Anthony, comment se sont passés vos débuts de footballeur ?
J'ai eu un déclic en regardant, avec mon père, la finale de la Coupe d'Afrique des nations en 1992. Depuis, il n'a cessé de m'encourager à faire carrière dans le football. Lui-même a été footballeur en division 3, à Lorient. Il m’a inscrit dans les équipes jeunes du Havre Athlétic Club, et venait, ainsi que ma mère, m’encourager lors des entraînements et des matchs. Ces encouragements commencent à porter leurs fruits, puisqu'on a ramené, pour la première fois, en France, la Coupe du monde des moins de 17 ans.
Pendant cette compétition, on a beaucoup parlé de votre entente sur le terrain avec Sinama-Pongolle. Vous êtes aussi parents dans la vie. Un Blanc et un Noir qui sont frères, comment cela s'explique-t-il ?
C’est un vrai conte de fées ! Quand je jouais en sélection poussins au Havre, nous sommes allés disputer un tournoi à l'île de la Réunion. Lors de la finale, j'ai rencontré l'équipe de Sinama. J'ai une tante réunionnaise qui porte ce nom et je lui ai demandé si par hasard il la connaissait… Surprise : c’était également sa tante. Ce bon joueur, qui déjà marquait beaucoup de buts, était aussi mon cousin ! On est devenu très proches, et il est venu quelque temps après me retrouver au Havre. On dormait dans la même chambre. En Coupe du monde, notre entente a été parfaite. J'étais le passeur et lui le buteur. Il a marqué neuf buts, finissant meilleur buteur de la compétition.
Parallèlement au football, vous préparez votre bac. Est-ce facile de concilier les deux ?
Chaque jour, après des entraînements de 10 à 12 heures, je vais suivre les cours. C'est un rythme très difficile et je pense que mes chances de succès au bac sont très minces. Bientôt il faudra choisir et je n’hésiterai pas : ce sera le football.
Vous êtes-vous fixé un plan de carrière ?
Je vais encore passer une année en France, où j'aurai le temps de progresser. J'ai signé à Liverpool avant la Coupe du monde des moins de 17 ans… La prochaine étape de ma carrière sera donc de rejoindre, dans un an, ce club pour côtoyer de grands joueurs. Après, on verra...
Vous êtes encore jeune et vous n'avez pas encore de contrat professionnel avec le club du Havre. Cela veut-il dire que votre club formateur va vous perdre sans rien avoir touché ?
Beaucoup de joueurs sont partis sans que leurs clubs ne touchent la moindre indemnité de transfert. Parce qu'ils étaient jeunes, parce qu'ils n'avaient pas encore de contrat professionnel. Cela aurait pu être pareil pour moi, mais Gérard Houiller, manager de Liverpool et ancien entraîneur de l'équipe de France, a tenu à ce que les choses se passent dans les normes avec Le Havre. Je n’ai pas été l’objet d’un pillage.
Et après, il y a l'équipe de France. Les Zidane, Desailly, Henry... Y pensez-vous déjà ?
Il m’arrive de penser plutôt aux Espoirs, même si je dois reconnaître que je suis encore loin de leur niveau. D'ici quelque temps, j'espère me sentir capable de frapper à leur porte. Pour les seniors, c'est encore trop tôt pour y penser.
Quel est le joueur qui vous impressionne le plus actuellement ?
C'est le Nigérian Nwankwo Kanu. Il peut faire tout ce qu'il veut sur un terrain avec un ballon de football… C'est une constante chez moi : j'adore le football africain.
Propos recueillis par Jackson Noutchié Njiki
Fiche du joueur :
Naissance : le 3 octobre 1984 à Hennebont, en Bretagne
Poste : milieu offensif
Taille : 1m84
Poids : 73 kg
Palmarès : Vice-champion d’Europe des moins de 16 ans, Champion du monde des moins de 17 ans
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