse a emprunté le modèle d'écriture de Hayes et Flower (1980) qui, grâce à l'intérêt des théories cognitives auxquelles il appartient et compte tenu de son approche globale de l'apprentissage de l'écriture en L1 et L2, constitue une référence importante aussi bien pour l'investigation des pratiques didactiques que pour la formulation des propositions d'aménagement du programme d'étude de la classe de 11e année.
OUTILS POUR LA RECHERCHE
La présentation des références bibliographiques dans les travaux universitaires
Comment rédiger une bibliographie selon les règles de l'art ? Le document le plus judicieux est probablement celui de la bibliothèque universitaire de Paris 8 qui livre l'essentiel de ce qu'il faut savoir en la matière : identification des documents d'une part, normes de présentation de l'autre, avec des exemples de tous les types de documents imprimés : monographie, chapitre de livre, contribution à un ouvrage collectif, article de revue, revue en tant que telle, actes de congrès, publication officielle, etc. Et pour chacun, ce qu'il faut mentionner, dans quel ordre et avec quelle ponctuation concernant : auteur(s), titre(s), édition, adresse bibliographique, nombre de pages, collection... Sont abordés quelques cas un peu épineux tels que référencement de préfaces, de lettres au sein d'un recueil, d'articles d'encyclopédie ou de journaux, de reprints, etc. Une partie est consacrée à la présentation de la bibliographie elle-même (liste unique ou classement en parties) et à la correspondance entre la bibliographie et les références données dans le corps du texte, avec les différents usages (notes de bas de page, citations numériques, système auteur-date dans le corps du texte). On a aussi une table des abréviations courantes dans la rédaction de données bibliographiques. Un chapitre à part porte sur la description des documents non imprimés : manuscrits, documents électroniques, documents audio-visuels, etc.
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Dominique Filippi. Les supports de formation : comment présenter les références bibliographiques. Université Paris 8, Bibliothèque universitaire : http://www-bu.univ-paris8.fr/Formation/RefBiblio.html
Le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson
Il faut le dénicher dans les fonds anciens des bibliothèques, mais l'ouvrage mérite d'être lu ou relu. Il s'agit du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, dirigé en son temps par Ferdinand Buisson : deux éditions, la première parue de 1882 à 1887 (deux parties, quatre volumes, cinq mille cinq cents pages), la seconde en 1911, plus condensée. La première partie "comprend les doctrines, la législation, l'histoire de l'enseignement" ; la seconde "fait l'application des principes pédagogiques aux diverses matières de l'enseignement". Et l'on y trouve en effet une foule de textes consacrés aux "gens". Tous les novateurs de la pédagogie depuis l'Antiquité y sont : Aristote, Quintilien, Jean-Baptiste de La Salle, Grégoire, Condorcet, Condillac, Rollin, Lhomond, Jacotot, Coménius, Pestalozzi, et Frœbel, l'inventeur des jardins d'enfants, Marie Pape-Carpantier, la rénovatrice des écoles maternelles, Mme de Maintenon et son école des filles de Saint-Cyr... On a aussi toute l'histoire de l'enseignement : la scolastique, les petites écoles de Port-Royal, les projets de la Convention, l'enseignement mutuel, l'enseignement aux adultes... ; les "objets" : mobilier, plumes, encriers... ; les matières : géographie, chant, gymnastique, lecture, langues vivantes... A lire en parallèle : l'analyse par Pierre Nora de cet ouvrage mythique au tome 1 des Lieux de mémoire, notamment l'histoire des "destins croisés" des deux rédacteurs principaux, F. Buisson et James Guillaume.
Gisèle Kahn
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