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Fdlm 425 – Société : Un atelier d’écriture dans un centre d’hébergement d’urgence (2’36’’)

Posté le par le français dans le monde

« Un atelier d’écriture dans un centre d’hébergement d’urgence » (Reportage France du 26 février 2019, Lucie Bouteloup)

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Yann Apperry [pendant l’atelier, parle aux participants]]

Alors, bienvenue à tous. Ce que je pensais faire en partie cet après-midi, c’est poursuivre cette histoire de chanson.

Lucie Bouteloup
L’odeur du café chaud embaume la pièce. Sur la table, des biscuits, des fruits et du chocolat. L’écrivain Yann Apperry qui anime l’atelier une semaine sur deux accueille les résidents du centre avec deux personnes du Samu social et un animateur de la Maison de la poésie. Aujourd’hui, il y a huit participants mais la porte reste ouverte car chacun est libre d’entrer à tout moment. Tout est fait pour que les résidents ne soient pas intimidés.

Yann Apperry
J’essaie tout simplement de leur faire reconnaître leur créativité et le fait que l’accès aux poèmes ou à l’écriture, à la chanson est quelque chose de très simple et évident, immédiatement accessible et partageable. Et puis, je sens une très grande absence de jugement et beaucoup de bienveillance parce que tout les monde est passé par de tels parcours…

[pendant l’atelier, parle aux participants]
Alors ; «  Jeune homme vivant dans trop de lumière » – celui-là, il est bon déjà – « cherche soleil couchant… hum hum hum hum »

Gamal
« … pour un grand mystère. »

Yann Apperry
Ouais, super le mot « mystère », hein !

Lucie Bouteloup
Gamal a 48 ans. Il se déplace en fauteuil roulant. Ça fait dix mois qu’il est hébergé au centre pourtant, c’est la première fois qu’il assiste à cet atelier. Et pour lui, c’est une révélation.

Yann Apperry
Ça me permet de m’évader de ma galère parce que étant SDF, ben, ça me donne un petit coin de paradis, quoi.  Mais j’ai appris aujourd’hui qu’il y avait des gens du centre – là où je suis hébergé – que je connaissais pas sous cet aspect-là. C’est important pour moi et c’est important pour nous, pour l’ensemble des personnages, des hébergés qui vivent ici. Pour nous, c’est énorme, quoi ! Dans deux ou trois jours, on s’en rappellera encore, quoi.

Yann Apperry : [pendant l’atelier, parle aux participants]
Tout le monde a fini d’écrire ? On se lit les petites annonces.
Marvin
« Annonce : Chat de gouttière cherche souris en manque d’amour. » [rires]

Lucie Bouteloup
Cabossés de la vie, souvent en fracture sociale, les résidents retrouvent ici un peu d’humanité. C’est le cas de Marvin, un dandy de 46 ans au look soigné. Il est hébergé au centre depuis un an et demi et c’est un habitué de l’atelier.

Marvin
Ce qui me plaît, c’est… Il y a une remise en confiance et puis il y a la convivialité. C’est comme un bain d’amour dans lequel je me suis ressourcé, replongé pour repartir d’aplomb. Voilà, donc, c’est très important. L’écriture, c’est mon exutoire. C’est le seul bien précieux que j’ai. À travers cet atelier, on retrouve tout un rythme, tout un sens de notre vie qu’on a perdu, quoi.

Lucie Bouteloup
L’ensemble du travail de l’atelier sera restitué sur la scène de la Maison de la poésie au début du mois de juin et aussi sur un livret remis à chacun. Une fierté pour les participants et une belle façon de créer une passerelle entre deux mondes.
Yann Apperry [pendant l’atelier, s’adresse aux participants]
On conclut la séance [rires en fond]. Merci à tous ! [rires et applaudissements]

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