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« Il y a mille inventions pour faire parler les femmes » : épisode 2

Posté le par le français dans le monde

Vos attentes ont-elles été comblées depuis l’épisode 1 ? Vous a-t-on demandé en urgence d’assurer au pied levé  un cours de grands débutants ? Si oui, vous avez vérifié l’extraordinaire pouvoir de cohésion des techniques du 6 février, qui dynamisent le groupe en quelques minutes. Si non, rassurez-vous : vous aurez tôt fait de sortir ces inventions de votre cartable.

Bientôt, c’est la compétence orale en niveau B1 que l’on vous a confiée. Vous avez bien tenté de répondre aux attentes avec la préparation de scénettes de la vie quotidienne – car vos étudiants veulent pouvoir interagir en « vrai français » : par exemple, comprendre le menu récité à grande vitesse par un serveur.

Mais las ! Vous êtes las(se) de vos assiettes en carton et serviettes en papier – au mieux, de la bouteille de Cabernet Sauvignon miniature précieusement conservée après votre dernier vol Air France – sensées donner corps, dans la classe, au restaurant. Et quel sens y a-t-il à faire parler des apprenants à l’accent étranger entre eux ? Si vous aussi, vous avez un jour rêvé d’inviter dans la classe quinze amis francophones pour faire parler chacun, cet épisode est pour vous.

En effet, ces amis ne sont peut-être pas si loin. Dans votre école de langue, par exemple : l’ensemble du personnel y est rarement arrivé par hasard. Avec la complicité de quelques-uns, préparez donc une interview thématique. Le réceptionniste a grandi en Guadeloupe ? La documentaliste a fait des études à La Sorbonne? Autant de discussions passionnantes avant lesquelles les étudiants devront (ou non) se documenter.

On aura, au préalable, préparé la situation par la compréhension orale d’un document radiophonique – par exemple, la chronique  cinéma « Œil pour œil » de Radio Télérama, dont le numéro 143 rapporte l’interview du réalisateur Michel Ocelot.

Les étudiants ont réfléchi par deux à leur sujet et préparé les questions ? Après avoir bien expliqué que « Vassili » ou « Sandra »  ne sont pas des rôles à jouer, mais bien des personnes de chair et d’os, laissez-les partir dans la nature – c’est-à-dire sortir de la classe. Vous aurez soin de passer en catimini derrière les équipes pour vérifier qu’ils ne se sont pas égarés, que l’interaction bat son plein ou qu’ils ne sont pas en train de s’octroyer une pause supplémentaire.

Au retour, le travail de fond commence. Ils termineront à la maison, en vue d’une intervention de type radiophonique.

Des variantes vous viennent déjà à l’esprit : au niveau A2, envoyer les étudiants se livrer à un sondage rapide. En B2, faire entrer un seul interlocuteur dans la classe pour un débat collectif. Quelle que soit la forme, l’objectif est là : vos étudiants parlent enfin avec un francophone, doivent réagir, prendre des notes, et reviennent plus riches.

Quant à vous, comment faites-vous le lien entre vos étudiants et le « vrai français » ? Commentez ci-dessous vos meilleurs retours pour, à votre tour, enrichir notre cartable !

Nous en reparlerons le 5 mars… cette fois-ci dans le blog « Numérique ».  Tous à vos souris !

Laurence Audy Samaniego, enseignante à l’Alliance française Paris Île-de-France

3 commentaires
  1. Je ne fais pas forcément le lien entre mes étudiants et le « vrai français » car j’enseigne à Paris et je pense très naïvement qu’ils sont confrontés à du vrai français tout le temps et que comme j’ai une progression à respecter – je n’ai pas de temps pour faire autre chose.

    C’est vrai que quand on débute dans une nouvelle structure : comprendre son fonctionnement, découvrir la méthode, préparer ses cours, gérer le groupe… on a pas forcément le temps de penser autrement, de laisser place à notre créativité. C’est dommage mais c’est la vie!!! 😉

    Mais j’ai quand même eu l’occasion de faire sortir ma classe de niveau fin de A1 pour faire un micro-trottoir sur les habitudes des français ou en tout cas des personnes interrogées ( elles n’étaient pas toutes françaises), chaque groupe avait préparé son questionnaire en classe. Cela avait été très enrichissant pour tout le monde. Car le retour en classe n’avait pas été uniquement les réponses aux questions mais aussi sur le type des personnes interrogées ( plutôt bienveillante et jouant le jeu et ou bien expéditrice, ou incorrecte si ce n’était pas grossière…)

    Voilà – Merci pour le blog ça permet de réfléchir à mes pratiques.

    Sandrine – Mantes la Jolie

  2. Laurence Audy Samaniego

    Merci Sandrine pour cette réaction,

    Tu as raison, faire sortir les étudiants de la classe n’est pas évident. On a tendance à penser qu’il s’agira de temps perdu. Pourtant, s’il est nécessaire d’être au calme pour conceptualiser, rien ne vaut l’action pour produire… et se souvenir.

    En effet ce type de projet n’est pas toujours réalisable, mais heureusement il existe parfois aussi des moments propices : cours de conversation, atelier, cours particulier, temps libre en fin de session… et plus de liberté. L’idée du micro-trottoir est excellente, avec sa dose de « mise en danger » linguistique. Rien de tel pour se souvenir de ce que l’on a fait soi-même. N’ayons pas peur de « malmener » parfois les étudiants… de manière préparée, et avec un retour collectif par la suite.

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