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Fdlm 395 – Environnement : le jour du dépassement global (3’01’’)

Posté le par le français dans le monde

Le jour du dépassement global est une date virtuelle au-delà de laquelle l’homme puise de façon irréversible dans les ressources naturelles de la planète. Ce qu’il prélève ne sera jamais remplacé. Notre planète est surexploitée par une consommation excessive et, d’année en année, le jour du dépassement tombe de plus en plus tôt sur le calendrier. Reportage de Gilles de Romilly.

 

TRANSCRIPTION

Gilles de Romilly – Le jour du dépassement global / c’est le jour de l’année où l’humanité a consommé tout ce qui pouvait être produit par la planète pour une année de vie sur Terre / au-delà de ce seuil critique / pour continuer à manger / à boire / à nous déplacer / à nous chauffer / nous détruisons des ressources naturelles qui ne seront jamais remplacées / nous vivons à découvert / sur le dos des générations futures / et d’année en année / le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt sur le calendrier / mi-novembre dans les années 80 / en octobre dans les années 90 / en septembre dans les années 2000 / l’an dernier / c’était le 20 août et cette année / sans doute encore quelques jours plus tôt / l’augmentation importante de la population mondiale n’est pas la seule cause de cette surconsommation de ressources naturelles / écoutez les explications de Natacha Gondran / elle est enseignante et chercheur à l’École des mines de Saint-Étienne – N. G. – Il y a en fait trois grandes causes / donc d’une part la population / mais aussi l’efficacité de la technologie / c’est-à-dire est-ce qu’on gaspille plus ou moins pour fabriquer ce qu’on va utiliser / et surtout le niveau de consommation / il faut savoir qu’une personne dans un pays riche va avoir une empreinte écologique qui va être trois fois supérieure à celle d’un pays pauvre / dans le dernier rapport sur l’empreinte écologique / il s’avère que c’étaient le Qatar / les Émirats arabes unis et le Koweit qui étaient devant les Américains / pour information / si tout le monde vivait comme un Qatari / il faudrait cinq planètes pour pouvoir produire les ressources qui sont consommées – G. de R. – Cinq planètes pour un mode de vie comparable à celui des habitants du Qatar / quatre Terres pour les Américains / et globalement / avec ce que nous prélevons dans les ressources de la Terre / il faudrait aujourd’hui à l’homme une planète et demie pour satisfaire ses besoins / cette surconsommation des ressources naturelles n’est pas sans conséquences / à moyen et à long terme – N. G. – C’est vrai qu’aujourd’hui la planète arrive encore à compenser / mais les scientifiques constatent déjà des modifications du climat / donc à terme on va avoir un climat et des sols qui vont être dégradés / donc des risques d’avoir moins de productions agricoles / par exemple / des risques de pénuries / et donc des risques de crises / de conflits / etc. – G. de R. – Il est donc urgent de mettre en œuvre des solutions pour mettre fin à cet immense gâchis de ressources naturelles / et les petits gestes écolos du quotidien / s’ils sont importants / ne sont pas suffisants – N. G. – Ce qui est sûr / c’est que ça va pas s’arranger tout seul / alors il y a une association qui s’appelle l’Association négaWatt qui propose de travailler en trois temps / donc d’abord se poser la question sur ses besoins réels / par exemple est-ce que j’ai besoin d’être chez moi en tee-shirt l’hiver / ensuite il faut répondre à ses besoins par des moyens efficaces / et après l’idée / c’est de privilégier les ressources renouvelables / comme le bois / le solaire / etc. / il y a une démarche au niveau individuel qui est importante / mais ça va pas suffire en fait / on a aussi besoin de changements vraiment importants au niveau de nos sociétés pour réduire nos consommations / mais ça / c’est quelque chose qui est encore compliqué à faire – G. de R. – Compliqué à faire mais capital pour ne pas plonger l’humanité dans une guerre de l’eau potable ou dans de multiples conflits entre un hémisphère Nord surconsommateur et un hémisphère Sud toujours plus affamé.

 

LEXIQUE

Vivre à découvert : au sens propre,avoir un solde débiteur à sa banque ; au sens figuré, vivre au-dessus de ses moyens.

Empreinte écologique : indicateur créé il y a une dizaine d’années qui vise à « évaluer l’impact des activités humaines sur les écosystèmes de la planète », qui mesure « l’écart entre ce que la nature peut régénérer et ce qui est requis pour alimenter l’activité humaine », qui compare la quantité de ressources naturelles disponibles et la consommation réelle dans chaque pays.

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