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Revue Lidil : numéro sur « L’émotion et l’apprentissage des langues »

Posté le par le français dans le monde

Appel à contributions

La revue de linguistique et de didactique des langues (Lidil) lance un appel à contributions pour son numéro de décembre 2013 consacré à « L’émotion et l’apprentissage des langues ». La date limite d’envoi du titre et du résumé des articles est fixée au 30 janvier 2012.

L’école est le lieu où les émotions peuvent constituer un obstacle à l’apprentissage ou bien le faciliter (Cuq, 2003). Les sentiments d’insécurité et même de peur sont souvent la cause de l’échec (Arnold & Brown, 2000), et inversement. Il s’agit alors de tenter de contrôler les émotions parasites (Cuq, 2003) afin de favoriser un apprentissage significatif et plus serein. En effet, la carrière d’apprenant se construit autour de souvenirs chauds et froids (Brewer, 2010). Ainsi, même si l’objectif premier est l’apprentissage, les élèves gardent souvent le souvenir émotionnel qui va se rattacher ensuite au savoir acquis (Lubart, 2003). L’apprentissage d’une langue étrangère est doublement chargé d’émotions parce qu’à l’inconnu des contenus disciplinaires s’ajoute la non-maîtrise de la langue cible (Coïaniz, 2001). En effet, le cours de langue en général est souvent la source d’émotions perturbatrices de la performance car il s’agit de s’exprimer avec une langue que l’on ne maîtrise que partiellement. L’émotion est donc une variable non négligeable dans le processus d’apprentissage (Mayer, Salovey & Caruso, 2004). Alors, comment favoriser l’émergence d’émotions facilitatrices d’apprentissage et comment celles-ci peuvent-elle canaliser les émotions parasites ? Différentes taxonomies cognitives (Bloom, 1979 ; Anderson et al., 2000) situent les compétences de production et d’interaction comme impliquant un enjeu cognitif plus important par rapport aux compétences de réception. Toutefois, les aspects émotionnels jouent-ils vraiment un plus grand rôle dans le cas des compétences de production ou de réception ? Les émotions varient-elles en fonction de la nature de la compétence ? Du code écrit ou oral ?

L’objectif de ce numéro de Lidil est d’interroger l’émotion dans l’apprentissage des langues sous trois angles différents :

• Le premier est de l’ordre de la psychologie et/ou des neurosciences et de leur apport pour la didactique du plurilinguisme (Puozzo Capron, 2009). Les états physiologiques et émotionnels influencent la perception que l’apprenant possède de ses compétences ainsi que la mobilisation efficace de ces dernières dans la performance scolaire (Bandura, 1997/2003). La réflexion s’articule donc au niveau de la perception des émotions (Damasio, 1999) dans la réalisation des tâches scolaires avec des conséquences plus ou moins grandes sur la réussite.

• La deuxième perspective envisagée relève plutôt des sciences de l’éducation et se situe au niveau pédagogique et didactique. Quelles approches (Candelier, 2007) favoriseraient le développement des compétences langagières tout en canalisant les émotions parasites ? Quelle pédagogie constituerait un levier à l’apprentissage ? Il ne s’agit pas d’une réflexion sur la gestion de classe, mais de creuser en profondeur la dimension émotionnelle et cognitive (Piccardo, 2007 ; Channoud & Rouan, 2002 ; Blanc, 2006) de l’apprentissage d’une langue étrangère/seconde dans la mise en œuvre des tâches.

• Enfin, la troisième perspective est de l’ordre de la linguistique puisque « le code linguistique » en soi « est parfaitement capable de provoquer (transmettre) des émotions » (Cosnier, 2001, pp. 27-28). Ces émotions peuvent être donc chargées positivement ou négativement et cela émerge des mots choisis par les apprenants. En effet, dans une perspective linguistique, Fehlmann (2007) souligne que les « faits langagiers » sont « les manifestations de l’émotion » (p. 1) ; elle en arrive même à évoquer aussi le « pouvoir magique des mots » (p. 2). Du point de vue de la linguistique, il s’agirait ainsi de poursuivre la réflexion du numéro 32 de Lidil (2005), mais en contextualisant la manifestation de l’émotion en classe de langue. Cette dimension permettrait à son tour d’enrichir ainsi la dimension didactique et fournirait un certain nombre de repères pour aider les enseignants à percevoir les manifestations de l’émotion et leur importance dans l’apprentissage

L’envoi du titre et du résumé de l’article est pour le 30 janvier 2012. 
Le retour de notification aux auteurs est prévu pour la fin mars 2012. 
La remise du texte complet aux coordinatrices, selon les normes de la revue, est fixée au plus tard pour le 30 octobre 2012. 
Chaque article sera envoyé en version anonyme à deux relecteurs. 
La sortie du numéro sera en décembre 2013.

Enrica Piccardo, PhD, Oise University of Toronto, enrica.piccardo@utoronto.ca

Isabelle Puozzo, PhD, Haute École Pédagogique de Lausanne, isabelle.puozzo@hepl.ch

Détails de l’appel et références bibliographiques dans le fichier joint.

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