Dans chacun des 15 États
membres de l'Union européenne, la fin de la scolarité, qui précède
l'entrée à l'université, est validée par l'obtention d'un diplôme.
On peut établir un portrait-type de ce diplôme : il est obtenu à
la suite d'un examen général, national, constitué d'épreuves écrites
et orales, associé aux notes de contrôle continu des années précédentes.
Ce diplôme permet d'accéder automatiquement aux études supérieures.
Mais chaque pays prend peu ou prou ses distances avec ce schéma
général.
Diplôme spécialisé
ou général ?
Ainsi, le general certificate of education advanced level (CGE
A Level) du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande
du Nord) est un examen très spécialisé puisque le candidat présente
trois matières qu'il a choisies lui-même et auxquelles il s'est
exclusivement consacré pendant les deux années précédant l'examen.
De même, afin d'obtenir leur ylioppilastutkintotodistus,
les jeunes finlandais ne doivent s'acquitter, outre les matières
facultatives, que de quatre matières obligatoires à forte dominante
linguistique : langue maternelle, seconde langue nationale, une
langue étrangère et, soit les mathématiques, soit une épreuve mixte.
À l'inverse, le baccalauréat français et le bevis for
studentereksamen danois comportent une dizaine d'épreuves obligatoires,
auxquelles s'ajoutent des matières optionnelles.
Examen ou contrôle
continu ?
En France, le projet d'introduire le contrôle continu au baccalauréat
fait frémir de nombreux professeurs, très fortement attachés à l'examen
national. Le contrôle continu des connaissances entre pourtant en
compte dans la plupart des pays européens. Les notes de l'année
participent pour un tiers de la note finale du Diplôme de fin
d'études secondaires luxembourgeois, pour la moitié du diplôme
danois, et même pour 70% de l'Abiturprüfung allemand. En
Italie, la notation du Diploma di maturita s'effetcue sur
100 points : 45 pour les épreuves écrites, 35 pour l'entretien oral,
et 20 pour le contrôle continu. Au Danemark, tout comme en Autriche
pour obtenir le reifeprüfungszeugnis, les élèves doivent
rendre un mémoire de fin d'études.
D'autres systèmes éducatifs ont complètement éliminé l'examen de
clôture des études secondaires au profit du seul contrôle continu.
En Belgique, les élèves qui ont réussi leur cursus obtiennent un
Certificat de l'enseignement secondaire supérieur. Ces certificats
sont délivrés sous la responsabilité des écoles et ratifiés par
la Commission d'homologation qui s'assure que les écoles respectent
les réglements relatifs à l'organisation des études. En Suède, le
Slubtetyg fran gymnasieutbildning indique les notes obtenues
à tous les cours suivis durant le second cycle de l'enseignement
secondaire, ainsi qu'une moyenne par discipline. De même, les études
secondaires des élèves espagnols ne sont pas sanctionnées par un
examen.
Un laisser-passer
pour l'Université ?
Dans la plupart des pays où aucun examen ne sanctionne la fin des
études secondaires, un sésame supplémentaire est néanmoins nécessaire
pour accèder à l'université. L'admission à l'université espagnole
nécessite le passage d'un examen communément appelé la Selectividad,
dans lequel les notes obtenues au cours des deux années du bachillerato
sont également comptabilisées. En Suède, le Slubtetyg fran gymnasieutbildning
n'est pas suffisant pour entrer à l'université. La responsabilité
de la sélection de étudiants incombe aux directeurs des établissements
d'études supérieures qui déterminent eux-mêmes les critères d'admission
: résultats scolaires, tests d'aptitudes, entrevues… En Grèce, l'Apollytorio
lykeiou, certificat de fin d'études où sont mentionnées les
notes obtenues dans les différentes matières, permet de se présenter
à l'examen d'entrée à l'université. Cet examen est très sélectif
: entre 1982 et 1992, seul un candidat sur trois a été admis à l'université.
Et même si les élèves portugais obtiennent leur Diploma de fim
de estudios secundarios, seuls les meilleurs d'entre eux accèderont
aux études supérieures soumises à un numerus clausus : le nombre
de places disponibles dans les établissements publics d'enseignement
supérieur est fixé chaque année par les organes de gestion de ces
établissements. De même en Irlande, le bureau central des admissions
sélectionne les candidats sur la base des notes obtenue au leaving
certificate.
À noter, le cas particulier du vorrbereinded wetenschappelijk
onderwijs (VWO diploma) néerlandais. Il comprend deux
parties distinctes : un examen écrit national et des épreuves scolaires,
écrites ou orales, propres à chaque établissement. Ces épreuves
sont organisées et corrigées par les établissements eux-mêmes, alors
que les épreuves de l'examen national sont corrigées par l'Institut
d'élaboration des tests scolaires… par ordinateur ! Une innovation
technologique qui rencontrerait bien des réticences en France.