Articles

· FdM 357
· FdM 356
· FdM 355
· FdM 354
· FdM 353
· FdM 352
· FdM 351
· FdM 350
· FdM 349
· FdM 348
· FdM 347
· FdM 346
· FdM 345
· FdM 344
· FdM 343
· FdM 342
· FdM 341
· FdM 340
· FdM 339
· FdM 338
· FdM 337
· FdM 336
· FdM 335
· FdM 334
· FdM 333
· FdM 332
· FdM 331
· FdM 330
· FdM 329
· FdM 328
· FdM 327
· FdM 326
· FdM 325
· FdM 324
· FdM 323
· FdM 322
· FdM 321
· FdM 320
· FdM 319
· FdM 318
· FdM 317
· FdM 316
· FdM 315
· FdM 314
· FdM 313
· FdM 312
· FdM 311
· FdM 310
· FdM 309

La revue
Je m'abonne
Actualités
Le FDLM et vous

CLE     FIPF
Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

Vous êtes dans la section : Accueil > Articles > FdM 313

Greffe, thérapie génique, cellule souche, embryon : et la bioéthique dans tout ça ?



Les progrès spectaculaires de la médecine ces dernières décennies ont engendré des situations inédites qui confrontent nos sociétés à des choix difficiles. Médecins, biologistes, religieux, philosophes et législateurs réfléchissent à l’élaboration des valeurs communes sur lesquelles s’appuyer pour autoriser ou interdire telle ou telle pratique.

Janvier-février 2001 - N°313


 
  
Une équipe de l’hôpital Necker (Paris) a réussi à guérir des « bébés-bulles » par thérapie génique. Porteurs d’un gène défectueux, les jeunes malades (âgés de 8 à 11 ans) étaient totalement dépourvus de défenses immunitaires et contraints de vivre dans des bulles stériles. Le traitement a consisté à prélever des cellules de leur moelle osseuse, à y intégrer le gène sain et à les réimplanter. Un an après, les enfants se portent bien. Mais on ne sait pas encore si ce traitement est définitif.

Conçu pour sauver sa soeur
Autre réussite : huit cents millions de cellules d’un muscle de cuisse, prélevées sur un homme de 72 ans souffrant d’insuffisance cardiaque majeure, ont été greffées dans son cœur. Résultat : la région du cœur concernée, jusqu’alors inerte, a retrouvé une forme de contractilité. Effectuée le 30 juin 2000 à l’hôpital Bichat (Paris), cette première mondiale démontre la possibilité d’autogreffes cellulaires.
Un dernier exemple : né le 29 août dernier, Adam a été choisi parmi quinze embryons conçus in vitro sur un critère génétique bien précis : avoir un système immunitaire compatible avec celui de Molly, sa grande sœur. Atteinte d’une forme grave de leucémie, Molly a ainsi pu bénéficier d’une greffe de “cellules souches” présentes dans le cordon ombilical de son frère.
Par ailleurs, de nombreux patients décèdent à cause du manque d’organes à greffer : une solution pour enrayer la pénurie de greffons est alors de faire appel aux organes, tissus et cellules d’animaux. C’est ce que l’on appelle la xénogreffe. L’idée n’est pas nouvelle puisque depuis plus de trente ans, des valves de cœur de porc sont utilisées chez l’homme. Ces membranes ne posent pas de problème de rejet, car les cellules qui les composent ne sont plus vivantes. Mais greffer un tissu vivant d’origine animale est bien plus difficile car il est très vite rejeté avant même la fin de la transplantation.
Pour éviter le rejet lors d’une xénogreffe, il faut que le donneur et le receveur appartiennent à des espèces concordantes. C’est donc vers le porc que les scientifiques se sont orientés. Néanmoins, la modification d’au moins une dizaine de gènes chez cet animal s’avère indispensable pour adapter ses organes à la greffe humaine. Des lignées de porcs transgéniques humanisés ont ainsi déjà été développées aux Etats-Unis et au Royaume Uni.

Des législations hétérogènes à l’échelon international
Aujourd’hui, la bioéthique est loin d’avoir trouvé une cohérence internationale. Au Royaume Uni, la recherche sur les embryons est autorisée depuis 1990. La loi anglaise fait la distinction entre l’embryon et le pré-embryon qui a moins de quatorze jours. La Belgique, l’Espagne, la Suède et les Etats-Unis n’autorisent la recherche que sur les embryons surnuméraires issus de la fécondation in vitro. En Allemagne, en Suisse et en Autriche, où l’embryon est assimilé à une personne dès la fécondation, l’expérimentation est totalement interdite.
Et l’éthique dans tout cela ? Le terme bioéthique a été inventé en 1970 par le cancérologue américain Van Rensselaer Potter pour désigner l’ensemble des problèmes de conscience et évaluations morales posés par l’intervention de la science sur le vivant. Alors que la morale se place du côté des moeurs, qui varient d’une culture à l’autre, l’éthique s’attache à définir des principes valables pour tous.

Carole Heurtebize
Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris




Filez sur la toile ! Une adresse à visiter pour en savoir plus :http://www.cite-sciences.fr/webmag/decembre/webmagazine/une/fs_une.htm


Éléments de bibliographie « Le meilleur des mondes », Aldous Huxley (1932) - Roman collection Poche
« Frankenstein », Marie Shelley - Roman collection Poche
« Eve ou la répétition », Jacques Testart - Roman Odile Jacob
« Lettre ouverte à ceux qui ne se voient pas donneurs d’organes... (mais ne jurent pas qu’ils ne seront jamais receveurs), Philippe Barrier, Frison-Roche, 2000, essai.
« Vocabulaire de bioéthique », Laurence Azoux Bacrie, Puf 2000, (Collection médecine et société), dictionnaire.
« Faut-il vraiment cloner l’homme ? », Puf, 1999 (Forum Diderot), essai, débat.




Accueil   -   La revue   -   Services   -   Articles en ligne

Brèves
   -   Archives   -   Contact


© Le français dans le monde  2002
Tous droits réservés