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Herbert Christ 13/9/1929–26/2/2011

Posté le par le français dans le monde

Le 26 février 2011, Herbert Christ nous a quittés. Il avait 81 ans. Pendant quarante-cinq ans, il a mis son talent et son énergie au service de la didactique des langues vivantes, en particulier à celle du français.

Qui était Herbert Christ ? Né dans l’Eifel, le jeune Herbert s’inscrit en 1949 à l’Université de Bonn pour y faire des études en philologie romane, en histoire, en philosophie et en pédagogie. Parmi ses professeurs se trouvent les grands noms de l’époque, dont Ernst-Robert Curtius. Après un passage à l’Université Libre de Bruxelles, il entre dans le service scolaire en 1956 à Essen, puis devient formateur pour le français à Duisbourg. Ses premiers écrits didactiques voient le jour en 1968.

En 1974, débute avec l’obtention de la chaire de didactique du français à l’université de Giessen sa remarquable carrière universitaire. A travers ses très nombreuses activités, Herbert Christ a toujours cherché à renforcer la position de sa discipline au sein de l’université. C’est ainsi qu’en 1981, il fonde avec Karl-Richard Bausch, Werner Hüllen et Hans-Jürgen Krumm la Frühjahrskonferenz zur Erforschung des Fremdsprachenunterrichts/FJK (Conférence de printemps pour les recherches sur l’enseignement des langues étrangères) à laquelle il a activement participé jusqu’en 2010. Avec Lothar Bredella, il fonde une école doctorale sur le thème de la compréhension interculturelle et dont nombre de doctorants occupent aujourd’hui des postes universitaires importants. « En passant », il devient membre du Conseil administratif de l’Association allemande des langues modernes (FMF), co-directeur de la revue Praxis des neusprachlichen Unterrichts, puis de Der neusprachliche Unterricht, vice-président de la SIHFLES, il fonde les Giessener Beiträge zur Fremdsprachendidaktik qui entretemps sont devenu la première collection de langue allemande de ce domaine, et le Centre des langues (Sprachenzentrum) de son université, est membre du jury du Prix France-Allemagne de la Fondation Robert Bosch et s’implique sans se ménager partout où il pense pouvoir faire avancer sa discipline. En 1989, il est promu Commandeur dans l’ordre des Palmes académiques. Parmi ses très nombreuses publications, citons le Handbuch Fremdsprachenunterricht qu’il a publié avec K.-H. Bausch et H.-J. Krumm et qui est toujours, après quatre nouvelles éditions, un ‘incontournable’ absolu de la didactique des langues étrangères.
L’heure de la retraite officielle venue, et mu par le souhait de continuer à aider, comme il l’a toujours fait, les étudiants, il crée avec Ingeborg la Herbert und Ingeborg Christ-Stiftung Lehren und Lernen fremder Sprachen, fondation destinée à soutenir les jeunes chercheurs en didactique des langues romanes, le français étant toujours au centre de son intérêt. Il accompagne avec attention la fondation de la Fédération allemande des associations de professeurs de langues modernes (GMF), continue à publier inlassablement des articles remarqués et participe activement – infatigable, malgré la maladie qui le ronge, et souvent avec Ingeborg ‑, à nombre de congrès et colloques, pour la dernière fois à Augsbourg en septembre 2010.
Décrire une personne avec quelques épithètes est toujours difficile. Pour Herbert, c’est impossible. Essayons quand même : perspicace, réfléchi, toujours très bien informé, très compétent, avec beaucoup d’intuition politique, discipliné – mais aussi chaleureux, très sociable, altruiste, toujours prêt à aider, optimiste, jamais avare d’encouragement.
Nous venons de perdre un ami.
Franz-Joseph Meissner

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