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Revue de la fédération internationale des professeurs de français

Le français dans le monde est une revue éditée par CLE International

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Entretien avec Alain Braun, président de la FIPF



"Le français, une bonne réponse à la globalisation."
Après Tokyo, Paris... Quatre ans après son élection, Alain Braun, Président de l'IFPF fait le point sur l'état de la Fédération, les difficultés du métier d'enseignant, les enjeux de ce Xe congrès pour le français.

Janvier-février 2001 - N°313


 
  
Comment va la FIPF ?
Globalement bien. La FIPF a considérablement développé ses capacités de communication: la lettre, L'univers du français connaît une augmentation importante de sa diffusionainsi que Dialogues et Cultures , et notre site ssur la toile voit son nombre de visiteurs croître régulièrement. Par ailleurs, je suis également satisfait du dynamisme des associations qui composent notre Fédération, du foisonnement de leurs initiatives et de l'imagination qu 'elles déploient. Ombre au tableau toutefois, voire malaise, le dialogue avec les institutions: notre capacité d'intervention est très lié au bilatéral, au principe du décideur-payeur et donc aux états d'âme de la France... La FIPF a été malheureusement absente du partage multilatéral : du coup elle n'est ni opérateur, ni opérateur associé; et pourtant le FIPF peut faire beaucoup avec peu.

La difficulté que vous avez eue à organiser ce Congrès, les menaces qui pèsent sur l'existence même du Secrétariat Général ne traduisent-elles pas un désengagement les autorités françaises ?
C'est vrai, j'ai le sentiment que ce n'est pas une grande priorité pour le moment. Ce congrès qui a été voulu pour Paris et par la France a été très difficile à organiser et à financer. Nous y sommes parvenus non sans mal et grâce au bénévolat. Quant au Secrétariat Général, après beaucoup d'alarmes, de rumeurs, d'incompréhension, le problème est en passe d'être réglé grâce à l'efficacité du Cabinet du nouveau Ministre de l'Education, Jack Lang qui nous a donné toutes les assurances quant à sa pérenisation.

Les associations qui composent la FIPF ont beaucoup misées sur la formation comme réponse à la concurrence d'autres langues... Quels seront à l'avenir les grands axes d'intervention d'une association ?
La FIPF a eu le tort d'avoir raison trop tôt. Elle sait depuis longtemps que la promotion du français n'est pas l'apanage des seuls enseignants, que cet enseignement se place dans un contexte où interviennent le cinéma, la musique, la télévision, la radio, où l'entreprise, le monde industriel jouent également un rôle important. Nous n'oublions jamais de solliciter les uns et les autres: le programme de ce Xe congrès l'illustrera d'ailleurs parfaitement. Cela dit, c'est vrai, le rôle des associations est en mutation. Il leur revient plus que jamais de se comporter en force de pression, d'interpellation et d'intervention auprès de tous les acteurs, opérateurs, décideurs qui ont à faire avec le français.

Ne pensez-vous pas qu'aujourd'hui on considère aussi les enseignants de français comme quantité négligeable dans une stratégie mondiale de diffusion de français ?
On aurait bien tort ! Une fédération comme la notre, c'est 125 000 membres, du savoir faire, de l'expertise, un capital d'informations considérable... Sans parler d'une volonté d 'innovation impressionnante: les enseignants de français n'ont pas peur des technologies de l'information et de la communication, ils savent déjà comment combiner enseignement en présentiel et enseignement à distance... Qu'on les équipe en grand, qu'on favorise la connectivité et vous verrez... Des mots comme marketing ne les effraient pas: ils savent aussi depuis longtemps qu'ils sont en situation de concurence et qu'ils doivent disposer d'outils adéquats pour attirer les élèves.

Qu'est ce qui, selon vous, justifie aujourd'hui l'apprentissage du français ?
La volonté de la langue française d'être langue partenaire. Partenaire de ses grands voisins, espagnol, italien, portugais ; partenaire de l'autre aire culturelle avec laquelle, elle partage la Méditerranée, l'aire Arabophone ; partenaire enfin dans le cadre du plurilinguisme organisé voulu par L'Union Européenne. Par ailleurs, le français agit naturellement_comme trait d'union entre différentes communautés linguistiques. Il peut pour certaines s'avérer être un moyen d'assurer leur diffusion : c'est le cas en Afrique. Il constitue aussi une bonne réponse à la globalisation dans la mesure où il illustre ce que nous défendons, nous, à la FIPF: le respect des langues du milieu, le plurilinguisme, le travail en partenariat...

Trois mille professeurs sont attendus à Paris. Beaucoup ne viendront pas. A ceux là qu'est-ce que vous aimeriez leur dire ?
Trois mille professeurs attendus à Paris, c'est un beau défi que nous aurons relevé! Avec trois mille participants, ce congrès sera le plus grand congrès jamais mis en oeuvre par la FIPF et bien sûr je m'en réjouis. Bien sûr que notre pensée ira vers ceux qui ne seront pas là: c'est pour eux que nous travaillons, pour les aider. Le congrès n'est qu'un moment, la FIPF, elle, entend être présente au quotidien.


Propos recueillis par Jacques Pécheur









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